À la croisée des chemins

L'organisation des Ami-es de la Terre du Val-Saint-François envisage des actions mobilisatrices à partir de chantiers citoyens qui répondent à quatre critères de mise en oeuvre. Le premier critère de la réalisation d'un chantier identifie clairement qu'il doit amener une diminution de notre empreinte écologique.
Les trois autres critères sont : l'implication de la communauté locale, l'autonomie du chantier et la portée intergénérationnelle des projets. Le dernier critère sur la portée intergénérationnelle nous apparaît comme le plus important à considérer depuis que nous constatons que l'action environnementale est à la croisée des chemins.Le contexte du développement durable qui parle de générations futures en oubliant que les générations présentes sont déjà dans un environnement lourdement taxé par la pollution et la dégradation des milieux naturels. Le futur de la nature et l'avenir de l'humanité, toutes générations confondues, sont déjà grandement compromis. Voici des points de vue de quatre générations sur la question environnementale en 2014.
La position de la génération «grands-parents» qui traduit souvent la perception de l'échec des efforts passés. Un des premiers chefs de file de la protection de l'environnement au Québec, Harvey Mead, signalait dans Le Devoir en 2013 : «Le changement de paradigme n'est pas survenu, constate-t-il à regret. Le seul objectif qui prévaut aujourd'hui est encore celui de la croissance». Devant l'échéance d'un changement nécessaire dans l'exploitation débridée de l'environnement par nos sociétés, croyons-nous à l'échec définitif des efforts passés?
Le point de vue des «parents» qui présente les difficultés à harmoniser les défis environnementaux et le défi du vivre sereinement le quotidien dans un système axé sur la réussite économique. Voici un extrait d'un blogue d'un enseignant : «Nous devons être les moutons de la consommation. ... Je me rends compte que sortir des sentiers battus demande un effort important. Nous demandons aux étudiants de changer leurs habitudes et nous ne sommes pas prêts de le faire et d'assumer le choix de notre inaction. Je me trouve assez hypocrite merci». De vivre avec une approche de décroissance choisie, sécurisante et heureuse ne devrait-elle pas devenir de plus en plus un choix personnel, familial et collectif?
La position de la génération des «jeunes adultes» qui se traduit par des épisodes carrés rouges avec des lendemains qui déchantent. La prise de position pour une éducation de qualité accessible à tous est une valeur fondamentale dans notre société. Nos sociétés, toutes générations confondues, doivent être à l'écoute des jeunes adultes qui se demandent souvent : «Le développement durable est-ce vraiment pour nous?»
La génération des «jeunes» de nos écoles s'interroge : Est-ce que nos actions comptent? Trop souvent les médias sont plus friands des exactions des jeunes que de présenter l'investissement volontaire de ceux-ci dans l'action environnementale. En conclusion nous devrions nous associer, peu importe notre âge, dans des chantiers concrets visant à un mieux vivre avec notre environnement.
Laurier Busque
Canton de Melbourne