À Sherbrooke, la nouvelle administration du maire Steve Lussier devra rapidement faire ses preuves.

2018

Que nous réserve 2018? À n’en pas douter, des défis énormes nous attendent. La dernière année n’a malheureusement pas permis d’apporter des réponses aux multiples questions laissées en suspens. Les 12 prochains mois permettront-ils d’entrevoir un peu de lumière au bout du tunnel ou ne seront-ils qu’une longue fuite en avant?

À Sherbrooke, la nouvelle administration du maire Steve Lussier devra rapidement faire ses preuves. Déjà que le gel de taxes apparaît comme une illusion dont les conséquences ne se manifesteront que plus tard. Bien sûr, tous les contribuables verront ce répit d’un bon œil. Cependant, ils savent fort bien qu’il est malsain de figer des coûts dans le temps et que la présente pause devra forcément être rattrapée un jour ou l’autre. Tout comme pour une résidence, il en coûtera plus cher demain pour effectuer les investissements requis aujourd’hui. Une Ville se doit de suivre l’augmentation naturelle du coût de la vie. Tenter d’échapper à l’indexation normale des prix peut s’avérer un mirage fort coûteux.

Au plan régional, la cohésion souhaitée entre les différents niveaux de pouvoir semble toujours être la grande oubliée. Peu ou pas de projets communs sont pilotés pour promouvoir la grande région de l’Estrie. Pourtant, il est facile de concevoir qu’une action concertée des divers intervenants vers un objectif commun serait susceptible de se traduire en réalisations concrètes.

Sur la scène provinciale, les prochains mois seront teintés par les élections en octobre. Les stratèges du gouvernement libéral de Philippe Couillard vont sûrement dépenser des trésors d’imagination pour tenter de faire oublier son bilan. Ils vont essayer de faire croire aux électeurs que les mesures d’austérité instaurées au lendemain de leur victoire étaient nécessaires. Maintenant qu’ils ont redressé la barre des finances publiques, vont répéter à satiété les candidats du Parti libéral, un réinvestissement dans les services est possible. Heureusement que le cynisme ne tue pas!

Au plan national, le gouvernement de Justin Trudeau parvient encore à surfer sur une vague de popularité. Celui-ci semble profiter davantage de la faiblesse évidente des partis d’opposition que de ses propres accomplissements. À vrai dire, ce gouvernement s’englue chaque jour davantage dans l’inaction, à commencer par le rôle premier d’une administration, soit de percevoir justement les taxes et les impôts. Le choix de dispenser le géant Netflix des taxes de vente au pays est lourd de conséquences. La rhétorique consistant à plaider qu’on ne voulait pas imposer de nouvelles taxes aux Canadiens est tout simplement tordue. La taxe de vente existe déjà. Suffit d’avoir la colonne vertébrale pour l’appliquer!

Les révélations des Paradise Papers démontrent également que les plus fortunés arrivent à échapper au fisc. Malgré les promesses de lutter contre l’évasion fiscale, tout le monde a compris que le fédéral ferme volontairement les yeux. Pendant ce temps, Ottawa n’a pas les moyens de renouveler sa flotte de navires de guerre et de brise-glace. Des centaines d’ouvriers du chantier Davie de Lévis en paient le prix et se retrouvent maintenant au chômage. Avec la légalisation de la marijuana le 1er juillet prochain, le fédéral fait peut-être le pari que les citoyens seront trop « gelés » pour se rendre compte de son fiasco. Tant qu’à faire dans le cynisme!

Dans ce contexte, la situation du Canada apparaît délicate, sans compter ce que réserve la scène mondiale. Accord de libre-échange avec les États-Unis, avenir des migrants, Corée du Nord et Moyen-Orient, les sujets d’inquiétude ne manquent pas. 

Malgré tout, une excellente année 2018 à tous.