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Le Regroupement A.R.T. a décidé de faire du lancement de son mémoire sur la révision du statut de l’artiste un événement public mardi midi au centre-ville de Sherbrooke.
Le Regroupement A.R.T. a décidé de faire du lancement de son mémoire sur la révision du statut de l’artiste un événement public mardi midi au centre-ville de Sherbrooke.

Le regroupement A.R.T. lance publiquement son mémoire [VIDÉO]

La Tribune
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« Avez-vous signé ? », claironne Ariane Dion-Deslaurier en désignant une pancarte géante « être un artiste, tout un contrat ! » qui trône devant les portes du Théâtre Granada de Sherbrooke.

Par cette action symbolique, la membre du mouvement A.R.T. (Artistes reconnus par une rémunération équitable au travail) espère obtenir l’attention de la population. En février, leur mémoire « être un artiste, tout un contrat ! » sera déposé à l’Assemblée nationale à la suite d’une consultation publique dans le cadre de la révision des lois sur le statut d’artiste. « C’est un moment historique ! Cela fait plus de 30 ans qu’on demandait cette révision des lois, bien avant la pandémie ! », se réjouit la jeune artiste.

Chaque citoyen est invité à soutenir numériquement cette démarche visant à améliorer le statut juridique des artistes. « On a eu 1000 signataires en seulement quelques jours. C’est un geste d’amour à portée d’un clic, un geste solidaire immense ! », s’enthousiasme la bien surnommée Ariane Deslions.

Son enthousiasme n’occulte en rien la gravité de l’enjeu. « En ce moment, on se bat pour la survie de notre métier », lance-t-elle. Elle confie avoir fait le choix de transformer son sentiment d’indignation en espoir et en actions. « Je crois que c’est peut-être l’occasion de changer les règles du jeu, d’offrir des solutions qui pourraient changer la face de notre culture et de notre société québécoise ». Pour elle, l’appui de la population est important afin d'adopter « les changements historiques » préconisés par le milieu culturel et « ébranler le modèle d’emploi qui date de l’après-guerre ».

Ariane Deslions, artiste jeunesse et porte-parole du mouvement A.R.T.

La valeur de la culture

Mme Deslions est d’avis que « la culture est au cœur de l’identité québécoise et qu’elle concerne donc tout le monde ». Outre l’apposition de leur signature, elle espère que les citoyens prendront aussi connaissance de leur mémoire et de celui d’autres organismes culturels. « Cela pourrait peut-être amener une autre perception du métier d’artiste », pense-t-elle, car « il y a beaucoup de mythes et d’idées préconçues qu’il faut défaire ».

C’est aussi l’avis de Tomas Jensen, un artiste nouvellement établi en Estrie. Il pense que la population a conscience de l’importance de la culture, mais ne réalise pas la précarité du statut d’artistes. Selon lui, la PCU a eu comme double tranchant d’accentuer l’impression au sein de la population que les artistes « profitent des subventions », « que ce sont des profiteurs », regrette-t-il.

La précarité comme habitude

Mme Deslions ajoute que la pandémie aura révélé la précarité des artistes. « Une précarité à laquelle on s’est habitués, qu’on acceptait socialement alors que, dorénavant, il y a des choix qui pourraient être faits pour qu’il en soit autrement », explique-t-elle.

Dans cet objectif, le mémoire propose notamment des recommandations pour partager les risques entre l’État, les artistes, les donneurs d’ouvrage, les gens qui consomment de l’art. « On espère se réinventer avec notre gouvernement et la société parce que l’art, c’est payant pour tout le monde », résume-t-elle. Avec Coralie Beaumont