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Alors qu’il était enfant, Brice Obianga a dû fuir le Sud Cameroun en pleine nuit lorsque des individus violents ont battu sa mère en pleine rue. Après un long périple migratoire étalé sur plus d’une dizaine d’années, Brice a été accueilli comme réfugié à Sherbrooke où il tente chaque jour de s’intégrer davantage.
Alors qu’il était enfant, Brice Obianga a dû fuir le Sud Cameroun en pleine nuit lorsque des individus violents ont battu sa mère en pleine rue. Après un long périple migratoire étalé sur plus d’une dizaine d’années, Brice a été accueilli comme réfugié à Sherbrooke où il tente chaque jour de s’intégrer davantage.

Le long périple de Brice Obianga

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
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Combattre les préjugés racistes et les tensions intercommunautaires à travers l’action des jeunes. C’est la mission que se donne la campagne «On se ressemble plus qu’on pense», lancée vendredi par divers acteurs socio-économiques de l’Estrie et chapeautée par Actions interculturelles.

Issue du projet Dialogue + en actions, cette campagne vise à renforcer le dialogue social et interculturel dans la société. Elle vise ainsi à prévenir la discrimination et la radicalisation violente en s’adressant aux jeunes âgés de 15 à 30 ans qui désirent faire une différence dans leur communauté.

Dans une vidéo présentée lors du point de presse tenue vendredi, Brice Obianga, raconte les circonstances tragiques dans lesquelles il a dû fuir son pays d’origine, le Sud Cameroun, aux prises avec des conflits interethniques.

En pleine nuit, a-t-il dit, des individus violents et armés ont cogné au domicile familial. Dès qu’elle eut ouvert la porte, sa mère a été attaquée et traînée jusque dans la rue, raconte le jeune homme aujourd’hui âgé de 28 ans.

À travers les cris et la violence qui faisaient rage autour de lui, Brice a pris la fuite en pleine nuit, terrorisé par la scène d’horreur à laquelle il venait d’assister.

«Je ne raconterai pas toutes les circonstances, mais je me rappelle encore des cris que ma mère a lancés cette nuit-là. Je ne sais pas si elle est morte cette nuit-là. Mais j’ai vu ma mère plongée dans le sang… J’ai compris que c’était la fin…»

Sa fuite, qui s’est échelonné sur quelques années, lui a fait traverser plusieurs pays situés le long de la côte ouest de l’Afrique: Togo, Bénin, Ghana, Côte-d’Ivoire, Sénégal, Mali, Niger, avant d’atteindre le Maroc, où il s’installera pendant plusieurs années. 

«Pendant longtemps, je me suis dit que le monde m’avait abandonné». 

Jusqu’au jour où le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCNR) lui annonce qu’il lui accorde le droit d’asile. C’était en 2017. L’année suivante, il apprend que le Canada est disposé à l’accueillir. 

Depuis son arrivée au Québec, en septembre 2019, il tente de s’intégrer comme il l’a fait dans tous les pays qu’il a dû traverser. 

«Lorsque je suis arrivé au Québec, la chose la plus émouvante que j’ai pu trouver, c’est que c’était une société totalement joviale et ouverte d’esprit, malgré qu’il y a un peu d’individualité», dit-il.

Outre le défi que représente l’adaptation au climat, Brice Obianga dit vouloir surtout relever le défi de l’intégration.  «Je pense que je vais apprendre beaucoup de cette société au fur et à mesure que je vais m’intégrer.»

Selon l’organisme Actions Interculturelles, cette campagne de sensibilisation se veut une réponse, un outil supplémentaire, pour positionner le dialogue interculturel comme une condition essentielle aux relations harmonieuses entre communautés culturelles sherbrookoises.

La campagne se déclinera sous plusieurs formes, notamment l’affichage et les médias sociaux. Elle présentera des citoyens estriens et des phrases percutantes qui souligneront les ressemblances dans le quotidien tout en réitérant que «la différence, loin d’être une menace, constitue une richesse collective». Des opérations de marketing de rue sont aussi prévues.