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La LHPS a été créé pour combler le débalancement de la structure intégrée, dit Olivier Audet.
La LHPS a été créé pour combler le débalancement de la structure intégrée, dit Olivier Audet.

Le débat devrait concerner la structure intégrée, dit Olivier Audet

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
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Tout le débat actuel dans le hockey mineur québécois, notamment concernant l’harmonisation des ligues de hockey scolaire, n’éclaire pas le vrai enjeu, dit Olivier Audet. C’est plutôt vers une nouvelle gestion de la structure intégrée que devraient être mis tous les efforts.

Le directeur général du Collège du Mont-Sainte-Anne suit évidemment les négociations actuelles entre la LHPS et le RSEQ avec intérêt.

Ses équipes de hockey des Marquis évoluent en LHPS depuis plusieurs années, et Audet lui-même est l’ancien directeur du RSEQ Cantons-de-l’Est.

Olivier Audet constate que la mise en place des cinq recommandations émises par le comité indépendant d’experts, mis sur pied par le RSEQ à la demande du ministère de l’Éducation, et piloté par Stéphane Auger, devrait d’abord et avant tout commencer par la première recommandation.

Cette première recommandation du comité indépendant est de : « Modifier la structure d’excellence afin de permettre le choix de l’école indépendamment de la structure. »

La structure intégrée, ce cheminement hockey vers l’excellence, s’amorce à la fin du primaire.

Très tôt, donc, le choix d’une institution scolaire devient pratiquement obligatoire par rapport au cheminement d’excellence en hockey, dans la structure actuelle.

« Le débat n’est pas au bon endroit à l’heure actuelle. Après l’adhésion de la LHIQ au RSEQ, tout le monde se demande si la LHPS va joindre ou non le RSEQ. L’éclairage est plutôt de savoir si la structure intégrée va demeurer ou non. Je veux avoir encore mes équipes M12 et continuer à offrir du hockey à ces jeunes-là. La décision d’intégrer la structure intégrée se prend à partir du peewee. On parle de jeunes de la sixième année. S’ils embarquent dans le peewee AAA, le jeune a déjà le chandail de l’école secondaire sur le dos. L’année suivante, il entre au secondaire. Donc il a pris sa décision, pour le hockey, et pour l’école aussi. Si j’essaie de le convaincre de venir chez nous, alors qu’il est toujours en sixième année, je dois avoir quelque chose à lui offrir. »

Harmoniser l’offre de hockey scolaire

Les différentes offres de hockey scolaire se sont multipliées, depuis quelques années. Avec en plus la gestion du hockey civil. Voilà pourquoi le ministère a mandaté le RSEQ, qui gère le sport étudiant au Québec, d’en arriver avec un plan d’harmonisation de l’offre en milieu scolaire.

Le développement du hockey est l’affaire de Hockey Québec.

Dans son mandat, le ministère de l’Éducation a demandé à ce qu’une entente intervienne entre les différentes ligues scolaires, et la Fédération de hockey sur glace du Québec, pour le mois de mai prochain.

Un des objectifs est d’harmoniser les ligues scolaires sous la gouvernance du RSEQ et c’est ce qui fait beaucoup réagir, depuis la publication du rapport, en décembre dernier.

Olivier Audet martèle que le premier point à régler serait de statuer sur la structure intégrée.

« Hockey Québec est d’accord pour analyser le rapport indépendant. On se donne trois ans pour gérer les changements à venir, y compris de revoir la structure intégrée. C’est génial. Mais là, Hockey Québec nous dit que le M12 n’est pas une ligue scolaire, donc que ça n’entre pas dans les négociations. Un instant. On ne pourra pas rien faire pour les trois prochaines années, ça ne marche pas, dans ce contexte-là », dit-il.

« La LHPS a été créée entre autres pour contrebalancer cette structure intégrée. Je n’attaque pas personne, la structure de Hockey Québec permet cette capacité d’attraction des jeunes, qui sont par la suite relayés vers différents programmes, qu’ils soient LHEQ ou RSEQ. Mais tout ça, c’est centralisé dans certaines écoles seulement. »

S’il ne peut pas offrir de hockey à l’école à ses élèves de secondaire I, Olivier Audet estime qu’il ne pourra probablement pas convaincre les jeunes, une fois qu’ils ont fait leur choix scolaire.

« Si je me ramasse dans le RSEQ demain matin et que je ne peux pas faire de M12, je me ramasse sur le même terrain que le Triolet, qui a encore la structure intégrée, qui peut encore mettre des gilets de l’école sur le dos des jeunes du primaire, dans des ligues civiles. Les ligues scolaires privilégient le principe d’entité-école. Mais le problème avec les jeunes de sixième année est que je ne peux plus faire compétition aux autres écoles aux alentours. »

« Ainsi, Hockey Québec est mort de rire. On met présentement le “ spotligh ” sur le hockey scolaire, mais il devrait être sur Hockey Québec, lorsqu’on regarde attentivement les recommandations du rapport. Pendant qu’on se chamaille à savoir si la LHPS doit joindre ou non le RSEQ, Hockey Québec garde sa structure intégrée et rien ne change », déplore Olivier Audet.

« Le recrutement des jeunes joueurs et élèves passe par là. Ce n’est pas impossible, mais difficile et ça rend surtout les choses inéquitables et c’est très frustrant. La structure intégrée passe la gratte, ramasse 50 ou 60 joueurs, on garde les 17-18 meilleurs pour la structure et les autres, on les envoie dans l’offre de service RSEQ de la même école et ils se retrouvent à compétitionner contre d’autres écoles. Ensuite on se plaint que les équipes ne sont pas compétitives entre elles? Le principal enjeu, il est là. »

« Et c’est justement cette situation que le comité indépendant de Stéphane Auger a mise en lumière. Et sa première recommandation est de proposer une autre orientation pour la structure intégrée. Afin que les jeunes puissent choisir leur école. Là, c’est du tirage de couverte de gauche à droite, c’est très inutile et ça sert Hockey Québec. »

Le RSEQ a annoncé la semaine passée en être venue à un accord avec la LHIQ (Ligue de hockey interscolaire du Québec).

Les négociations, ou plutôt les discussions entre le RSEQ et la LHPS doivent s’amorcer cette semaine, dit Olivier Audet.

Ce dernier n’est pas contre la démarche. Au contraire. Mais selon lui, un statu quo sur le M12 pourrait permettre une transition plus harmonieuse, tout en permettant de s’attaquer aux enjeux de fond.

« J’accepte d’aller sous le parapluie du RSEQ, pour faire en sorte que toutes les équipes scolaires mettent la pression sur Hockey Québec, RSEQ ou LHPS, et qu’on s’unissent pour les trois prochaines années. Chaque fois qu’on est en rencontre, à la LHPS, c’est le point majeur pour nous. C’est là qu’on doit avoir un dénouement. L’an prochain, on évaluera les choses. »