Bières

Une rentrée brassicole attendue

CHRONIQUE / Les journées ensoleillées et chaudes ne sont pas encore chose du passé, mais l’été s’en va tranquillement et la rentrée a bien débuté.

Du côté des brasseries, celle-ci est souvent signe d’une perte de vitesse dans les ventes de bières. La période la plus forte est, bien entendu, en période estivale. Mais la rentrée, c’est également le prétexte de se préparer à différents styles de bières qui font leur apparition à l’automne.

À LA VÔTRE

Renouer avec les cépages oubliés

CHRONIQUE / Des vignerons et œnologues du monde entier démontrent un grand enthousiasme pour les cépages indigènes, délaissés ou oubliés. Qu’il s’agisse de récupérer de vieux vignobles ou de sauver des spécimens ancestraux au bord de l’extinction, renouer avec l’histoire et le patrimoine viticole nécessite passion et patience.

En août dernier, Ernesto Bajda­ (Nesti), œnologue chez Catena Zapata, sort une bouteille de criolla à la demande générale des journalistes — un vin nature réunissant deux criolla (chica et grande). Une curiosité explosive qui sent le Kool-Aid et qu’on boit jusqu’à plus soif, mais dont le renouveau sur la scène locale argentine est si embryonnaire qu’il n’a pas encore fait écho jusqu’ici.

Or, la criolla chica n’a pas toujours eu bonne presse. « Autant dire qu’elle avait très mauvaise réputation tant auprès des vignerons en raison de sa faible productivité, que des consommateurs de par sa faible coloration », relate Francisco Bugallo, vigneron argentin. Quant à Alejandro Iglesias, sommelier, il rappelle son passé peu glorieux de vin de table et de vrac.

La criolla chica est à l’origine même de la viticulture sud-américaine. La protagoniste a été introduite il y a 500 ans en Argentine par les conquistadors (espagnols). Pourtant il ne subsisterait que 500 hectares au pays. « Aujourd’hui, encore, ils sont nombreux à l’arracher au profit de variétés plus productives ou plus prometteuses sur le plan commercial », explique Francisco. Mais cela ne l’a pas empêché de restaurer un très ancien vignoble de vieilles criolla situées à 1600 mètres d’altitude dans la vallée de Calingasta, à San Juan, avec son acolyte, Sebastián Zuccardi. Il y a 6 ans, Cara Sur est devenu le tout premier projet du pays à parier sur ledit cépage. « Actuellement, il n’y a pas de trace de nouvelles plantations de criolla en Argentine. À Cara Sur, nous commençons une sélection de plantes mères et une pépinière est en attente de les recevoir à partir de 2019. »

« La criolla, c’est un peu David contre Goliath, puisqu’il s’agit de concurrencer le cabernet, le malbec et autres raisins de prestige », illustre Alejandro Iglesias, sommelier. En effet, le contraste est on ne peut plus éloquent. Seule dans son coin du ring, la criolla donne des rouges déroutants, pâles, légers, juteux et débordants de fruits.

« En Argentine, la criolla se taille une place principalement dans le circuit gastronomique, grâce aux sommeliers qui soutiennent les producteurs dans leur démarche depuis les tous débuts. Le travail des vignerons ne s’inscrit pas dans une tendance, puisqu’il s’agit plutôt d’un désir de revaloriser l’histoire de leurs raisins et de leur patrimoine. Ils ne veulent pas produire de vins de criolla comme un pinot noir ou un Beaujolais, au contraire. Ils respectent son style et son caractère. Ils respectent la culture qu’elle représente », raconte Alejandro.

Si sa réputation de vilain petit canard reste difficile à défaire du côté des générations plus âgées, les jeunes consommateurs et les trippeux de vin à la recherche de raretés, de curiosités et d’histoires l’accueillent avec beaucoup d’enthousiasme. Plusieurs autres vignobles reconnaissant son fort potentiel, tels que El Esteco, Vallisto et Durigutti, veillent aussi à lui redonner ses lettres de noblesse.

Bières

Trois fromages bien arrosés

CHRONIQUE / Une fois n’est pas coutume. Je vous propose une chronique qui met surtout en vedette les fromages et non la bière. Mais rassurez-vous, on parle d’accords bières et fromages, c’est promis.

Depuis mon arrivée sur le sol québécois, je ne me lasse pas de découvrir son terroir. Les fromages ont fait un bond extraordinaire ces dernières années. On en retrouve d’excellents, affinés par des gens passionnés. Pas besoin d’avoir le titre de meilleur fromage au monde pour plaire aux gens; il suffit d’écouter l’artisan. Je vous propose trois fromages au lait cru, une méthode de fabrication que j’adore.

Le Bourlingueur

Le poids du tourisme de masse

CHRONIQUE / Il n’était pas encore midi. La file d’attente pour obtenir un droit d’accès au site archéologique de Knossos, en Crète, s’étirait jusqu’à la rue. Certains, comme moi, avaient déjà acheté leur billet au musée archéologique d’Héraklion et pouvaient s’éviter de longues minutes à patienter.

J’ai mis trois grosses minutes avant de maudire tous ces groupes organisés, ces autobus de touristes qui affluent comme des raz-de-marée sans se soucier des autres visiteurs autour d’eux. Dans une succession sans fin, les guides tenant un parapluie pour être repérés de loin se faufilent à travers la foule et se plantent devant les panneaux d’interprétation pour raconter l’histoire du site. Quand l’un part, ses pèlerins à sa suite, un autre prend aussitôt le même coin pour entasser la horde qui fait mine de l’écouter.

Bonne chance à tous ceux qui, comme moi, espéraient lire les panneaux d’interprétation ensevelis sous des dizaines d’étrangers qui n’y portent même pas la moindre attention. Ils sont aussi couverts par la voix du guide, qui raconte haut et fort des anecdotes dans une langue qu’on ne comprend pas toujours.

Bref, le mythe du roi Minos et du labyrinthe dans lequel il a enfermé le Minotaure devient bien secondaire sous le chaud soleil de la Grèce devant le poids écrasant des foules.

Je me suis posé un instant, là où les groupes ne s’aventuraient pas, pour regarder le ballet synchronisé de ces visiteurs. Ils allongeaient sans cesse la file d’attente pour accéder à la salle du trône, que je n’ai pas osé visiter. Ils s’éparpillaient à la hâte pour collectionner les photos dans les quelques minutes de temps libre que leur guide leur laissait pour explorer à leur guise. Et tous suivaient la même route, non pas pour observer, s’interroger ou contempler, mais pour avancer vers le site suivant.

J’aime pourtant les tours guidés gratuits qu’on trouve dans plusieurs villes européennes, asiatiques ou sud-américaines. Ces groupes, souvent limités en nombre, ont l’avantage de n’engorger que les coins de rue dans une quête pour comprendre les grandes lignes historiques d’une ville. Souvent, on nous invite à ne pas obstruer le passage, on nous conduit à l’écart pour éviter les dérangements. Comme quoi ce ne sont pas les groupes qui créent le problème, mais la mauvaise gestion des foules.

La surabondance de touristes, c’est aussi ce qui m’a déplu à Prague, une ville tellement jolie, mais envahie d’étrangers. Idem pour Dubrovnik, en Croatie, où la vieille ville s’est vidée en soirée, après le départ des bateaux de croisière. Ou à Kotor, au Monténégro, qui vit exactement la même situation.

Cet été, à mon retour à Athènes, j’avais l’impression de déambuler dans un grand centre commercial en arpentant les rues de Monastiraki et de Plaka. Les menus hyper-illustrés des restaurants trop chers déclinaient les plats disponibles en cinq ou six langues. Des burgers, de la pizza, n’ayez crainte, vous vous sentirez comme à la maison.