La période actuelle est quelque peu latente. On relève enfin la tête pour la première fois en 3 mois, le temps de respirer un peu avant de mieux replonger.

Doux août

CHRONIQUE / Tandis qu’une petite accalmie s’installe au vignoble, je vous propose de vous désaltérer avec un grüner veltliner autrichien biodynamique disponible pour la première fois en SAQ, un rouge pour les BBQ de grandes occasions et un pinot noir abordable!

Wagram 2018, Am Berg Grüner Veltliner, Bernhard Ott
23,80 $ • 12646520
12 % • 1,4 g

S’il y a un cépage qui me fasse saliver, c’est bien le grüner veltliner. Sa fraîcheur et sa minéralité semblent avoir été conçues sur mesure pour accompagner la saison estivale. Je découvre ce grüner pour la première fois, comme la plupart des Québécois d’ailleurs. Après avoir résisté aux avances de la SAQ pendant nombre d’années (me raconte l’agent qui représente le domaine au Québec), le talentueux vigneron Bernhard Ott a finalement accepté de partager quelques caisses de ses précieux avec les Québécois. C’est donc le moment ou jamais de mettre la main sur cet arrivage de cuvées biodynamiques convoitées de la région de Wagram, en Basse-Autriche. 

C’est évidemment cultivé et vinifié de la manière la plus naturelle possible. Tant et si bien que le vigneron est devenu un véritable maître reconnu des vinifications aux levures indigènes. Comme vin de patio, on pourrait difficilement mieux faire. C’est frais, minéral, sec, et, en prime, on a une texture ronde et enveloppante. Aie-je besoin d’en rajouter? Ah, vous allez adorer sa jolie finale saline! Sortez les coquillages, les pâtes au pesto ou les chips sel et vinaigre, selon l’envie du moment.

Amarone della valpolicella 2012, Le Origini, Bolla
51,75 $ • 13678419 
16,5 % • 4,3 g/l

Oubliez l’amarone surmûri contenant l’équivalent d’une bonne pincée de sucres résiduels. Ici, les raisins de corvina et rondinella ont séché pendant 120 jours avant d’être pressés. Le vin ainsi obtenu est ensuite allé se reposer sur ses lauriers dans de grands foudres de chêne pour une période approximative de 36 mois. Au nez, c’est très beau. Raisin de Corinthe, tabac et fines herbes. La bouche, bien qu’ample, chaleureuse et costaude, ne manque pas pour autant d’élégance. Ses tanins bien fermes appellent un beau gros BBQ de luxe. La sobriété dans un flacon. 

Vin de France 2018, La Petite Perrière Pinot noir, Saget La Perrière
15,95 $ • 13996847
13 % • 2,3 g/l

Les amateurs de pinot noir le savent. Rares sont les pinot noir à 15 $ ou moins. Et, un bon pinot à ce prix, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Ce vin de France élaboré par les frères Saget coche les deux cases. Il est classé Vin de France, car il résulte d’un assemblage de pinot noir du nord et du sud de la France, 75 % de Touraine et 25 % du Languedoc.

Voilà qui fait changement de la Bourgogne, dans la structure et la palette aromatique. C’est tout en fraîcheur et en délicatesse, à commencer par ses arômes de petits fruits rouges acidulés, tels que la groseille et la framboise; complétés par des notes florales de violette. Les tanins sont bien fondus et c’est parfaitement sec. Bref, c’est jeune, c’est fruité, c’est beau! Accompagner d’une salade de couscous aux canneberges pour un maximum de vibrations estivales.

Vigneronne en herbe : semaine 14

Tout l’été, vivez avec moi mes aventures d’apprentie vigneronne au Domaine Bergeville dans les Cantons-de-l’Est!

Cette semaine au vignoble, on ressasse du vieux. La troisième passe de désherbage manuel bat son plein. Parallèlement, après l’effeuillage des vignes côté sud, on attaque le côté nord. On épampre à nouveau. On relève en passant. On attache les bras des vignes qui se sont décrochés. On déroche. On écime, encore et encore...

Voyez-vous, à l’école des sommeliers j’avais appris que la saison se débobinait tel un long fil linéaire. Que les étapes de la viticulture s’enchaînaient un chapitre après l’autre. Sauf que la vie, c’est rarement comme dans les livres. Non seulement les tâches se chevauchent (pour ne pas dire qu’elles arrivent souvent toutes en même temps!), mais elles sont répétitives. 

La période actuelle est quelque peu latente. On relève enfin la tête pour la première fois en 3 mois, le temps de respirer un peu avant de mieux replonger. On guette les raisins grossir en veillant à ce que la vigne ne manque de rien. On repasse là où on avait dû tourner les coins ronds un peu plus tôt, faute de temps et de ressources. Le calme avant la tempête? En quelque sorte...