À la vôtre

Quoi de neuf avec les vins du Québec?

CHRONIQUE / Ce n’est plus vrai qu’il faut être fou pour planter de la vigne au Québec. La qualité des vins a considérablement augmenté depuis les dernières années. Ce progrès provient, entre autres, d’une épuration du domaine viticole. « Pour les vignerons qui excellent, faire du vin ce n’est pas juste un passe-temps ou une deuxième carrière. Ce sont des gens sérieux qui veulent en faire un métier », lance Louis Denault, vice-président du Conseil des vins du Québec. Ces vignerons possèdent une connaissance pointue de la vigne grâce à un parcours riche en voyages et en formations à l’étranger.

DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES PROFITABLES POUR LA VIGNE

Chaque région viticole est confrontée à ses propres contraintes météorologiques. Aucune culture n’est parfaite, quelle qu’elle soit. Suffit de regarder du côté de Bordeaux et Cognac, où de violents orages de grêle ont durement frappé les vignes dernièrement, pour réaliser que nos difficultés ne sont pas si pires que ça. S’il avait le choix de planter n’importe où dans le monde, Louis Denault, aussi propriétaire du Vignoble St-Pétronille sur l’île d’Orléans, choisirait le Québec, sans hésitation. « Il y a eu cinq jours de gel ce printemps et personne n’a perdu de vignes. Il suffit d’être bien préparé et bien équipé. »

Le Québec connaît actuellement un réchauffement climatique sévère — un levier qualitatif colossal pour la production de vin. En 10 ans à peine, les degrés-jours (somme des températures moyennes journalières à partir de la base de 10 °C entre le 1er avril et le 31 octobre) ont fait un bond immense. « Sur l’île d’Orléans, nous sommes passés de 940 à 1140 degrés-jours. Une augmentation de 200 degrés-jours! À ce rythme, il est à prévoir qu’en 2030 la température de l’île sera comparable à celle que connaît actuellement la Montérégie », raconte Louis.

VERS UNE NOUVELLE IGP

Le Québec possédera son appellation Indication géographique protégée (IGP) Vin du Québec dès la prochaine vendange. Il s’agit d’une première reconnaissance qui devrait être suivie d’un découpage en sous-régions viticoles. Des géologues se pencheront alors sur le Québec pour définir des régions viticoles liées à la géologie des sols et à de vrais terroirs. « L’un des problèmes au Québec, c’est que les vignes sont souvent plantées au mauvais endroit. Avec une IGP, les sites seront d’abord examinés, puis approuvés par un agronome. On ne pourra plus planter partout », explique le vigneron de Ste-Pétronille.

Somme toute, bien qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, le meilleur est à venir pour nos vignerons, d’autant plus qu’il reste encore des terres vierges, archisaines et pleines de minéraux. Selon Louis, il ne serait pas surprenant que de gros joueurs y décèlent un potentiel et viennent s’installer, comme on a pu le constater en Argentine, en Californie, ou plus près de chez nous, en Colombie-Britannique.

Vins

D’un océan à l’autre : 2 vignobles canadiens à découvrir absolument

CHRONIQUE / Il se fait des cuvées extraordinaires au Canada, et ce, d’une rive à l’autre. Nos quatre régions viticoles sont certes jeunes, mais on trouve des vignobles d’une étonnante maturité dans chacune d’elles. En voici deux qui s’illustrent particulièrement bien, de part et d’autre du pays, en Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique.

BENJAMIN BRIDGE, NOUVELLE-ÉCOSSE

L’offre de vins en provenance des Maritimes est très restreinte à la SAQ. En fait, elle se limite à quelques cuvées du domaine Benjamin Bridge, un prodigieux vignoble qui prend place dans la vallée de Gaspereau, dans la baie de Fundy.

La vigne y jouit d’un environnement de croissance aussi unique que puisse l’être la baie de Fundy dans le monde. Comme les plus grandes marées du monde ont lieu ici (jusqu’à 16 mètres — l’équivalent d’un édifice de 4 étages!) il y a plus d’eau qui passe dans la baie que dans tous les cours d’eau douce du monde réunis. Cette affluence d’eau produit l’effet d’une pompe, en soufflant de l’air modéré sur la vallée, tempérant continuellement la région, hiver comme été.  

Ce scénario climatique aussi atypique qu’exceptionnel se prête idéalement à l’élaboration de mousseux méthode traditionnelle — comme en Champagne. Les chefs d’orchestre, le viticulteur en chef, Scott Savoy, et l’œnologue, le Québécois Jean-Benoît Deslauriers, révèlent brillamment l’immense potentiel du terroir grâce à des pratiques biologiques et peu interventionnistes donnant lieu à des mousseux distinctifs, tendus et élégants —
incontestablement parmi les meilleurs du pays.

À la vôtre

Les vins catalans du sud de la France

CHRONIQUE / S’il n’était pas la douce moitié du Languedoc, on n’aurait probablement peu ou pas idée de sa situation géographique. Et pourtant, le Roussillon, confortablement vautré entre les Pyrénées et la Méditerranée, produit des vins secs, gourmands et minérals dotés d’une grande buvabilité.

Ça bouge dans le monde du vin. Les tendances évoluent et les vignerons doivent continuellement s’adapter à la demande s’ils souhaitent rester dans le coup. Depuis quelques dizaines d’années, les vins mutés, au même titre que les vins de dessert (et tout ce qui est sucré d’ailleurs), perdent en intérêt auprès des œnophiles. Un virage qui a eu une forte incidence sur le Roussillon, puisqu’il produit 80 % des vins doux naturels (VDN) de la France. Tellement que la région a perdu la moitié de son vignoble en 50 ans.

Vins

10 rosés à boire cet été

CHRONIQUE / La saison du rosé est officiellement lancée (et plus que méritée)! Force est de constater que l’offre de rosés s’homogénéise. Si elle se « provençalise » depuis quelques millésimes, elle me semble avoir atteint son apogée cette année. Parce que la diversité est belle et stimulante, cette sélection 2018 se veut le reflet de la pluralité des genres du rosé, dans toutes ses couleurs, ses saveurs, ses arômes et ses textures!

L’AUBAINE

Campo de Borja 2017, Rosado, Borsao (SAQ : 10 754 201 — 11,75 $)

Un rosé à moins de 12 $, sec et pas guidoune, ça ne court pas les allées de la SAQ. S’il se présente plutôt discret au nez, le Borsao se montre fort agréable et désaltérant en bouche. Comme il est disponible dans les succursales Dépôt, c’est la bouteille par excellence pour vos réceptions estivales.

Vins

La renaissance du Muscadet

CHRONIQUE / L’époque où le muscadet servait de faire-valoir aux huîtres est révolue. Si vous croyez encore qu’il est un petit blanc simplet, une importante mise à jour s’impose. Le muscadet s’est raffiné et s’est complexifié, s’élevant au statut de vin de gastronomie et de vin de garde.

À l’image de la fille timide d’un film d’ados des années 90 qui arrive un beau matin à l’école complètement métamorphosée, le muscadet, qui a fait profil bas pendant longtemps, effectue aujourd’hui un retour en force — et pas qu’un peu. Pendant qu’on s’en préoccupait plus ou moins, les vignerons du muscadet s’affairaient à restructurer leur vignoble et à délimiter leurs appellations en crus communaux. Sur les dix prévus, trois sont reconnus depuis 2011, à savoir Gorges, Le Pallet et Clisson, et quatre nouveaux devraient être officialisés pour la récolte 2018. J’ai eu la chance de les déguster en compagnie des représentants de l’appellation en avril dernier : Goulaine, Château-Thébaud, Monnières Saint-Fiacre et Mouzillon Tillières.

Verdict? Certains font une comparaison avec le chablis. Si on est définitivement dans le même registre qualitatif, personnellement, je trouve que ça ne ressemble à rien d’autre. Et ce n’est pas sans raison. Ces vins sont le résultat d’une séquence de particularités uniques au terroir du muscadet.

D’abord, la position en elle-même : situé à l’extrême ouest de la Vallée de la Loire, le pays de Nantes profite de l’influence de l’Atlantique et se décline en une grande diversité de sols d’une impressionnante qualité (granite, schiste, gabbro et gneiss).

Le cépage : le melon B, véritable richesse de la région, est pratiquement exclusif à cette région du monde.

L’élevage sur lies : qui est ici poussé à des sommets parfois vertigineux.

Cette proximité avec l’océan confère aux vins un caractère distinct, à la fois salin, minéral et iodé. Selon le cru, s’ajouteront également des notes de fruits blancs compotés, de noix, de fruits confits et de fumée. Au pays nantais, comme en Champagne, tous les crus du muscadet reposent sur leurs lies pour gagner en complexité. Au terme de la fermentation, les levures inactives (les lies) se déposent au fond de la cuve, puis nourrissent le vin. Elles apportent richesse, complexité, gras et potentiel de vieillissement. Et, puisque leurs vertus semblent infinies, elles emprisonnent au passage d’importantes quantités de dioxyde de carbone, un élément essentiel qui donnera au vin cette fraîcheur et ce perlant (léger pétillant), si caractéristiques du muscadet. Si certains vignerons s’en tiennent aux élevages sur lies minimums requis, entre 17 et 36 mois selon le cru, d’autres cherchant de très fortes maturités vont jusqu’à 52, voire 120 mois sur certaines cuvées!

C’est qu’il n’existe pas un, mais plusieurs muscadets. Trois niveaux qualitatifs précisément. En tête, les crus communaux, précédemment nommés et relativement nouveaux. Des vins de garde pouvant vieillir jusqu’à 10, 20, 30 ans et même plus. Pendant qu’on laisse vieillir ceux-là, on pourra se régaler de l’une ou l’autre des appellations régionales du muscadet, — muscadet sèvre et maine, muscadet côtes de grandlieu et muscadet coteaux de la loire — élevées au minimum six mois sur lies et à déguster dans leurs cinq premières années de vie. Tandis que pour un plaisir accessible et immédiat, on se tournera vers la jeunesse et la fraîcheur d’un muscadet générique.

Les crus du muscadet font certes un mariage durable avec une douzaine d’huîtres, mais ils sont surtout de grands vins de gastronomie. De par leurs origines et leurs minéralité, ils possèdent des affinités naturelles avec les langoustines, les coquillages, les bols poke aux fruits de mer, les poissons grillés et les cuisses de grenouilles. Dans un autre registre, leur forte acidité permet également des accords heureux avec le fromage de chèvre. Enfin, leur complexité et leur finesse seront mises en valeur par une température de service autour de 12 °C.

Voici trois vins pour vous refaire une tête (et le palais!) sur le muscadet 2.0!

La chroniqueuse était l’invitée d’InterLoire.

Vins

La méthode ancestrale, plus tendance que jamais

CHRONIQUE / Avec les beaux jours qui approchent, le pet’nat’, vin de soif par excellence, est sur toutes les lèvres. Bien que la tendance du pétillant naturel, pet’nat’ pour les intimes, soit relativement récente, le processus de fabrication, lui, n’a rien de nouveau, puisqu’il y a des siècles qu’on élabore des mousseux de cette façon au sud de la France, dans le Languedoc-Roussillon.

L’appellation Limoux méthode ancestrale célèbre cette année son 80e anniversaire. Pour l’occasion, un cortège de voitures anciennes transportant une délégation de journalistes, dont je fais partie, entame un pèlerinage à travers les collines luxuriantes du terroir des bulles du Languedoc-Roussillon. Une coquette Renaud 4 cv me conduira au cœur du vignoble de Limoux, aux portes de l’abbaye de Saint-Hilaire. La première bulle du monde est née ici, par erreur, en 1544, dans les caves de l’abbaye, bien avant que la Champagne s’y mette. C’est un moine bénédictin qui constata que le vin qu’il avait mis en bouteille et obstrué d’un liège formait des bulles. Gageons qu’il n’a pas gardé le silence bien longtemps après la dive découverte…

Avant de croire au miracle, sachez que ce phénomène naturel s’explique plutôt simplement. La méthode ancestrale consiste à mettre le vin en bouteille avant même qu’il ait terminé sa fermentation alcoolique. Continuant sur sa lancée, le vin poursuit la conversion des sucres naturels des raisins en alcool, puis le gaz carbonique ainsi produit se trouve emprisonné dans la bouteille. Tadam, des bulles! Alléluia. Amen. Rendons grâce à Dieu.

Contrairement à la méthode traditionnelle (champenoise), la fermentation est entièrement naturelle. Aucun sucre n’est ajouté en bouteille, ni levures. Ici, seuls les levures et les sucres naturels du cépage mauzac, cépage exclusif de Limoux méthode ancestrale, font le travail. Au fait, l’AOC a tout récemment délaissé le nom blanquette méthode ancestrale au profit de Limoux méthode ancestrale en 2009. Désormais, « blanquette » appartient uniquement à l’appellation blanquette de Limoux, créatrice de mousseux en méthode traditionnelle sur le même territoire.

À la dégustation, les mousseux issus de la méthode ancestrale présentent souvent une robe légèrement voilée. Ils possèdent une effervescence plus délicate qu’une méthode traditionnelle et un degré alcoolique moins élevé. Le style est définitivement fruité, systématiquement doux dans le cas des bulles limouxines. Des pétillants artisanaux, non prétentieux, faciles et rafraîchissants qu’on aimera servir très frais avec des fruits frais exotiques et du verger à la fin du repas ou au brunch en compagnie de crêpes natures ou garnies de pommes et de fromage.

La production de Limoux méthode ancestrale étant limitée, les bouteilles se font très rares sur les tablettes de la SAQ. Heureusement, on peut se tourner vers l’importation privée pour commander quelques bons flacons comme ceux du Domaine Taudou représenté par l’agence Juste des Bulles au Québec. Sa méthode ancestrale, charmante comme tout, provoquera une idylle assurée. Ses notes de pommes mûres et sa texture suave provoqueront de nombreuses surprises!

Vins

Trois vins d’Alsace pour ouvrir la terrasse

CHRONIQUE / À mes débuts dans le vin, l’Alsace a rapidement reçu toute mon attention. Pour la fraîcheur et la minéralité de ses vins (bien que je ne savais pas qu’il s’agissait de cela à l’époque), mais aussi pour le poids plume de son matériel pédagogique.

Pour dresser un portrait très (très) sommaire, le vignoble alsacien compte 8 cépages blancs (dont les plus communs sont les riesling, gewurztraminer, pinot gris et pinot blanc), 1 cépage noir, 3 AOC seulement et 51 grands crus. Voilà, ce qu’il en est à quelques mentions près. Clair, simple et précis.

Le vignoble alsacien fut la première région viticole abordée lors de ma formation de sommellerie. À ce moment précis, je me rappelle qu’une pensée chargée à parts égales de naïveté et d’optimisme m’ait traversé l’esprit, à savoir que tout compte fait, le vin, c’était bien plus facile que je ne le croyais. Puis, il y a eu la Bourgogne, ce mastodonte viticole qui sous son apparente et réconfortante binarité variétale dissimule une complexité presque cruelle pour le profane. Ça rentre dedans et ça vous ramène sur terre en moins de deux.

Je crois que l’une des clés du succès de l’Alsace réside justement dans son accessibilité. Elle est facilement approchable. Nul besoin de tourner la flûte d’Alsace de tous les côtés pour savoir ce qu’elle contient. Tout est là, devant, sur l’étiquette : le domaine, le millésime, le cépage. Reste le sucre, qu’on pourra trouver parfois sur la contre-étiquette ou sur l’étiquette de la SAQ, près du code-barres. Ensuite, il y a la diversité des cépages, des sols et des méthodes de viticulture et de vinification (sec, demi-sec, doux, liquoreux) qui en donne pour tous les goûts.

L’Alsace réussit à rejoindre toutes les catégories de consommateurs, de la jeune universitaire qui veut un pinot blanc frais et délicat pour son party de sushis, au connaisseur qui souhaite apprécier un vieux riesling aux tonalités complexes de pétrole et de pierre à fusil. Une fois les prononciations de riesling et de gewurztraminer maîtrisées (ou pas!), on peut apprécier ces vins blancs de monocépage et en saisir les subtilités — du fin riesling au puissant pinot gris. Signe indéniable du succès des vins d’Alsace, les vins de la maison Willm sont dans les verres des québécois depuis belle lurette, depuis la fin des années 1940 plus précisément!

Il y a trois semaines, Jérôme Keller, directeur technique et maître de chai, et Hervé Schwendenmann, président-vigneron, des maisons Willm et Wolfberger étaient de passage à Montréal pour donner un aperçu du millésime 2017. Comme dans plusieurs régions de France, le gel dévastateur d’avril 2017 aura été lourd de pertes pour l’Alsace, avec 35 % du vignoble décimé. Un petit millésime en volume donc, mais ô combien qualitatif! Voici donc quelques-unes de leurs délicieuses cuvées que vous devez absolument mettre dans vos verres en mai!

Vins

Dézippe-toi en avril!

CHRONIQUE / Vous avez le blues du temps gris? Ou pire encore, le blues des vins un peu beiges qui s’accumulent dans vos verres? Qu’à cela ne tienne, il y a une lueur d’espoir à l’horizon, une occasion en or de découvrir des vins qui sortent des sentiers battus et qui vous émanciperont de la binarité blanc/rouge.

Le samedi 28 avril prochain se tiendra à Montréal le salon des vins Le Printemps Dézippé (Des-IP [Importations privées], la pognes-tu?) au Marché Bonsecours de Montréal.

Une trentaine d’agences y débarqueront avec leurs coups de cœur d’inspiration estivale dénichés lors de leurs plus récents voyages. Il s’agit là également d’une superbe opportunité de découvrir des produits exclusifs et les nouvelles tendances de l’industrie du vin avant tout le monde. Autrement dit, de venir sentir ce qui se passera demain en SAQ.

Chacune y proposera une quinzaine de vins en importation privée, pour un potentiel d’environ 450 produits à découvrir. Des vins de petites productions, de vins biologiques et biodynamiques, des vins oranges, des rosés hors normes, beaucoup de bulles comme des pétillants naturels — Pet’Nat’ pour les intimes — ou des crémants à moins de 30 $. C’est donc votre chance de trouver des vins inusités qui vous sortiront de votre zone de confort. Une occasion rare de mettre la main sur des produits disponibles en très petite quantité, à aussi peu que 60 bouteilles parfois! On parle de 5 caisses de 12 ou de 10 caisses de 6 seulement! Il va sans dire que ce n’est pas demain matin à la SAQ qu’on les y trouvera.

Le plus beau, c’est qu’il sera possible de commander vos coups de cœur sur place et de les recevoir dans les 10 jours suivants, dès lors que le produit est disponible dans les entrepôts de la SAQ. Les commandes se font à la caisse, de 6 ou de 12, selon le produit. Habituellement les vins plus abordables sont offerts à la caisse de 12, tandis que les plus dispendieux sont disponibles à la caisse de 6. On passe donc sa commande directement au salon, auprès de l’agent concerné, et on paie les frais d’agence. Ensuite, la caisse sera livrée dans une SAQ près de chez vous, où vous pourrez aller la récupérer et régler la facture de votre achat, comme d’habitude. Simple comme bonjour!

C’est beaucoup une caisse? Pas si on y va avec les copains. Et comme il s’agit de vins sélectionnés par les agences en vue de la période estivale, avec tous les BBQ qui s’en viennent et les apéros chez les amis cet été, je ne serais pas trop inquiète si j’étais vous.

Cette année, pour la première fois, se tiendra un concours amateur de dégustation d’importation privée. Dix équipes d’amateurs non reliés au domaine du vin ou de la restauration s’affronteront lors d’une joute à l’aveugle dans laquelle elles devront déterminer la provenance, le millésime et le nom du producteur de 5 vins différents. Voilà qui devrait être plutôt amusant!

Le Printemps Dézippé se tiendra de 12 h à 19 au Marché Bonsecours de Montréal et s’adresse au grand public. Pour l’achat de billets, vous pouvez le faire en ligne sur le site web du Regroupement des Agences d’Importation Privée, raspipav.com, ou à la porte le jour J.

À LA VÔTRE

Pascal Marchand: un Québécois en Bourgogne

CHRONIQUE / Jeune, il se croyait destiné à l’écriture. Ce qui devait être une simple vendange en Bourgogne est rapidement devenue le projet de toute une vie. Pascal Marchand, vigneron mondialement reconnu, est l’un des précurseurs de la biodynamie en Bourgogne.

Le documentaire Grand Cru, réalisé par David Eng, relate le parcours professionnel de Pascal Marchand, un Québécois amoureux des mots qui s’est finalement entiché de la vigne en France. C’est à l’aube de sa vingtaine, alors âgé de 21 ans, que l’aspirant poète de Montréal part en Bourgogne faire les vendanges en 1983. Un peu plus d’un an plus tard, le comte Armand perçoit son potentiel et le met aux commandes du Clos des Épeneaux à Pommard. Sa carrière est lancée!

Lorsqu’il met les pieds en Bourgogne pour la première fois, il remarque que les vignes sont intoxiquées, aspergées de produits chimiques, tandis que les sols apparaissent compactés et appauvris. Alors que les vignerons bourguignons perpétuent les traditions familiales, Pascal arrive avec un regard nouveau et n’hésite pas à douter de l’ordre établi. Avec trois de ses compatriotes de classe de l’Institut de viticulture et d’œnologie de Beaune, il adhère à une philosophie qui s’inscrit dans une vision plus globale de la nature : la biodynamie.

« Je n’étais pas du tout à l’aise de manipuler les produits chimiques pour traiter la vigne. Je cherchais une autre relation avec la nature », affirme Pascal Marchand. Les résultats sont sans équivoque : plants plus vigoureux, vignes plus résistantes aux maladies et plus de biodiversité dans les vignobles. Il réintroduit au passage le labour avec cheval, une technique qui évite le compactage des sols par les tracteurs. Il est également l’un des premiers à se réintéresser à la plantation en foule, une tradition pratiquée par les moines cisterciens aux origines de la viticulture en Bourgogne. Jamais la biodynamie n’a été illustrée plus simplement que dans ce documentaire. « La biodynamie, c’est comprendre les forces de la nature et travailler avec les rythmes de la nature », explique le vigneron.

Il est aujourd’hui négociant et propriétaire de quelques parcelles avec sa société Marchand-Tawse. Pascal appose son nom sur les étiquettes de dizaines d’appellations dont les réputées vosne-romanée, chassagne-montrachet et corton-charlemagne. S’il devait en choisir qu’une seule, ce serait Musigny, sa plus récente acquisition. Un tout petit morceau de terre, de 1/10e d’acre, acheté à une somme équivalant à la valeur de 65 acres au Canada!

Il va sans dire que le millésime du tournage aura fortement teinté le scénario du documentaire. Qualifier 2016 de difficile en Bourgogne serait un euphémisme. La violence qui s’est abattue sur la région est historique — faisant de ce millésime le pire que la Bourgogne ait connu. Le gel, la grêle et la maladie ont si fortement endommagé les vignes que les pertes au printemps atteignaient déjà les 60 à 70 %. Le stress est à son paroxysme pour les vignerons, tellement que plusieurs petits producteurs ont vu fondre leur mince marge de manœuvre — pour certains, 2016 aura été leur dernière vendange. David Eng a ainsi pu capter la triste réalité des changements climatiques, si bien qu’on se sent sur la corde raide tout au long du documentaire.

Personne n’y a échappé. Les plus gros ont aussi eu leur lot de *%!?#*. Même avec la plus grande volonté du monde, quand la vie semble s’acharner sur son cas, la tentation est grande de prendre un petit raccourci. Mais Pascal n’y déroge pas. Sa résilience est à toute épreuve, aucun produit chimique ne touchera ses vignes, même si c’est bien plus difficile à gérer qu’il y a 20 ans.

Grand cru est une immersion en quatre saisons dans les aléas de la vie d’un vigneron philosophe et encore poète à ses heures. Un documentaire terre à terre, non moralisateur, qui dépeint avec brio la grandeur de l’homme et sa quête d’une culture artisanale et biodynamique. Un film que tout amateur de vin devrait voir.

À LA VÔTRE

Pâques, printemps & cabane

CHRONIQUE / Vive le printemps, ce vent de fraîcheur qui balaie les mets costauds et les mijotés de nos assiettes, cédant du coup la place à des plats plus légers — exception faite peut-être pour le copieux repas de cabane. Évidemment, la nature des mets et la météo plus clémente appelleront des vins plus légers, plus frais et plus désaltérants. À l’occasion du congé pascal, une chose est sûre, toute la tablée sera joyeusement réunie pour célébrer. Voici donc quelques bonnes bouteilles pour hydrater vos coupes en cette longue fin de semaine!

POUR LA CABANE
Touraine 2016, Domaine de Lévêque, Domaine de la Renne
(Code SAQ : 12 207 009 — 16,70 $)
Domaine de Lévêque du Domaine de la Renne… bon, ça fait un peu poupées russes, mais il faut savoir que le vigneron est un dénommé Guy Lévêque. Si vous avez un budget modeste, l’appellation Touraine est un bon endroit où chercher pour de bons vins remplis de fraîcheur. Les sauvignon blanc de cette région de la Loire se font abordables et agréables, comme en témoigne cette sympathique cuvée. Le duo sauvignon blanc (95 %) et sauvignon gris (5 %) s’affirme intensément avec des notes de pêches très mûres. Une fraîcheur, une tendresse et une presque gourmandise s’élèvent de ce blanc qui viendra couper dans le gras de votre assiette du temps des sucres.