À la vôtre

L’Alto Adige, dans toute sa diversité

CHRONIQUE / Les paysages époustouflants et inattendus de l’Alto Adige prennent place dans la partie la plus au nord de l’Italie, dans la région du Trentin-Haut-Adige. Ici, la proximité avec l’Autriche est aussi géographique que culturelle. En effet, en plus de l’italien, l’allemand y est largement parlé puisque l’Alto Adige a longtemps appartenu à l’Autriche avant d’être annexé à l’Italie après la Première Guerre mondiale.

Une diversité culturelle certes, mais aussi géologique et climatique où il fait bon vivre pour une vigne.

En observant le panorama de l’Alto Adige, aussi surnommé Dell’Alto Adige ou Südtirol(er), on comprend d’où provient toute cette diversité. Les Dolomites (carbonate, calcium et magnésium) et les porphyres (roche d’origine volcanique) forment de nombreux reliefs et sommets imposants pouvant s’élever jusqu’à 3900 mètres. La vigne y pousse à flanc de coteaux, à des hauteurs souvent vertigineuses grâce au mur naturel que forment les Alpes contre les vents nordiques. Plus de 20 variétés de cépages s’y enracinent joyeusement, dont plusieurs internationaux : le pinot blanc, le sauvignon blanc, le pinot gris, le gewürztraminer et le chardonnay. Le climat et les sols favorisent certes grandement l’épanouissement des blancs, mais des cépages noirs tels que le cabernet sauvignon ainsi que des variétés autochtones comme le lagrein tirent aussi très bien leur épingle du jeu.

À LA VÔTRE

Bouteille entamée : mode d’emploi

Novembre est très occupé cette année. Entre le lancement de mon livre «Le sommelier, c’est vous!», coécrit avec Jacques Orhon, une dégustation avec un vigneron et un salon du vin, les jours filent à une vitesse folle. Du coup, l’énergie tombe rapidement à plat après le souper et les bouteilles à demi-pleines s’entassent dans le réfrigérateur. Justement, combien de temps une bouteille de vin ou d’alcool ouverte peut-elle tenir avant de tourner au vinaigre?

L’oxygène est à la fois le meilleur ami et le pire ennemi du vin. Au contact de l’air, le vin entame une oxydation plus ou moins rapide selon sa composition. Grosso modo, les produits riches en tannins, acidité, sucre et alcool résisteront plus longtemps aux signes du temps.

Généralement, un blanc ou un rosé survivra bien de 2 à 3 jours au frigo — le froid et l’obscurité contribuant à retarder l’oxydation. Quant au rouge, on parle de 3 à 4 jours grâce aux tannins. Idéalement, placez la bouteille à la verticale pour limiter la surface du liquide en contact avec l’air. Il va donc de soi que le réfrigérateur prévaut sur le cellier. D’ailleurs, plus la bouteille est pleine, plus elle se conservera longtemps, puisque l’apport en oxygène s’en trouvera réduit. Ne vous étonnez pas si certains vins sont meilleurs le jour suivant l’ouverture. Changer d’air fait parfois grand bien — c’est connu.

Mettez toutes les chances de votre côté en vous dotant de bons outils pour conserver vos bouteilles entamées. Comme le bouchon de liège a déjà fait largement sa part, la pompe à air et son bouchon en silicone prendront le relais. Autrement, coiffez votre bouteille d’un bouchon doté d’un filtre de carbone; plus rapide et plus efficace.

Les effervescents sont plus difficiles à conserver puisqu’ils perdent rapidement leurs bulles s’ils sont conservés dans de mauvaises conditions. Utilisez un bouchon avec prise sur le goulot, spécialement conçu pour les mousseux. Vous pourrez ainsi garder votre bouteille jusqu’à plusieurs jours, voire une semaine, selon le type de mousseux. La fièvre du vendredi soir s’est emparée de vous et vous avez sabré la bouteille? Vaut mieux alors poursuivre sur votre lancée et terminer le flacon puisqu’aucun bouchon ne lui siéra.

Quant aux vins fortifiés, ils se conservent entre 2 et 8 semaines, selon la méthode d’élaboration. Ceux qui ont été soumis à l’oxydation, comme les porto tawny et les banyuls, se gardent plus longtemps.

Les amateurs de spiritueux seront heureux d’apprendre que leurs flacons sont capables de se conserver plusieurs années. Quant aux boissons à la crème, on prendra soin de les ranger au réfrigérateur et de les consommer avant la date de péremption inscrite sur la bouteille.

À la vôtre

Bon en chocolat!

CHRONIQUE / Maintenant que la fête préférée des petits monstres est terminée, certains d’entre vous se retrouvent avec une tonne de chocolat à portée de main. Bénédiction ou malédiction? Ça dépend du point de vue. Une certitude demeure toutefois : le chocolat et les desserts ont le don de soumettre leurs adeptes à une tentation irrésistible, quel que soit leur âge. La différence en vieillissant, c’est qu’on peut troquer le verre de lait pour le vin de dessert!

On ne peut dire que les vins doux ont la cote par les temps qui courent. Pas étonnant à une époque où le sucre est fortement montré du doigt. Si rien n’est plus louable que de ménager sa santé, est-ce nécessaire pour autant de bouder complètement son plaisir? Pourquoi ne pas tout simplement diminuer les portions et partager la bouteille avec plus de copains? Comme on dit, la modération a bien meilleur goût.

Ce qui est chouette avec les vins doux, c’est qu’ils possèdent un rapport qualité-prix-plaisir imbattable. Quand on sait tout le travail qu’ils demandent aux vignerons, c’est carrément une aubaine dans de nombreux cas.

Le dessert est en soi un plaisir divin (ou vilain, selon votre réponse à la question du premier paragraphe) qui, dans tous les cas, peut vous monter au paradis. Les plus hédonistes d’entre nous succomberont à l’envie de le marier avec un vin doux et d’accéder ainsi au septième ciel. La recette d’une ascension réussie réside dans la concordance des couleurs, des arômes, des textures et de l’intensité. La particularité la plus importante de votre accord demeure toutefois l’acidité. Un vin de dessert riche en sucre, mais dépourvu de fraîcheur, paraîtra déséquilibré et lourd, au même titre que votre accord.

Alors, ce chocolat? Pour le chocolat noir, remettez-vous-en à un vin fortifié à base de grenache noir. Les arômes de figues, tabac, épices douces et cacao des vins doux naturels (VDN) banyuls, maury et rivesaltes parfois tuilés, préférablement élevés en milieu oxydatif pendant 10 ou 15 ans, sont à l’origine de nombreux mariages heureux et durables avec le chocolat. Bien sûr, un porto tawny reste une alliance aussi classique que sincère.

Les desserts aux fruits rouges appellent quant à eux des vins rouges aux arômes de cerises, de mûres, de fraises ou de framboises. Au lieu des VDN proposés ci-dessus, on misera sur des banyuls et des maury millésimés, caractérisés par des notes de petits fruits rouges et noirs. Autrement, de belles affinités sont à prévoir avec un porto LBV ou un brachetto d’acqui d’Italie.

Les desserts aux fruits blancs (abricot, poire, pomme, ananas et autres) et au caramel se lieront d’amitié avec les blancs doux, tels que les coteaux du layon, sauternes, vin de constance et muscat de samos, pour ne nommer que ceux-là.

Vous avez des questions ou des commentaires? Écrivez-moi à caroline.chagnon@gcmedias.ca.

Suggestions de la semaine

Maury vintage 2013, Mas Amiel (SAQ : 21,05 $ — 733 808)

Caroline Chagnon

La saison des salons

CHRONIQUE / Les mois en « bre » sont des mois exigeants pour la sommellerie. En plus de s’envoyer quelques huîtres par-ci par-là, les sommeliers, chroniqueurs vin et autres professionnels de l’industrie, s’enfilent les dégustations de vin jusqu’à saturation. Pas facile la vie...

J’ai réussi à vous tirer une petite larme? Prenez une gorgée, ça va passer. Plus sérieusement, c’est une période intense, mais ô combien enrichissante. Dans une même semaine, on peut avoir plusieurs dégustations en compagnie de vignerons et un salon, voire trois, comme c’est le cas pour la semaine qui vient. C’est beaucoup de vin en une semaine. On déguste jusqu’à s’engourdir les papilles, mais jamais l’esprit. 

Une dégustation, c’est très sérieux pour un professionnel. Comme cela exige beaucoup de concentration, tout ce qui est mis en bouche est recraché. Ce n’est pas en laissant son jugement au kiosque #10 qu’on fera une analyse objective — dans la limite de l’objectivité de l’exercice — des produits qui suivront. 

Après les vins, la seconde chose qu’un professionnel identifie en arrivant à un kiosque est sans contredit le crachoir. Malgré tous ces efforts, une certaine quantité d’alcool réussira toujours à s’immiscer jusque dans les coulisses du discernement… Vaut mieux alors faire bon usage de l’eau et du pain mis à disposition!

Salon des vins d’importation privée (RASPIPAV)

Difficile de se procurer les importations privées? Pas cette semaine! Pour le 10e anniversaire du salon, plus de 150 vignerons se rendront au Marché Bonsecours de Montréal et à L’Espace Dalhousie du Terminal de croisière de Québec pour vous faire découvrir plus de 2000 vins en importation privée.
Vivez le RASPIPAV à Montréal les 28 et 29 octobre, de 12 h à 19 h et le 31 octobre, de 17 h à 21 h à Québec.

La Grande dégustation de Montréal

Avec pour thématiques le champagne et le riesling, l’édition 2017 de LGDM est incontournable. Ce rendez-vous sera également une occasion en or de découvrir les vins de l’État de Washington, la région vinicole invitée.

Grande nouveauté cette année : une application mobile vous permettant de préparer votre visite avant l’événement. Quiconque est déjà allé à LGDM a probablement été dépassé par l’ampleur de ce salon. On est contraint par le temps, la grandeur de l’offre et sa propre résistance à l’alcool (dans l’éventualité où on fait le choix de ne pas cracher). Bref, on en ressort rarement indemne (choisir parmi 1500 vins, bières et spiritueux ça amène à faire des choix déchirants). Grâce à l’application, sélectionnez à l’avance producteurs, exposants, produits (SAQ ou IP) et animations afin de ne rien manquer. Utilisez ensuite la carte de l’application pour vous orienter vers vos principaux points
d’intérêts. Fantastique, non!

Rendez-vous à LGDM
le 3 novembre, de 15 h à 21 h et
le 4 novembre, de 13 h à 21 h.

Vous avez des questions ou des commentaires?
Écrivez-moi à caroline.chagnon@gcmedias.ca.

À la vôtre

Peut-on faire du vin avec tous les raisins?

CHRONIQUE / J’entends souvent dire que les raisins destinés à faire du vin ne sont pas bons à manger. Certes, tous les goûts sont dans la nature, mais c’est bien sur un vignoble que j’ai goûté les raisins les plus délicieux, et non à l’épicerie. Pour vous en convaincre, et si l’incroyable opportunité se présente, je vous invite à croquer dans du viognier provenant de parcelles de condrieu, vous serez au septième ciel, je vous le jure! Mais n’en cherchez pas au supermarché, vous n’en trouverez pas. Très peu de raisins de cuve parviennent à se frayer un chemin jusqu’à l’épicerie. Pourquoi? Parce qu’il existe des différences fondamentales entre le raisin de table (à manger) et le raisin de cuve (à boire). Parmi les rares qui réussissent ce double exploit, mentionnons le muscat d’alexandrie et le chasselas.

Les gros raisins de table, croquants et dépourvus de pépins (la plupart du temps) sont à des milles des raisins de cuve. Coupez-les en deux et la pulpe restera en place — tout le contraire de leurs confrères entrant dans la composition du vin. En outre, leur peau est plus robuste pour supporter le transport et l’entreposage. La Chine est le plus grand pays producteur de raisins de table, suivi par la Turquie, l’Inde, l’Iran, l’Italie et l’Égypte. Ils portent le nom de sultana (surtout raisins secs), alphonse lavallée, ruby seedless, italia, cardinal, etc.

Par opposition, les raisins de cuve sont pour la plupart trop fragiles pour être transportés jusque sur nos tables. Ils sont petits, riches en pépins et bien juteux. Grâce à leur teneur élevée en sucre, ils sont capables d’atteindre des taux d’alcool intéressants. La peau des baies noires est riche en anthocyanes, ce qui permet d’obtenir des vins relativement riches en couleur et en tannins. Les cabernet sauvignon, chardonnay, pinot noir, riesling et grenache, entre autres, entrent dans cette catégorie.

Environ 75 % des raisins produits dans le monde sont utilisés pour faire le vin. Les raisins secs et les raisins de table étant respectivement les deuxième et troisième plus importantes utilisations des fameuses baies.

À la vôtre

Vaut mieux trop tôt que jamais

CHRONIQUE / Certains événements de la vie réclament de grands flacons. La naissance d’un projet, ou son aboutissement, un succès, une retrouvaille… voilà qui appelle une bouteille pas ordinaire — un vieux vin qui attend patiemment son heure depuis des années, tiens! Après tout, c’est bien pour cela qu’on les fait vieillir. S’il est vrai qu’un jus arrivé à l’apogée de sa vie peut sublimer ces précieux moments, l’inverse est aussi vrai avec un vin trop âgé et flétri.

Exemple d’un fait vécu :

Il y a quelques mois, un ami m’a gentiment offert un vieux supertoscan. Un vin que j’aurais dû ouvrir sans tarder, pour ne pas dire sur-le-champ. Mais je trouvais inconcevable qu’une bouteille de ce gabarit finisse avec des pâtes à la bolognaise No Name, un mercredi soir. Je lui réservai donc un moment plus digne, lequel arriva la semaine dernière. Malgré ma grande suspicion à l’égard dudit flacon, mes attentes demeuraient élevées. Appelez ça du déni, moi j’appelle ça l’espoir du Tout est bien qui finit bien. C’est ce qui arrive quand on est un enfant Disney. Bref, pour faire une histoire courte avec ce qui commence à devenir une longue introspection, le vin s’est révélé bien fade, éteint, expiré, caduc. Il avait vécu pour rien. Une fin triste pour lui et pour notre souper qui a pris une tangente bien dramatique. Fermeture du rideau.

Comment éviter qu’un tel gaspillage se produise? À moins de lire dans une bouteille de vin comme dans une boule de cristal, le meilleur moyen pour savoir si le vin est prêt, c’est d’y goûter. Voilà qui est bien malin. Et si c’était trop tôt, c’est juste tant pis? Idéalement, si vous prévoyez coucher un vin pour plusieurs années, procurez-vous-en au minimum 3 bouteilles, si cela est possible. Jetez ensuite un coup d’œil aux prévisions des experts, en ligne, et aux guides de vin quant au potentiel de garde dudit vin. Puis, ouvrez-en une de temps à autre pour surveiller son rythme de croisière et ainsi anticiper son apogée. Une solution qui relève de l’utopie quand il s’agit de bouteilles dispendieuses ou offertes en cadeau, j’en conviens. Si jamais vous avez un doute, ouvrez! Vaut mieux trop tôt que jamais.

Avant de mettre votre patience à rude épreuve, assurez-vous de bien connaître vos goûts. Si vous aimez les rouges à la matière délicate et aux arômes de tabac, de cuir et de sous-bois, soit, l’attente en vaudra la chandelle. Vous préférez plutôt les notes fruitées et florales ou encore les explosions de fruits, les tannins charnus et les textures rondes? Ne perdez pas votre temps et buvez-les jeunes. Quant aux blancs, tout autant capables de vieillir en beauté, il faudra vous demander si vous les préférez tendus (acides), fruités, floraux et/ou herbacés (jeunes) ou plus denses avec des notes de miel, d’abricot et d’épices douces (vieux).

5 vins pour l’Action de grâce

CHRONIQUE / Qu’il est bon de se réunir en famille pour cuisiner et partager un bon repas. La traditionnelle dinde de l’Action de grâce et les recettes élaborées avec les fruits et légumes d’automne ouvrent la porte à de délicieux accords mets et vins! Les parfums des plats mijotés et des tartes, dont on se régalera bientôt, ont un côté bien réconfortant que l’on voudra accompagner de musique jazz et de bonnes bouteilles. On choisira alors des vins conviviaux pour mettre en valeur des assiettes qui le sont tout autant. Voici quelques suggestions pour vous faire plaisir en famille et entre amis.

Chianti Rufina Riserva 
Nipozzano, Frescobaldi
SAQ : 107 276 — 20,25 $

Voici un assemblage dominé par le sangiovese, puis complété par les cépages malvasia nera, colorino, merlot et cabernet sauvignon. Le nez est très joli avec des arômes de sous-bois, de menthol et de feuilles de laurier. C’est un vin aux tannins costauds qui appelle un mijoté d’agneau.

N.B. : Obtenez un rabais de 2 $ + 1000 points bonis sur ce celui-ci cette fin de semaine, ça vaut le coup!

Chroniques

Vignes, presqu'île et dunes

CHRONIQUE / Des dunes, des plages au sable fin, une eau cristalline et des vignes... on croirait une destination exotique, mais non! À tout juste quelques heures de Montréal, la presqu'île de Prince Edward County est la destination idéale pour aller se ressourcer tout en dégustant de bons vins, le temps d'un congé de l'Action de grâces.
Un jeune vignoble

À la vôtre

Une histoire de pinot noir

Quand j'ai commencé à m'intéresser au vin, j'ai commencé fort. Ça a été un peu comme adopter un nouveau sport : je voulais tout savoir tout de suite et maintenant.
Je me suis d'abord équipée, puis je me suis mise à m'entraîner. Au départ, mes petites papilles inexpérimentées étaient à la recherche de sensations fortes. Le plus corsé était le mieux. Plus le vin était élevé en alcool, meilleur c'était. Les cabernet sauvignon, malbec, zinfandel et primitivo remplissaient joyeusement mon verre à tour de rôle. Quant aux vins délicats et légers, je les trouvais sans d'intérêt. Où est le plaisir? Ça ne goûte rien, me disais-je.

À la vôtre

Brochette de vins pour le BBQ

CHRONIQUE / La cuisson au BBQ confère aux aliments des arômes de fumée et d'épices. Comme la règle à suivre en accords mets et vins se résume plutôt bien à « Qui se ressemble s'assemble », les vins corsés et élevés en fûts de chêne sont donc à privilégier pour vos cuissons de patio.
Parce que l'été est trop court pour boire triste, voici une brochette d'accords pour garnir votre été!