Marélie et Étienne Paquette Prévost, de l’entreprise Kilukru.

Végétaliser l’assiette grâce à Kilukru

CHRONIQUE / Marélie et Étienne Paquette Prévost ont parcouru le Québec pendant trois ans à bord de La Wagonnette, leur camion de cuisine de rue végane. De festival en festival, le frère et la sœur ont constaté l’intérêt grandissant pour la cuisine végétale. Ils ont aussi mesuré le grand besoin d’information qu’avaient les gens.

« Il n’était pas rare qu’on passe beaucoup de temps à jaser avec les clients, qui venaient nous voir spécifiquement pour nous poser quantité de questions sur notre alimentation. On a constaté qu’il y avait un manque dans ce créneau-là », raconte Étienne.

C’est pour répondre à la demande qu’après avoir vendu leur entreprise roulante, les deux Sherbrookois ont mis un autre projet sur les rails, toujours dans la niche alimentaire. Ils signent déjà un blogue sous le nom de Kilukru, mais une campagne de sociofinancement bouclée la semaine dernière leur a permis d’amasser la rondelette somme de 15 000 $ pour se lancer dans une nouvelle aventure. Dès 2020, ils offriront des cours de cuisine santé et végane en ligne.

« C’était important pour nous de mettre sur pied une entreprise qui correspond vraiment à nos valeurs, souligne Étienne. Moi, ce qui me passionne, c’est aider les gens. Le cours va nous permettre de faire ça. Il est d’ailleurs déjà monté, il nous reste à faire la captation vidéo, ce qu’on va commencer cette semaine. Les sommes recueillies nous servent entre autres à nous équiper pour filmer le tout de façon professionnelle. »

La formation web se déclinera en quatre blocs.

« Le premier volet sera une introduction à l’alimentation végétale. Suivra un autre où on enseignera comment remplacer œufs, produits laitiers et viandes. Le troisième sera consacré aux desserts crus et décadents. Le dernier bloc montrera aux gens comment recevoir avec leurs recettes les plus fancy », expose Marélie.

Des fiches téléchargeables accompagneront le contenu vidéo.

Alors que les livres de recettes se vendent comme des petits pains chauds, pourquoi ne pas avoir simplement opté pour un recueil de leurs meilleurs plats?

« On ne ferme pas la porte à un éventuel bouquin de recettes, mais présentement, ce qu’on veut, c’est amener les gens à être eux-mêmes créatifs en cuisine. Ceux qui font leurs premiers pas dans l’alimentation végé manquent parfois de repères. On souhaite leur donner des clés, leur montrer comment ils peuvent substituer certains ingrédients et comment ils peuvent jouer avec les textures. Nous, lorsqu’on cuisine, le plus grand plaisir qu’on a c’est d’improviser et de créer des nouveaux plats. À partir du moment où on a des connaissances de base, tout devient possible. On gagne en efficacité, en rapidité et en confiance. Et c’est ça qu’on avait envie de transmettre aux gens dans un premier temps. On veut rendre ça facile », explique Marélie.

Les deux complices, autodidactes, multiplient les essais-erreurs aux fourneaux.

« C’est-à-dire qu’on teste toutes sortes de choses, la cuisine est vraiment un beau terrain de jeu pour nous. Moi, je suis devenu végétalien du jour au lendemain, il y a six ans, après avoir vu différents documentaires sur YouTube. C’était avant que le mouvement gagne en popularité et à l’époque, je n’étais pas tellement ferré en cuisine. J’ai vite réalisé que, pour pouvoir continuer à avoir une vie sociale autour de la table et inviter des gens à manger, il fallait que je concocte des plats moi-même. Et il fallait que ça goûte bon », souligne Étienne.

Lectures, recherches et expérimentations intensives ont alors débuté. Marélie a aussi joint le mouvement.

« Mais pour moi, ça s’est fait plus graduellement, précise la jeune femme de 26 ans. J’ai d’abord été végétarienne pendant un an avant de faire le grand saut vers une alimentation toute végétale. En anglais, on parle d’alimentation plant-based. C’est probablement ce qui décrit le mieux notre assiette. »

Aliments entiers peu transformés, fruits, légumes et noix ont la part belle dans leur menu quotidien, tout comme le quinoa, le sarrasin et l’amarante.

« On n’utilise pas de gluten, pas de soya, peu de grains et de légumineuses. »

Mais ils ne sacrifient rien au chapitre du goût.

« Avec La Wagonnette, on a pris de l’expérience et on a vraiment gagné en confiance. On a eu la chance de travailler avec Marie-Pierre Michaud, du restaurant montréalais Aux Vivres. Et sur le terrain, on a vu ce qui plaisait aux gens », expriment les deux entrepreneurs, qui avaient déjà mis leur complicité fraternelle à l’épreuve avant de se lancer en affaires.

« On a voyagé ensemble, dans des conditions pas toujours faciles, ce qui fait qu’on connaît nos limites et nos forces. On divise bien les tâches entre nous », soulignent les Estriens, qui font tout eux-mêmes au sein de leur entreprise, de la conception des recettes jusqu’à la prise de photos.

Ça vous intéresse? Même si la campagne de sociofinancement est terminée, il est toujours temps de profiter du tarif de prévente des cours bientôt offerts par Kilukru. Informations sur : kilukru.ca.

Pour vous donner une idée des astuces que le duo propose, voici leur recette de tartinade de noix de cajous qui remplace aisément le fromage. Sa particularité : elle peut se manger telle quelle ou bien être fermentée pour un goût plus prononcé.

Fromage végétal de Kilukru

Ingrédients
2 tasses de noix de cajou, crues
1 tasse d’eau
2 c. à thé de sel de mer
1 c. à thé d’origan
1 c. à thé de thym
1 c. à thé oignon granulé
1 c. à thé de poivre moulu
2 c. à table de vinaigre de cidre de pomme
2 c. à table de jus de citron
2 capsules de probiotique (facultatif - on utilise un probiotique qui contient 1,5 milliard de micro-organismes par capsule).

Préparation

Si possible (ou si vous n’avez pas de mélangeur haute vitesse) mettre les noix de cajou crues à tremper pendant 4 heures. Rincer.
Mettre tous les ingrédients dans un mélangeur haute vitesse.
Mélanger jusqu’à l’obtention d’une texture complètement lisse et onctueuse.
Si vous n’utilisez pas de probiotiques : vous pouvez consommer le fromage tel quel. Réfrigérer.
Si vous utilisez des probiotiques : laisser à température pièce durant 24 heures et réfrigérer ensuite.