Caroline Chagnon

Un dernier tchin-tchin !

CHRONIQUE / C’est avec le trémolo dans le clavier que j’écris la dernière page de ce chapitre. Le monde du vin est vaste, et je pars trinquer à d’autres aventures. Voilà, je vous lève mon verre après ces cinq magnifiques années. Je n’avais que 15 ans que j’étais déjà une lectrice fidèle du magazine Cellier. C’était les belles années où Marc Chapleau était rédacteur en chef. Je dévorais alors chaque édition du début à la fin, captivée par ses entrevues et ses reportages sur les régions viticoles du monde. Je dirais que c’est probablement ce qui a tout déclenché. Je me suis dit qu’un jour je ferais comme Marc, que j’irais à la rencontre des vignerons pour connaître leur histoire et leurs vins, pour ensuite les raconter avec mes mots.

Bien avant que j’eus cru ce rêve possible, j’apprends que La Tribune n’avait plus de chroniqueuse vin. Après quelques pieds et quelques mains (je n’étais encore qu’une étudiante en sommellerie, après tout!), Maurice, le rédacteur en chef, accepte de me laisser signer 500 mots chaque semaine dans ses pages. 

Depuis ma première chronique, ma philosophie du vin a grandement évolué. Je suis remplie de gratitude envers ces cinq exceptionnelles années où j’ai eu la chance de me forger au fil des dégustations, des voyages et des rencontres avec des vignerons passionnés. Je n’aurais pu espérer plus belle expérience professionnelle. Je pars le cœur gros et la tête prête. La décision de voguer vers d’autres défis professionnels me revient. Ne vous inquiétez pas, la passion du vin est toujours bien présente. Toutefois, je ressens le besoin ardent de l’incarner d’une autre façon. L’appel de la vigne se fait aujourd’hui plus fort que l’appel de la plume. Parfois, nos rêves d’hier cèdent la place à de nouveaux rêves.

Qu’adviendra-t-il de cette chronique, vous demandez-vous? Sachez qu’elle sera toujours présente, même heure, même poste, dans les pages de votre édition du samedi. C’est la très pertinente et pétillante autrice et chroniqueuse Natalie Richard qui prend le flambeau. Dotée d’un énorme bagage professionnel et académique dans le milieu des vins et spiritueux, elle saura vous partager ses découvertes viticoles avec passion et simplicité. Une perle, je vous le dis!

Merci à vous d’avoir suivi cette chronique. Merci à La Tribune et aux journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) pour votre confiance et pour être encore debout! Santé tout le monde!

Québec 2018, Orélie, Négondos
Environ 28 $ • 11 % 
Biologique

Difficile de mettre la main sur les vins biologiques de Carole Desrochers et Mario Plante? Inutile de vous ruer à la SAQ pour mettre la main sur leurs cuvées. Il vous faudra plutôt visiter les quelques épiceries fines et restos partenaires ou encore faire une virée au domaine, à Mirabel. Plus facile à dénicher que le Julep ou le Redbulles, le blanc Orélie est composé de seyval élevé en fût de chêne. Le nez est très invitant avec des arômes de miel, de poivre blanc et d’écorces d’agrumes. La bouche est empreinte de fraîcheur, de légèreté et d’une délicate amertume. Délicieux!

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Québec 2017, Fraîcheur du Fleuve, Seigneurie de Liret
Environ 27 $ • 11,5 %
Biologique

Toujours au Québec, mais sur l’île d’Orléans cette fois, on se transporte à la Seigneurie de Liret. Cet assemblage bio de marquette et baco noir en macération carbonique vous donnera, l’espace d’un instant, l’impression que l’été est enfin arrivé. Si vous recherchez un rouge pour votre 5 à 7, ne cherchez pas plus loin. Cette bombe de fruits qui rappelle les petites prunes sauvages et les fines herbes saura vous mettre en mode week-end illico! Un beau vin de soif tout en vivacité aux tanins souples de chez souples. Du vrai jus! Visiter le site web du domaine pour connaître les points de vente.

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Maury sec 2017, Castell D’Agly, Cazes
20,85 $ • 12882021
15,5 % • 2,6 g/l

Biologique et vegan

Envie d’un vin costaud pour affronter les dernières soirées froides d’hiver? Ce maury sec se mariera merveilleusement bien à vos mijotés. Maury, ce n’est pas des vins sucrés et forts en alcool? Vous n’auriez pas tort de le penser, car depuis 2011, maury — historiquement une appellation de vins doux naturels — peut aussi produire des rouges secs. Comme l’aire d’appellation se situe au nord-ouest de Perpignan, dans la région du Roussillon, les vins sont naturellement généreux, comme en témoigne cette cuvée. Ici, l’assemblage de grenache noir (80 %) et carignan est élevé en cuve inox. La palette aromatique offre des notes de bleuets confits et de tabac. À la fois pourvu d’une texture veloutée et de tonus, ce rouge termine dans une finale persistante et épicée.