La silhouette de l'hôtel Burj-Al-Arab qui rappelle une voile gonflée par le vent est devenue la signature de la ville de Dubaï qui mise maintenant sur le tourisme de luxe pour garnir ses coffres.

Superlatifs aux Émirats et au Sultanat d'Oman

CHRONIQUE / À peine descendu du navire, on ne foule pas le sol des Émirats arabes unis depuis plus d'une heure que, déjà, les superlatifs fusent de toutes parts. Ici, à Dubaï, tout est qualifié de plus luxueux au monde, de plus haut, de plus étendu aussi. Et on pourrait même ajouter que tout est manucuré avec le plus grand soin, la nature comme les gens.
Immanquablement, on finit par penser aux États-Unis où tout est également plus grand et plus gros qu'ailleurs. On réalise qu'il y a aussi une parenté entre les noms de ces deux pays, les États-Unis d'Amérique et les Émirats arabes unis.
Sur le bord de la splendide plage de Dubaï, l'hôtel Burj-Al-Arab s'est attribué « sept étoiles ». Et personne ne l'a contesté. Longtemps considéré comme l'édifice entièrement consacré à l'hôtellerie le plus haut du monde avec ses 321 mètres, il est un véritable palace et on n'y pénètre que sur réservation.
L'hôtel possède une flotte de Rolls Royce avec chauffeur, à la disposition de ses clients. Pour une nuit, une chambre coûte entre 3000 $ et 30 000 $. Un héliport transformable en terrain de tennis a été aménagé au sommet, en saillie. Y fait contrepoids, sur une autre saillie, un restaurant gastronomique doté d'une vue imprenable sur la mer. Son profil, en forme de voile déployée, est devenu la signature internationale de la ville et a été conçu de manière à ne jamais faire ombrage sur la plage.
Plus loin, on se perd dans le Dubaï Mall, coiffé du titre du plus grand centre commercial au monde. Il couvre 800 000 mètres carrés et loge plus de 1200 boutiques. Y sont apposés le Dubaï Aquarium (le plus grand du monde, est-il nécessaire de le préciser?), une patinoire olympique, une pente de ski alpin de 400 mètres de haut ainsi que des chutes d'eau.
Au coeur de la ville, parmi les gratte-ciel à l'architecture la plus audacieuse qui soit, se dresse la Burj Khalifa, la tour la plus haute au monde. Ses 211 étages s'élèvent à 829 mètres. Une vraie tour de Babel.
Et si jamais on s'avise de construire ailleurs un hôtel plus haut, une tour plus haute ou un centre commercial plus vaste, on ouvrira de nouveaux chantiers à Dubaï, histoire de faire mieux encore.
Au pays du président Khalifa ben Zayed al Nahyane, on a pris note que le pétrole est une ressource épuisable. On fait en sorte que l'argent des touristes viendra prendre le relais à celui que procurent encore le pétrole et le gaz.
C'est pour cela aussi que Dubaï a entrepris des chantiers pharaonesques : la Palmeraie et le Monde, deux archipels d'îles artificielles reproduisant un palmier et une mappemonde et dont chaque parcelle peut être achetée à coup de millions de dollars par les riches de ce monde désireux d'y construire un palace.
Situés à la pointe ouest de la péninsule arabique, les Émirats arabes unis recensent 9,3 millions de personnes. Seulement 1,1 million d'entre elles détiennent la citoyenneté. Toutes les autres sont des travailleurs étrangers de 200 nationalités différentes, mais surtout de l'Inde et des pays de l'Asie du sud-est. Certains y gagnent honorablement leur vie. D'autres, comme ces travailleurs de la construction dont l'exploitation a fait scandaleusement le tour du monde, beaucoup moins.
Ici, on ne paie pas d'impôt mais la sécurité sociale est nulle. Seuls les très riches peuvent acheter une propriété. Quand tu n'es plus capable de travailler ou si tu perds ton emploi, tu dois quitter le pays sur-le-champ. Aussi, il n'y a pas de mendiants dans les Émirats. Ni de chômage. Par la force des choses.
Quand on a fait le tour de la ville et de ses souks dont ceux de l'encens, des épices et de l'or qui, bien entendu, est le plus important au monde, on peut ensuite aller faire une cure de simplicité dans les dunes du désert avec les dromadaires et les bédouins.
Pour nous, il est déjà temps de remonter à bord et de voguer vers le pays voisin, le Sultanat d'Oman et, surtout, vers deux de ses villes, Muscate et Salalah. Si la première a été aménagée dans une région plus aride et plus montagneuse, la seconde profite de la mousson et, pour cela, est davantage verdoyante.
Quand on entre dans le port de Muscate, la première chose que l'on voit est l'immense encensoir qui, depuis une colline, embaume les environs. C'est que nous sommes à l'endroit où les rois mages ont sûrement acheté leur encens et leur myrrhe. Oman en exporte partout dans le monde.
C'est à Salalah qu'il est possible d'aller se recueillir sur la tombe du prophète Ayoub. Mais si, vous le connaissez. Dans la Bible, on le nomme Job, l'homme que Dieu a beaucoup éprouvé. On y trouve aussi le site des quatorze empreintes du chameau sacré du prophète Saleh (l'un des quatre prophètes que le Coran ne partage pas avec le Thalmud et la Bible).
Et entre Muscate et Salalah, il y a la ville de Sohar que l'on présente comme le lieu de naissance de Sinbad le Marin. Mais là, on tombe carrément dans les contes des Mille et une nuits. Comme quoi, il faut garder un brin de scepticisme devant tout ce que l'on vous raconte afin de ne pas céder au mirage du désert arabique.
Notre collègue à la retraite Gilles Fisette a entrepris un tour du monde en croisière. Nous vous invitons à le suivre dans son périple jusqu'en mai.