Quelques kilomètres après Kandy, on entre dans une région verdoyante où sont concentrées de nombreuses plantations de thé.

Sri Lanka : À saveur de vanille et de thé

Au sud du Sri Lanka, une montagne en forme de cône domine toute la région avec ses 2243 mètres d'altitude. C'est le pic Adam.
Au sommet, on peut apercevoir une petite cavité. Pour les chrétiens, c'est la trace de pas qu'a laissée le premier homme après avoir été chassé du paradis terrestre avec sa compagne, Ève.
Mais les bouddhistes voient les choses d'un autre oeil. Et ils sont légion au pays (plus de 70 pour cent de la population). Pour eux, c'est de toute évidence l'empreinte d'un pied de Bouddha.
Non, non, rétorquent les musulmans, soit un Srilankais sur dix. C'est Mahomet lui-même qui a creusé cette cavité avec son pied. Il n'y a pas de place pour le doute.
En avril, dans quelques jours, tout ce beau monde, du moins des milliers d'entre eux, grimperont en pleine nuit les innombrables marches qui mènent au sommet, afin d'assister de là-haut au lever du soleil et prier en harmonie.
Si je mentionne tout cela, c'est que le Sri Lanka, une grande île au pied de l'Inde, figurait en bonne place dans ma quête personnelle du paradis. Et je croyais bien atteindre mon but avec cette montagne dont le nom de baptême permet toutes les illusions. Mais si le Sri Lanka est un pays merveilleux, il ne faut pas se leurrer. Le paradis n'est pas ici. Aussi, j'ai renoncé et je ne suis pas allé au pic Adam.
Oui, les Cingalais et les Tamouls, les deux principales ethnies du pays, sont très gentils et ultra polis. Un sourire les fait immédiatement sourire. Ils sont tolérants aussi. Depuis que la paix a été rétablie avec les Tamouls, tous se côtoient dans le respect.
À Colombo, plusieurs bâtiments valent le détour. Le plus étonnant demeure sûrement le temple de Sri Kailwasanathan, avec sa façade ornée d'une centaine de sculptures.
Dans le vieux quartier du fort, des immeubles témoignent du passage des Hollandais dont l'église Wolvendaal, édifiée en 1749. Ailleurs, on verra des immeubles d'inspiration britannique, portugaise ou d'architecture bouddhiste, hindouiste, islamique ou contemporaine.
Par contre, on cherche rapidement la fraîcheur de l'ombre. Il fait très chaud et très humide au Sri Lanka. En plein mois de mars, la température grimpe jusqu'à 30 degrés et l'humidité dépasse le 80 pour cent. L'air est pollué. Tout n'est pas toujours propre. Tout est poussiéreux. La circulation est diabolique. Il faut du sang froid et une connaissance parfaite des dimensions de son véhicule pour oser se lancer dans le trafic. Partout, des autos, des autobus, des camions, de petites motos, quelques bicyclettes et des centaines de milliers de tuk-tuk, ces drôles de triporteurs « Made in India », qui dépassent à gauche et à droite, sans se soucier de leur fragilité. Un ballet étourdissant!
Sur les trottoirs, la foule est bigarrée. Colombo et ses banlieues sont habitées par 5,7 millions de personnes dont le tiers a moins de 35 ans. On dirait que tout le monde est là. Partout, des commerces de toutes sortes sont aménagés dans de petits locaux, souvent sombres et sans ordre apparent. Dans ces bric-à-brac, on trouve de tout.
Dehors, un peu à l'écart dans une rue transversale, un charmeur de serpent. Au son obsédant de sa flûte pungi, un cobra que j'espère édenté se balance doucement.
Dépaysant, le Sri Lanka. Les repères ont foutu le camp.
Des femmes passent rapidement, revêtues de saris, de tchador ou de vêtements européens. Des hommes avec des turbans, des kufis, des casquettes, nu-tête.
Quand on sort de la ville et de ses longs faubourgs, on n'atteint pas pour autant la campagne. Il faudra attendre après une longue succession ininterrompue de villes et de villages.
On mettra des heures pour atteindre Kandy, à une centaine de kilomètres à l'est de Colombo. Kandy est l'ancienne capitale. C'est là que se trouve le complexe bouddhiste Sri Dalada Maligawa où est conservée la relique d'une dent de Bouddha.
Il faut aller plus loin encore. On entre dans une région montagneuse et verdoyante où se concentrent les principales plantations de thé. On visite l'une des plus anciennes. La Glenloch Tea Factory. Une jeune fille toute menue et royale dans son magnifique sari nous fait visiter les lieux. Elle nous sert ensuite leur meilleur thé.
Sur le chemin du retour, on s'arrêtera au Susantha Spice and Herbal Garden, un jardin administré par le ministère de l'Agriculture et où on peut s'initier à la culture de différentes épices et herbes médicinales. On y vend aussi des lotions et des crèmes aux mille et une vertus. Un produit empêche la perte des cheveux et favorise même leur repousse. Un autre fait fondre la graisse superflue. Un autre fait disparaître les rides. Tout est garanti à cent pour cent. Malgré mon scepticisme, j'ai fait le plein. Au cas où ça marcherait réellement.
Notre collègue à la retraite Gilles Fisette a entrepris un tour du monde en croisière. Nous vous invitons à le suivre dans son périple jusqu'en mai.