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Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
Pierre Lavoie, par l’entremise des nombreuses activités de la fondation, plaide pour de saines habitudes de vie au sein de la population.
Pierre Lavoie, par l’entremise des nombreuses activités de la fondation, plaide pour de saines habitudes de vie au sein de la population.

Retrouver la liberté à vélo

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CHRONIQUE / Comment Pierre Lavoie prépare-t-il sa saison de vélo? De la même façon qu’il préparait ses Ironman il y a quelques années : en dévalant les pistes de ski de fond de sa région pendant la saison froide. Le fondeur a fini sa saison la semaine dernière, pour ensuite enfourcher son vélo dans le parc des Laurentides.

Je l’attrape pour notre entretien alors qu’il sort de la piscine. 

« J’ai un modèle que j’ai adopté depuis une vingtaine, trentaine d’années, que je considère à succès. J’étais un triathlonien à l’international. J’habitais au Québec et avec le travail, je ne pouvais pas partir en camp d’entraînement. Je devais m’entraîner ici pour les longues distances. J’ai longtemps dit que le meilleur sport au monde pour le triathlonien, c’est le ski de fond (…) Je ne faisais que ça : les deux styles (classique et patin). » Uniquement avec cet entraînement, il arrivait à être parmi les meilleurs au monde. Et ce n’est pas parce qu’il était exceptionnel, jure-t-il, mais bien parce que ce sport l’est, notamment parce qu’il permet de développer le VO2max (la capacité maximale d’oxygène).

D’ailleurs, lance le Saguenéen, s’il a un conseil à donner, c’est de ne pas pratiquer qu’un seul sport, afin d’éviter que le corps s’use.  

Pierre Lavoie

Son ami Ricardo à vélo

La saison dernière, Pierre Lavoie a pédalé 15 000 km. Rien de moins.

« Je n’avais jamais roulé autant dans une année. Je ne compte pas faire autant de kilométrage. Mais j’en avais besoin l’année passée, tout le monde avait besoin de respirer. Je retrouvais ma liberté sur mon vélo. Parce que partout ailleurs, ça prenait un masque, il fallait se laver les mains, prendre garde. Mais en roulant, tout redevenait normal. Je n’ai pas vu la COVID parce que j’étais constamment en liberté. C’est important de retrouver ça, un semblant de normalité. »

« Juste rouler ma région, c’est immense. Ici, on a du territoire! On peut être 350 000 autour à rouler en respectant la distanciation », lance-t-il en riant. 

Son royaume, Pierre Lavoie le fera découvrir à son bon ami Ricardo, qui s’est acheté un vélo à assistance électrique. Le défenseur des saines habitudes de vie promet de faire la promotion de cette activité, qui gagne en popularité en Europe et dans la province. 

Ceux qui ont des préjugés se trompent et devraient se taire, lance-t-il au sujet de « cet outil qui permet à tout le monde de bouger ». Ce dernier rend à peu près tout possible, de la montée qui semblait insurmontable à l’ami qui n’aurait pas pu suivre.

La Fondation du Grand défi Pierre Lavoie met sur pause plusieurs activités en 2021, mais dévoilera sous peu les détails de Un million de km ensemble.

« Une des plus belles choses qu’on a pu voir arriver avec la COVID, c’est que plein de gens sont allés jouer dehors. Il y en a plein qui n’ont pu se rendre en Floride et qui ont dû apprivoiser un premier hiver au Québec. Et puis, c’était pas si pire que ça hein? On doit aller vers une société plus active. On a tout ce qu’il faut. Mais si on a peur de l’hiver, et qu’on ne veut pas sortir quand il fait froid… C’est sûr que vous allez avoir de la misère. Mais si vous l’apprivoisez, vous allez rester actifs douze mois. »

Avec le contexte actuel, la Fondation du Grand défi Pierre Lavoie a mis sur pause plusieurs de ses activités, dont le défi de 1000 km. La Fondation dévoilera cependant à la mi-avril les détails de « Un million de kilomètres ensemble ». 

Et sa saison estivale?

De fil en aiguille, Pierre Lavoie me parle du Défi Bonneville qu’il entend réaliser, un triathlon en juillet à Saint-Mathieu-de-Rioux…

L’ancien triathlonien, qui ne participait plus à ce genre de compétitions, entend recommencer. 

À 57 ans, à l’approche de la soixantaine, il a visiblement envie de se tester lui-même. 

« Je recommence. J’ai un objectif. J’aimerais courir deux marathons. J’aimerais voir où j’en suis dans ma forme physique. Soixante ans, c’est quand même un chiffre révélateur.

« À 60 ans, tu vas être comment? Quand j’étais plus jeune et que je m’entraînais, j’avais des modèles plus vieux et ils m’impressionnaient… Je me disais, si je fais ça toute ma vie, je vais être comme eux. »

Ce que je veux, c’est de faire deux marathons. Un de mes rêves, c’est de le faire en bas de trois heures. Si je suis capable cette année, j’aimerais refaire un Ironman à 60 ans. Et mon but, ce serait de le courir sous les 10 heures à 60 ans… Je me cherche toujours une façon de me motiver. Pour maintenir une discipline de vie, j’ai besoin de me mettre des objectifs. Ça m’allume. » 

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Jean Pinard en était à sa 49e saison de ski de fond. Son atelier a des airs de salle de fartage.

Jasons ski de fond

Dehors, le vent souffle et la neige réduit la visibilité en ce lundi matin. Un très bon matin pour jaser de trucs sur la fin de saison de ski de fond avec Jean Pinard, le vice-président communication du Club de ski de fond Mont-Orford… Et pour la saison de vélo qui s’amorce… on annonce 14 degrés le lendemain. 

La saison aura été extraordinaire pour celui qui skie depuis 49 ans. Jean Pinard dénombre plus de cinquante sorties, et un total de 700 km, calculés avec Strava. « On n’a pas eu de grosses tempêtes de neige, mais plusieurs fois des 10 et 15 cm. C’est excellent. Les conditions étaient extraordinaires : on n’a pas eu de pluie ou de verglas. Je n’ai pas eu souvent des saisons comme ça. Elle s’est terminée avec un soleil éclatant. Ça s’est terminé dans la joie, puisque le lendemain j’embarquais sur mon vélo. »

Ses conseils, en vrac, pour le ski de fond et le vélo 

Le vice-président communication du Club de ski de fond du parc du Mont-Orford, Jean Pinard, vient de terminer sa saison de ski de fond... et il a déjà commencé sa saison de vélo.

1.  « Idéalement, les skis, à la fin de la saison, on devrait les nettoyer. Les skis de style classique, il ne devrait pas y avoir de résidus de cire dessus. Souvent, il y a un film de dépôts dessus. Il ne faut pas hésiter à prendre un défartant. Idéalement, il faudrait appliquer une cire qui scelle votre ski pour l’hiver. On applique une cire à chaud sur le ski. Et puis, on laisse ça toute la saison estivale, on y retouche lorsqu’on va décider de recommencer. 

2.  « Pour les peaux, on met juste un nettoyeur de peaux. Il y a quand même des éléments polluants dans la neige… »

3.  La première chose à faire, c’est de regarder son vélo et probablement de le laver. Pourquoi? Parce qu’on va voir mieux ce qui doit être changé. On peut prendre un savon dont on se sert pour laver une voiture, qui n’attaquera pas le métal. Avec une grosse brosse, de style pinceau.

4.  « Une fois qu’on a lavé le vélo, on est capable de faire une évaluation, de constater si on entend du bruit quand on le brasse un peu. On gonfle les pneus, on regarde dans quel état ils sont. Si la bande de roulement est usée, ça se prête facilement à faire des crevaisons. Ou le côté du pneu… »

L’atelier de Jean Pinard a pris des airs de salle de fartage.

5.  L’autre élément important, c’est le freinage. Vous devez vérifier si vos freins fonctionnent bien. Est-ce que votre roue fait une oscillation? Il va falloir demander à votre mécanicien, à moins que vous soyez plus habile, de jouer avec les rayons de votre roue. »

6.  « Si votre vélo n’a pas servi beaucoup depuis 10 ans, amenez-le chez votre mécanicien. Il devrait ouvrir le pédalier, graissez les roulements à billes à l’intérieur, dans le jeu de direction du vélo. Il va sûrement regarder la chaîne. Si votre chaîne est vieille, avec le temps, elle a étiré. Ça provoque l’usure prématurée des pignons arrière. »

7.  Et le casque, lui? Jean Pinard note que la date de fabrication de notre casque ne devrait pas avoir plus de cinq ans d’âge.

8.  Il note que les réflecteurs avant et arrière insérés dans les rayons sont obligatoires selon le Code de la sécurité routière. Afin d’augmenter la visibilité, il suggère des feux clignotants à l’avant et à l’arrière.

9.  Une fois la saison lancée, il faut vérifier la pression dans les pneus et lubrifier sa chaîne régulièrement.

10.  Si, comme moi, vous écoutez les conseils de M. Pinard, mais que vous n’osez pas tout faire par vous-mêmes, ne tardez pas pour faire appel à vos réparateurs. Ils sont déjà débordés!  

Le vice-président communication du Club de ski de fond du parc du Mont-Orford, Jean Pinard, suggère de nettoyer les peaux de ses skis de fond avant de les ranger pour la saison estivale.