Isabelle Pion
Le parc national du Bic est à mes yeux l’un des plus beaux endroits au Québec.
Le parc national du Bic est à mes yeux l’un des plus beaux endroits au Québec.

Nos parcs nationaux en six coups de cœur

CHRONIQUE / «Tu devrais nous faire un top 5 de tes parcs nationaux préférés», m’a suggéré mon collègue bourlingueur. A priori, j’en ai un peu contre les palmarès. C’est comme se faire demander quel pays on a préféré visiter : la réponse est impossible à donner. Mais l’idée a fait son chemin. La popularité qu’a connue la vente de la carte annuelle «parcs nationaux édition spéciale» (140 000 laissez-passer vendus en trois jours) m’a néanmoins donné le goût de vous partager mon amour des parcs de la province. Dans l’ordre ou dans le désordre, quelques coups de cœur.

1) Le parc du Bic, entre mer, îles et montagnes

Je ne m’en lasse pas et malgré tout ce qu’il y a à visiter au Québec, j’y reviens souvent. Je l’avoue : j’ai une faiblesse pour les décors mariant mer et montagnes. Le parc du Bic (photo ci-dessus), dessiné par la mer, fait partie à mes yeux des plus beaux paysages de la province. L’alliance d’anses et de caps rocheux a un effet apaisant qui me donne l’impression d’être ailleurs… chez moi. Le parc, dont la moitié est marine et situé dans l’estuaire du Saint-Laurent, est aussi beau vu des airs (en haut du pic Champlain, à 346 mètres d’altitude), en kayak à travers les îles ou sur le littoral au gré des marées. Il est parfait pour les familles, qui peuvent pique-niquer en bordure de l’eau ou faire l’observation des phoques. Tous les adeptes de plein air qui s’adonnent au vélo, à la randonnée ou au kayak y trouvent aussi leur compte. La randonnée la plus spectaculaire est sans aucun doute les Murailles (15 km aller-retour). Le Bic n’est pas qu’un arrêt en route vers la Gaspésie, c’est un passage obligé en soi.

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Le parc national du Mont-Orford pendant ma période préférée de l’année.

2) Le parc national du Mont-Orford (PNMO), pour les souvenirs de vacances

Je n’avais pas le choix de le mettre ici : il est presque une extension de ma cour. Et puis, c’est là, sur les berges du lac Stukely, que j’ai fabriqué de formidables souvenirs d’enfance. Le camping et la plage de Stukely ont toujours gardé une place privilégiée dans mon cœur. Les années ont passé, mais ce territoire à deux pas de Magog demeure un endroit parfait pour les séjours en famille, la plage, les activités nautiques, le camping et la randonnée. Aujourd’hui, j’y vais fréquemment pour randonner, que ce soit pour sillonner les sentiers du Pékan ou pour atteindre le sommet du mont Chauve.

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Le parc national du Mont-Mégantic. À noter que l’ASTROLab a rouvert ses portes le 1er juillet, mais l’Observatoire au sommet sera fermé au public. Il sera possible de monter en véhicule au sommet du mont Mégantic pour voir l’Observatoire de l’extérieur, entre 9 h et 17 h. Les visiteurs doivent réserver.

3) Le parc national du Mont-Mégantic, pour les montagnes et les étoiles

C’est aussi un peu dans ma cour arrière (à une heure de Sherbrooke). J’ai du mal à expliquer pourquoi j’aime tant cet endroit, outre le fait… qu’il est tout simplement magnifique. Est-ce à cause sa personnalité singulière, que nous rappelle constamment la présence de l’observatoire au sommet du mont Mégantic? Est-ce la chance de se retrouver en plein cœur d’une réserve de ciel étoilé et de pouvoir (enfin) fuir la pollution lumineuse? Les décors sublimes sur la route en s’y rendant? Tout ça, probablement.

Les raisons sont plurielles. Parmi elles : le sentier des Cimes, aménagé sur une crête rocheuse dans le secteur de Franceville, qui nous mène jusqu’au pic de l’Aurore (835 mètres) et le sentier du mont Saint-Joseph (1065 mètres), mes deux trajets favoris. À noter que l’ASTROLab a rouvert ses portes le 1er juillet, mais l’Observatoire au sommet sera fermé au public. Il sera possible de monter en véhicule au sommet du mont Mégantic pour voir l’Observatoire de l’extérieur, entre 9 h et 17 h. Les visiteurs doivent réserver.

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Les orignaux se montrent souvent le bout du nez dans le parc national de la Gaspésie. 

4) Le parc national de la Gaspésie, pour ses hauts sommets

Le terrain de jeu par excellence pour les maniaques de randonnée. L’éventail de choix est tellement large qu’on peut facilement s’installer pour plusieurs jours. Évidemment, il y a les populaires monts Albert et Jacques-Cartier, mais les options sont tellement nombreuses que ce serait dommage de s’y limiter (monts Olivine, Xalibu, etc.) Le parc compte 25 sommets de plus de 1000 mètres… et il est aussi beau en hiver qu’en été. À tous mes passages pendant la saison estivale, j’ai pu y apercevoir des orignaux. Le mont Ernest-Laforce, facilement accessible pour les familles et offrant un panorama à 360 degrés, est un bon endroit pour les observer. Sans compter les caribous au sommet du mont Jacques-Cartier.

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Le sentier de La Chouenne dans le parc des Grands Jardins 

5) Le parc des Grands-Jardins, pour ses points de vue

Vous direz peut-être qu’il est moins spectaculaire que le parc des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, qui attire les randonneurs tout particulièrement pour l’Acropole des Draveurs. Oui, mais. Avec un minimum d’efforts, les sentiers offrent des points de vue impressionnants. Le classique Mont-Lac-des-Cygnes offre un magnifique coup d’œil sur l’astroblème de Charlevoix et le massif Laurentien. Le sentier La Chouenne donne accès, pour sa part, à un sommet de 730 mètres d’altitude avec vue sur la vallée et sur la face du mont Gros Bras. On peut aussi en profiter pour découvrir la charmante Baie-Saint-Paul.

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Le parc national d’Aiguebelle.

6) Le parc d’Aiguebelle, comme carte de visite de l’Abitibi-Témiscamingue

Gros coup de cœur l’été dernier pour Aiguebelle : le symbole distinctif qu’est sa passerelle suspendue, les points de vue des falaises du sentier L’aventurier, mais aussi le décor qu’elles créent lorsqu’on pagaie sur le lac La Haie. En plus du charme de l’endroit (à 45 minutes de Rouyn-Noranda), j’y avais trouvé la sainte paix. Je vous parle d’Aiguebelle, mais j’aurais bien pu vous jaser d’Opémican, dernier né des parcs de la Sépaq. J’ai eu l’occasion de vous le dire dans ces pages : ces deux territoires s’avèrent deux excellentes raisons de visiter l’Abitibi-Témiscamingue, ma révélation de l’été dernier. Je ne suis pas la seule à être tombée sous le charme. François Tremblay, qui personnifie Arthur L’Aventurier et qui connaît le réseau de la Sépaq comme le fond de sa poche, a été aussi séduit que moi par ces deux endroits.