Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
Mylène Paquette aime toujours autant l’eau, particulièrement en packraft.
Mylène Paquette aime toujours autant l’eau, particulièrement en packraft.

L’amour des grands remous de Mylène Paquette

CHRONIQUE / Ils sillonnent le Québec pour chanter, tourner ou partir à l’aventure. Cet été, découvrez les passions et les endroits coups de cœur des personnalités d’ici dans la chronique Sortie prendre l’air.

Sept ans après avoir dépassé l’horizon en traversant l’Atlantique à la rame, Mylène Paquette a gardé intact cet amour de l’eau… et des sensations fortes. L’aventurière a un faible pour le packraft.

Début juillet, elle est allée descendre la rivière Matawin en Mauricie avec l’aventurier Frédéric Dion. Le groupe comptait près d’une dizaine d’aventuriers prêts à affronter de gros rapides. 

« Je pense que c’est notre troisième voyage avec Fred sur la Matawin. L’an passé, mon chum est allé à ma place, on avait un bébé naissant. Frédéric est un guide incroyable, il est vraiment bon. Un jour on sera capables d’y aller seuls, mais pour le moment on a besoin de quelqu’un qui connaît bien la rivière. Il y a plein de choses que je n’aurais pas faites sans lui », dit celle qui a plutôt l’habitude de rapides plus petits. « C’était beau! »

Le groupe a descendu la rivière en rafting et en packraft, une sorte de radeau gonflable conçu pour les rapides, qui a l’avantage de se traîner un peu partout… et parfois même d’éviter des portages qui se seraient révélés ardus.  

« On a surfé sur les vagues… et on a chaviré », lance-t-elle en riant.  

« Depuis trois ans, on a commencé à faire du packraft. C’est du rafting à une personne. Tu ranges tout ton équipement, ton matériel de camping. Tu pars en autonomie complète. Tu peux même mettre un vélo sur le packraft et ensuite continuer en vélo. Une fois qu’il est dégonflé, il n’est pas plus gros qu’une boîte à lunch, c’est vraiment tout petit. »

L’embarcation chavire moins qu’un kayak de rivière et elle est facilement transportable. « Je me rappelle qu’il y a un bout qu’on ne voulait pas faire, il y avait une chute de 30-40 pieds. On a laissé aller le packraft et on a couru », dit-elle en se remémorant l’un de ses périples sur la rivière Matawin. 

« Mon chum et moi, on s’est acheté ça il y a deux ans et demi. On a commencé à en faire, on n’a pas encore beaucoup d’expérience. C’est pas mal notre passion d’été », dit celle qui pratique, en hiver, le canot sur glace. « J’étais enceinte la saison précédente, donc la saison dernière, j’ai fait trois courses. »

C’est son amie Marilyne Marchand qui l’a initiée à ce passe-temps.  Le couple est allé au parc d’eau vive de Valleyfield, et descendu les rapides de Lachine.

« On a essayé une soirée, et le soir même à minuit, on commandait nos packrafts. On était tellement contents! On en a acheté trois, un chaque et un pour le vélo (pour la personne qui part avec en vélo). Depuis, on y va une couple de fois par année. » 

Le couple a aussi suivi des cours de kayak de rivière.

Mylène Paquette est porte-parole du Circuit bleu, une activité de la Fondation Charles-Bruneau qui permet de faire du kayak sur le fleuve, et ambassadrice du Défi Gaia, un événement-bénéfice organisé par Village Monde. 

Dans son livre Dépasser l’horizon, Mylène Paquette raconte comment un séjour en voile sur le lac Champlain a fait naître une étincelle, ce qui allait devenir les prémisses de ce grand rêve. 

« Quand tu as accès à un cours d’eau, tu as accès à la planète, au monde entier. On oublie qu’on est vraiment relié, tout le monde sur la Terre. Ça m’avait bouleversée. »

Elle est d’ailleurs propriétaire d’un voilier. 

« On l’a pas mis à l’eau depuis deux ans parce que j’étais enceinte et parce qu’il y a trop de travaux à faire dessus », dit-elle en ajoutant que l’embarcation n’est pas tout à fait adaptée avec un enfant en bas âge. 

« Je suis plus en petit véhicule maintenant. Avant, j’avais un gros vaisseau à rames, après j’ai acheté un voilier de 25 pieds, et je suis revenue à l’essentiel avec le packraft. »

Elle a aussi suivi des cours de dériveur et en a acheté un aux Îles de la Madeleine.  

Et sur terre? « Mon chum m’a fait découvrir le vélo touring. Au départ, on voulait aller à Terre-Neuve… mais on va aller faire la petite route du Nord avec le bébé », lance-t-elle en riant.

Mylène Paquette a descendu la Matawin en packraft et en rafting avec un groupe d’aventuriers, dont Frédéric Dion.

Ses coins nature au Québec?

« Je suis bien attachée au fleuve et au golfe du St-Laurent. La Gaspésie, les Iles de la Madeleine, la Côte-Nord, ce sont des endroits que j’aime beaucoup fréquenter.  

Mon bateau à rames océaniques est à Sept-Îles, donc sitôt que j’ai la chance d’y aller, j’aime beaucoup y retourner. Habituellement, je vais une fois par année aux Iles. Là-bas, ça peut être autant la voile que le vélo. Il y a toujours plein de gens que je connais. »

Pour faire du packraft :

Aux rapides de Lachine et à Valleyfield 

« On est vraiment des débutants, c’est vraiment une passion naissante. En gagnant en confiance, on va faire des plus grosses rivières. »