Isabelle Pion
Camper sur des terres publiques... de manière ordonnée

Sortir prendre l’air

Camper sur des terres publiques... de manière ordonnée

CHRONIQUE / Camper un peu partout, çà et là, ne me viendrait pas à l’esprit. Trop douillette pour ça, je dois l’avouer. Mais quand même : les Québécois peuvent camper gratuitement sur les terres du domaine de l’État (sans statut faunique ou sans statut de protection). Ces terres publiques occupent plus de 92 % du territoire et se retrouvent principalement au centre et au nord du Québec, selon le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN).

De plus en plus de MRC souhaitent encadrer ce type de camping.

Ainsi, depuis ce printemps, la MRC de Pontiac demande un permis pour camper sur ces terres se trouvant sur son territoire, afin d’encadrer les emplacements choisis et le temps de séjour. La MRC de Pontiac s’est inspirée notamment des MRC de Matawinie et de Lac-St-Jean-Est, dont les règlements prévoient des dispositions sur le camping.

J’ai parlé aux intervenants de la MRC de Pontiac en juin, alors que celle-ci venait de lancer le projet... et avant que l’on ne soit inondé d’images peu reluisantes de ces vacanciers qui campent un peu partout au Québec. Des images, disons-le, assez décourageantes merci. 

À l’origine, l’initiative visait à contrer un problème, observe Mathieu Laroche, inspecteur en bâtiment et baux de villégiature à la MRC de Pontiac.  

Avec tous les déboires que l’on a vus dans les médias, parions que le nombre de MRC intéressées pourrait augmenter.

« Ça nous aide du côté de l’occupation sans droit, ça vient simplifier le processus. Avant, n’importe qui pouvait s’installer pendant sept mois avec une roulotte », note Mathieu Laroche.

« Avant ce règlement, on n’avait pas le pouvoir de donner des constats d’infraction », souligne-t-il en précisant que cela touche l’ensemble du territoire de la MRC.

Dans le cadre de cette mesure, les gens doivent acheter un permis en se rendant sur le site de la MRC.

« En général, c’est du camping libre. Le client choisit son emplacement. Il nous fait parvenir des coordonnées GPS. On s’assure qu’il cible un endroit où il peut être. »

Par exemple, un campeur qui veut s’installer jusqu’à 30 jours doit débourser 50 $ (plus taxes), et 150 $ pour une période entre 31 et 89 jours. Pour 300 $, les gens peuvent s’installer jusqu’à 180 jours, de mai à octobre. Le règlement encadre aussi la distance entre le campement et le cours d’eau.

Comment s’assurer que les gens qui s’installeront à cet endroit ne laisseront pas trop de traces? « C’est ce qu’on va voir cette année. C’est sûr qu’on met des barèmes qu’on demande aux gens de suivre, comme les toilettes portatives. » Il faut dire que jusqu’ici, on comptait davantage sur ces terres des roulottes ou des véhicules récréatifs. 

« On a aussi un formulaire à compléter, lorsque les gens quittent l’emplacement. On demande aux gens de fournir une photo de l’état de l’emplacement une fois qu’il est libéré, pour nous donner une confirmation qu’ils l’ont laissé en bon état sans rien laisser derrière. Ça nous permet de valider que le site est bel et bien libéré et en bon état. » 

Un projet en développement

Aux yeux de la commissaire au marketing touristique de la MRC, Chantal Lair, cette façon de faire peut aussi être vue comme une opportunité touristique, alors que les campings ont plus que jamais la cote. « Il n’y a pas assez de campings dans la région, c’est très en demande par les touristes. Dans notre MRC, on a cinq ou six campings organisés, mais il manque toujours de la place. Éventuellement, j’aimerais avoir des cartes ou de l’information disponible pour les touristes qui ne connaissent pas nécessairement la localisation. Éventuellement, peut-être l’année prochaine, c’est quelque chose qu’on pourrait travailler », fait-elle valoir, en soulignant que le secteur compte plusieurs attraits pour les amateurs de plein air dans la région. Parmi eux, la rivière des Outaouais pour le rafting et le kayak, sans compter les pistes cyclables, comme le Cycloparc PPJ, qui fait environ 92 km.

Pour le moment, la grande majorité des utilisateurs sont des pêcheurs, des quadistes et des chasseurs. « On voit déjà différents types de clientèle s’informer de nous pour des emplacements où s’installer. Ça va permettre de diversifier l’offre et la demande », estime Mme Lair. 

La recherche d’endroits où dormir en camping sauvage se multiplie dans les groupes Facebook de randonneurs et de kayakistes, parions qu’ils pourraient aussi influencer positivement cette demande.

MRC de Pontiac

Isabelle Pion
Un observatoire au jardin

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Un observatoire au jardin

CHRONIQUE / Bien futé qui pourrait deviner que la cour arrière de Daniel Brousseau contient… un observatoire. Pourtant, à côté du jardin luxuriant, son petit garage au toit rétractable contient quatre télescopes, en plein cœur de Sherbrooke.  

En me présentant chez lui, je m’attends à trouver une coupole, à l’image des observatoires traditionnels. Pas question d’avoir un tel aménagement, la question avait été négociée avec sa conjointe, nous dit-il en riant. 

Il nous ouvre plutôt la porte de son garage, où se cache son équipement d’astronomie, et ouvre le toit qui laisse entrevoir le ciel. Mon collègue photographe est tout aussi impressionné que moi.

Daniel Brousseau fait partie d’une vingtaine de personnes au Québec, peut-être un peu plus, qui possèdent un observatoire maison. 

Aujourd’hui à la retraite, il a conçu lui-même l’infrastructure, qu’il peut même commander à distance en hiver, grâce au second ordinateur dans la maison. Le Sherbrookois se passionne non seulement pour l’observation du ciel, mais aussi pour la photo. Un de ses clichés, qui montre une protubérance solaire en arche, se retrouve d’ailleurs au planétarium de Montréal. 

« Le soir, je vais là à 23 h, c’est tellement beau. Il n’y a pas de bruit. Les moufettes et les ratons laveurs m’accompagnent. C’est zen. Observer le ciel, c’est comme de rêver un peu et de voir qu’on est vraiment minuscules face à cette grandeur-là », dit celui qui s’est inspiré d’idées d’autres amateurs américains pour mettre sur pied l’infrastructure. Les quatre télescopes ont chacun leurs fonctions. L’astronome amateur s’intéresse à tout, des planètes aux galaxies jusqu’aux amas globulaires. « Je fais de tout; je suis spécialisé dans le solaire. » 

« La photo astronomique, c’est un défi continuel. C’est compliqué. Il faut faire de longues expositions, il faut les traiter à l’ordinateur. Il faut aimer ça. »  

Le passe-temps est né d’un cadeau de son père : ce sont de simples jumelles qui ont fait qu’il a aujourd’hui peine à détacher les yeux du ciel.  

« Ça a cliqué là et ensuite ça s’est perdu. En 1997, la comète Hale-Bopp, qui était une des très brillantes comme Neowise aujourd’hui; ça vient aux 10 ans ça. J’avais regardé ça et ça avait ranimé ma passion, ma curiosité. Je me suis joint au Club d’astronomes amateurs de Sherbrooke (CAAS). Ma blonde me dit : « C’est pas une passion, c’est une obsession. « » Celle-ci l’a d’ailleurs mené à visiter les grands observatoires dans le monde, et « les hauts lieux de l’astronomie professionnelle et amateur », au Chili comme en Angleterre. 

Malgré la pollution lumineuse, Daniel Brousseau souligne que Sherbrooke, notamment avec ses lampadaires adaptés, s’en tire plutôt bien, comme elle se retrouve dans la réserve de ciel étoilée. « J’ai des bons voisins, je les invite à observer souvent. »

Je voulais lui jaser de perséides, alors que la pluie d’étoiles filantes est attendue du 10 au 14 août.  Mais la conversation a rapidement dévié sur Neowise, cette comète dont parlent plusieurs astronomes de la province en ce moment, et qui sera visible encore pour un temps.

Isabelle Pion
L’ici de Gary Lawrence

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L’ici de Gary Lawrence

CHRONIQUE / Depuis des années, Gary Lawrence nous fait découvrir l’ailleurs, celui où le commun des mortels n’aurait pas pensé se poser. Des destinations qui pourraient bien demeurer des rêves lointains pour la plupart d’entre nous. Ces jours-ci, alors que prendre l’avion nous semble presque une autre époque, il nous permet de nous évader autrement avec la sortie de son livre : Fragments d’ailleurs, 50 récits pour voyager par procuration. Mais celui qui signe des textes dans Le Devoir, L’actualité et qui est rédacteur en chef du magazine Espaces et Évasion n’est pas qu’un grand voyageur cumulant une centaine de pays et de territoires au compteur. C’est aussi un maniaque de plein air qui connaît très bien notre province. L’occasion était belle de lui faire partager ses coups de cœur.

« Je fais beaucoup de randonnée, de vélo de route, de montagne, de gravel bike, un peu de kayak à l’occasion et de surf à pagaie. On a un chalet familial avec la famille de ma conjointe à Bolton-Est. L’hiver, je fais beaucoup de ski alpin, c’est mon sport depuis toujours, et depuis quelques années, du ski de montagne en plus. J’ai essayé le kite skiing aux Îles de la Madeleine et j’ai complètement capoté là-dessus. Surtout que tu peux remonter les îles au complet si tu t’organises bien. C’est vraiment un sport méconnu qui est vraiment génial. »

Et si on lui parle de ses endroits préférés pour la rando? 

« Le Saguenay, j’adore », lance-t-il d’entrée de jeu. Et ce n’est pas que pour ses sentiers pédestres.

« La via ferrata du parc national du Fjord-du-Saguenay, c’est extraordinaire, tout le monde devrait l’essayer une fois dans sa vie. J’ai toujours aimé le contraste entre les montagnes et la mer. La Corse, par exemple, c’est un endroit que j’adore. Le fjord, c’est un peu la même idée de falaises ou de montagnes qui émergent de l’eau. C’est ce que je trouve particulièrement impressionnant dans cette région. » 

L’adepte de vélo rappelle qu’on y trouve aussi son compte en roulant sur les pistes cyclables, avec la véloroute des Bleuets, ou en dévalant des pentes, notamment à la station du Mont-Edouard, à l’Anse-Saint-Jean.

Gary Lawrence a aussi visité les Îles de la Madeleine à plus d’une occasion. 

« J’y suis allé quatre ou cinq fois, avec une gang de chums la première fois il y a très longtemps. C’est mon endroit préféré au Québec à tous égards. J’ai l’impression à la fois d’être au bout du monde et chez moi. Je me sens comme sur un grand navire, toujours en permanence en train d’avancer vers le large. La mer est omniprésente, le vent est omniprésent. C’est comme si on était toujours en mouvement. Les décors et les gens sont extraordinaires. J’y suis allé l’été, au printemps, l’hiver, pour la Mi-Carême, une fête d’origine médiévale. J’en ai profité pour faire du kite skiing à quelques occasions. La seule chose que je n’ai pas faite à mon goût, c’est du vélo. Faire la traversée en vélo, ça me tente aussi, même si je m’attends à bouffer du vent. » 

« Il y a des endroits méconnus ou peu accessibles. L’Île d’entrée, ce n’est pas une grande rando, c’est vraiment un petit univers en soi très écossais, très anglo-saxon. Quand tu vas dans les hauteurs, c’est là que les îles sont les plus élevées en altitude. Il y a des chevaux en liberté et c’est carrément magique. Je vous raconte ça et je l’ai fait il y a 20 ans, mais il me semble avoir lu récemment qu’il y a encore des chevaux en liberté », dit-il en citant aussi les paysages de l’île Brion.

Je fais une digression, ici, pour partager mon amour de l’Île d’entrée, pour ses airs d’ailleurs (d’Irlande, ai-je écrit dans ces pages en 2013) et parce qu’elle a le pouvoir d’arrêter le temps. Fin de ma parenthèse.

Isabelle Pion
Nos parcs nationaux en six coups de cœur

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Nos parcs nationaux en six coups de cœur

CHRONIQUE / «Tu devrais nous faire un top 5 de tes parcs nationaux préférés», m’a suggéré mon collègue bourlingueur. A priori, j’en ai un peu contre les palmarès. C’est comme se faire demander quel pays on a préféré visiter : la réponse est impossible à donner. Mais l’idée a fait son chemin. La popularité qu’a connue la vente de la carte annuelle «parcs nationaux édition spéciale» (140 000 laissez-passer vendus en trois jours) m’a néanmoins donné le goût de vous partager mon amour des parcs de la province. Dans l’ordre ou dans le désordre, quelques coups de cœur.

1) Le parc du Bic, entre mer, îles et montagnes

Isabelle Pion
Paul Doucet : le vélo pour découvrir le Québec

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Paul Doucet : le vélo pour découvrir le Québec

CHRONIQUE / Ils sillonnent le Québec pour chanter, tourner ou partir à l’aventure. Cet été, découvrez les passions et les endroits coups de cœur des personnalités d’ici dans la chronique Sortie prendre l’air.

Le sentiment de liberté totale. C’est l’un des souvenirs que conserve l’acteur Paul Doucet de ses premiers instants à vélo, qui se sont finalement transformés en passion. Un coup de cœur qui l’a amené à parcourir les quatre coins de la province comme porte-parole de la Fondation Charles-Bruneau.

« Dans l’enfance, à partir du moment où on commence à faire du vélo, il y a un sentiment de liberté qui est rattaché à ça, parce que ça te permet de t’éloigner de la maison. J’en ai fait beaucoup adolescent avec quelques chums, dont un ami français qui m’a fait découvrir le Tour de France. Jusqu’à l’âge de 16 ou 17 ans, je ne savais pas que ça existait. C’est quelque chose qui faisait partie de ses origines et qu’il connaissait très bien. Je me suis mis à suivre ça sporadiquement, avec tout l’avènement de Lance Armstrong... évidemment avant sa déchéance. C’était quand même spectaculaire ce qu’il faisait. J’avais toujours caressé ce désir d’avoir un bon vélo de route et de commencer à en faire. Je m’en suis acheté un. Pas longtemps après, j’ai eu une proposition de la Fondation Charles-Bruneau d’aller animer l’arrivée des cyclistes du tour que la fondation organise chaque année. » Il est ainsi devenu, de fil en aiguille, l’un des porte-paroles.

L’acteur qu’on a pu voir dans les récents films québécois Antigone et Les Nôtres devait en être à sa 10e participation au tour CIBC Charles-Bruneau. La 25e édition de l’événement, prévue début juillet, a toutefois été annulée en raison de la pandémie. 

Isabelle Pion
Courir en montagne pour décrocher

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Courir en montagne pour décrocher

CHRONIQUE / Ils sillonnent le Québec pour chanter, tourner ou partir à l’aventure. Cet été, découvrez les passions et les endroits coups de cœur des personnalités d’ici dans la chronique Sortie prendre l’air, qui continuera néanmoins de vous alimenter en suggestions et de braquer son projecteur sur le monde du plein air. Cette semaine, un entretien avec François Tremblay, qui personnifie Arthur L’Aventurier depuis plus de 20 ans.

On sait qu’Arthur L’Aventurier connaît le Québec comme le fond de sa poche. Qu’il a arpenté les parcs nationaux aux quatre coins de la province. Ce qu’on sait peut-être un peu moins, c’est que François Tremblay est un adepte de course en sentiers. C’est comme ça qu’il a souligné ses 50 ans : en courant 50 km.

« La course en sentier, communément appelé en trail, ça fait plusieurs années que je pratique ça. C’est mon sport de prédilection. J’ai fait l’an passé 50 km en trail pour souligner mes 50 ans de vie. J’en fais un autre au début septembre, une course qui s’appelle la Chute du Diable - je me croise les doigts pour que ça fonctionne; ce n’est pas annulé encore. Je me suis aussi inscrit à une course de 50 km parce que ma fête est à la fin septembre : mon but est de faire deux 50 km dans ma cinquantième année. »

« Ce que j’aime, c’est l’immersion en nature. J’ai toujours couru dans le bois. Quand j’étais adolescent à Sherbrooke, j’allais au Collège du Mont-Sainte-Anne et je courais dans les sentiers du mont Bellevue. On était une gang, on faisait du cross-country. Je courais dans les sentiers et on faisait des compétitions entre les collèges. J’aimais beaucoup ça. On y allait le midi, on courait dans la bouette, on revenait, on suspendait notre linge dans le garage de l’école parce qu’on était pensionnaires à la semaine. Le lendemain, on le remettait... et souvent il tenait tout seul », lance-t-il en riant. 

L’artiste aussi adepte de vélo de montagne a perdu cette passion de vue... jusqu’à il y a une dizaine d’années. Le résident de Québec s’est remis à courir sur le sentier linéaire de la rivière Saint-Charles.

Sa première course officielle? La XTrail d’Orford, réalisée il y a quatre ans, lui a donné la piqûre pour de bon. Il en a fait au moins une dizaine depuis.

« J’en ai fait plusieurs depuis ce temps-là : le trail Harricana, la mythique course de la Vallée-Bras-du-Nord... » énumère-t-il entre autres. 

Cette immersion totale lui permet de décrocher. 

« Ce matin, je me suis levé et à 6 h, j’étais dans le bois, je suis parti courir avec le soleil qui se lève. C’est la liberté totale. »

Ses passions ne se limitent pas à la course en sentier : le bois l’appelle. La nature, point, qui semble être inscrite dans la génétique des Tremblay. 

« J’aime beaucoup la pêche aussi. Je vais rejoindre mon frère à Manic-5. Mon père a un vieux chalet là-bas. On découle du père. Il est encore en pleine forme, il a 95 ans et il habite à Windsor (NDLR : où il a grandi). C’est lui qui nous a transmis ça. On a passé notre jeunesse dans le bois. Il avait son chalet à Stoke. On a un chalet familial dans la famille de ma conjointe, dans la région de Portneuf. L’été, on passe pas mal toutes nos vacances au chalet avec les enfants, sur le bord du lac. » 

Cet amour de la nature n’a pas sauté de génération. Ses deux grandes filles sont sportives et actives, et c’est à son aînée, experte en canot, qu’il demande des conseils sur ce sujet. « En famille, on leur a appris à bouger et à être en action. Ça se passe pas mal dehors. »

En tournée depuis 24 ans à travers le Québec, il a développé une connaissance fine du territoire. 

« Quand je vais à Baie-Comeau, il y a une forêt derrière la salle de spectacle, il y a une super trail là, c’est le club de ski de fond. Quand je vais à Havre-Saint-Pierre, je sais où aller courir. Je parle aux techniciens de la salle de spectacle, ils commencent à me connaître. Sitôt arrivé, je n’ai pas mis mon stock dans la loge que j’ai mes runnings et je reviens plein de bouette. C’est un classique. Ce que j’aime, c’est de décrocher de la réalité, d’aller dans la nature qui est ce monde parallèle-là où il n’y a personne. »

Isabelle Pion
Des idées pour s’inspirer

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Des idées pour s’inspirer

CHRONIQUE / Cet été, c’est ici que ça se passe. Malgré les restrictions que l’on connaît, l’occasion est belle de découvrir notre territoire, de le redécouvrir… ou d’aller voir ce qu’on remettait toujours à plus tard. Voici des idées de lecture qui, en prime, devraient vous inspirer.

Des livres

Chez nous, les livres ont la part belle… surtout les livres d’escapades au Québec et les guides de voyage. Ils peuvent pratiquement reconstituer ma ligne du temps ou en dire un peu plus sur mes envies futures.

C’est tout le temps le même scénario : j’en attrape un et je projette ma prochaine excursion. Le projet se nourrit parfois (trop) longtemps avant de se concrétiser, les détours vers d’autres destinations étant légion. Il mûrit parfois pendant des années. 

Guide pratique pour ses cartes, Le Québec cyclable : guide des voies cyclables au Québec permet aux cyclistes aguerris et à ceux du dimanche d’avoir des idées de circuits dans leur région ou ailleurs au Québec, tout en nous parlant des grands classiques, comme le Parcours des Anses à Québec ou le Petit train du Nord dans les Laurentides.

L’Abitibi-Témiscamingue en vélo? Je n’y aurais peut-être pas pensé spontanément, mais la description des étendues vierges et la présence des 22 000 lacs m’en donnent envie. Il faut dire qu’après un saut rapide dans ses deux parcs nationaux l’été dernier (magnifiques Aiguebelle et Opémican), et à la vue des paysages entre les deux, cette visite a provoqué des envies insoupçonnées d’y revenir. Ce bref survol de l’Abitibi-Témiscamingue m’a paru très convaincant… et, je dois l’admettre, a déboulonné certaines idées préconçues. Je ne m’attendais pas à tant de beauté d’un coup.

Isabelle Pion
Du nouveau au mont Hereford

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Du nouveau au mont Hereford

CHRONIQUE / Ce fut ma dernière escapade plein air avant la crise : la vue du mont Hereford sur fond de ciel bleu. Après y avoir mis les pieds en saison estivale lors d’une journée plutôt grise, j’y suis retournée au début du mois de mars tout juste avant que le Québec ne soit mis sur pause. Cette fois, c’est sous le soleil qu’on a pu découvrir la vue du haut de ce sommet de 875 mètres.

La journée était magnifique, pas trop froide, idéale pour randonner. 

L’image du décor hivernal parfait m’a habitée pendant les semaines qui ont suivi : j’étais loin de me douter que c’était le dernier sommet que j’allais grimper au cours des deux prochains mois. Je me souviens être revenue avec une envie d’explorer davantage notre territoire, que je me plais pourtant à découvrir sitôt que j’en ai la chance.  

J’ai découvert le mont Hereford, dans le secteur de East Hereford et de Saint-Herménégilde dans les Cantons-de-l’Est, pour la première fois l’été dernier et je m’étais promis d’y retourner. J’ai d’ailleurs un peu hésité avant de vous en parler; la montagne n’était pas trop achalandée quand j’y suis passée, et c’est très bien ainsi.

Pour bien profiter du week-end, on a séjourné dans l’un des pods de Mont Expérience Hereford, ces petits hébergements en forme d’arche. Princesse, j’avais évidemment choisi celui avec tous les services (électricité, eau, salle de bain!), qui offre tout le confort d’un mini-chalet. Le site offre aussi des sites de camping en période estivale.

La prochaine fois, me suis-je promis, j’en profiterai pour faire la route jusqu’à Saint-Venant-de-Paquette, ce petit village qui me donne l’impression d’être un peu ailleurs... même dans ma propre région.

Les deux fois où j’y suis allée, donc, j’ai eu l’impression que la montagne n’était pas encore assaillie par les visiteurs, même si elle est de plus en plus connue. 

Sa popularité est certainement appelée à croître.

Déjà, la construction d’un refuge l’automne dernier, à environ trois kilomètres du départ du sentier Neil-Tillotson, amène de nouveaux marcheurs, raconte le directeur général de la Forêt Hereford, Dany Senay. 

« Pour beaucoup de gens, la destination est le refuge lui-même parce qu’il est à 3,3 km (du stationnement), ça fait donc six kilomètres aller-retour. Les gens vont dîner là pour admirer la vue, elle est incroyable. » Le relais devient donc une option intéressante pour ceux et celles qui ne veulent pas gravir le sommet et marcher 12 km aller-retour.

Forêt Hereford mène un important projet de développement, lancé en 2018 avec un investissement de plus de 630 000 $, réalisé avec plusieurs partenaires financiers. Le relais refuge, inauguré l’automne dernier, permet d’accueillir pendant la journée les randonneurs, et se transforme en hébergement la nuit venue. Le sentier du cirque a été ajouté l’été dernier. 

Des nouveautés feront aussi leur apparition dans les prochaines semaines. L’organisme prévoit un tout nouvel accès via le chemin Centennial, du côté de Saint-Herménégilde, d’où partiront les sentiers des Urubus et des Géants.

« Ils montent de chaque côté du mont Hereford. Ce sera des sentiers incroyables pour les points de vue, avec les grosses roches et les falaises. Ce sont des sentiers et un stationnement que l’on aimerait ouvrir début juillet », commente le directeur de l’organisme. Deux sentiers de courte randonnée seront aussi accessibles tout près de Mont Expérience Hereford. Ils permettront d’aller observer la chute à Donat et le ruisseau Chabot. 

« Les sentiers vont être tout autour de ça, donc on va avoir des points de vue complètement différents et ils sont vraiment incroyables. C’est surprenant de les avoir si près du stationnement avec si peu d’efforts. » Un tel tronçon, pour de courtes marches, répond aux besoins des petites familles ou des citoyens qui viennent tout simplement marcher.

« Le sentier Neil-Tillotson va demeurer notre colonne vertébrale, les boucles s’y rattachent. » 

Sur trois ans et d’ici la fin de l’année 2020, ce sont quelque 20 km de sentiers de randonnée et de vélo de montagne (sous l’égide de l’organisme Circuits Frontières) qui ont et seront développés.

L’année 2020 clôt ce plan sur trois ans, mais Forêt Hereford caresse encore d’autres projets dans une seconde phase, dont ériger une tour d’observation au sommet. L’organisme souhaite aussi y aménager un court sentier pour profiter du décor des montagnes frontalières.

Isabelle Pion
Le plein air comme thérapie

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Le plein air comme thérapie

CHRONIQUE / Jamais n’a-t-on entendu parler autant des bienfaits du plein air… que pendant cette période où son accessibilité est beaucoup plus limitée. Heureusement, depuis cette semaine, les portes du territoire québécois se rouvrent graduellement. Un peu partout, on a plaidé l’importance d’avoir accès à la nature. Parallèlement, alors que les écoles se cassaient la tête afin de trouver de la place à leurs élèves en cette ère de distanciation, des intervenants se sont fait entendre pour que l’extérieur fasse partie de la solution.

Directeur technique chez Rando Québec, Nicholas Bergeron a vu s’accumuler, comme intervenant pour l’organisme Face aux vents, des petites victoires chez des jeunes et des adultes qui jonglaient avec plusieurs défis.

Isabelle Pion
La réouverture des sentiers, un chantier complexe

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La réouverture des sentiers, un chantier complexe

CHRONIQUE / Je crois que l’on est quelques-uns à s’être sentis comme des enfants de quatre ans devant une aire de jeu quand Québec a annoncé mercredi la réouverture graduelle des sentiers de randonnée à compter du 20 mai. Parce que la nature a beau se contempler peu importe où l’on est, le terrain de jeu avait considérablement rétréci.

Sans les parcs nationaux, additionnés à des endroits de prédilection comme le mont Ham ou les sentiers du Parc d’environnement naturel de Sutton, les possibilités de randonnée fondaient considérablement. J’ai eu beau sourire en voyant la nouvelle, j’appréhende un peu la foule qui se ruera vers les parcs et les sentiers.

Isabelle Pion
Un nouveau souffle pour le tourisme d’aventure ?

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Un nouveau souffle pour le tourisme d’aventure ?

CHRONIQUE / L’arrière-pays, parfois difficile d’accès, pourrait-il devenir un terrain de jeu plus convoité? Le tourisme d’aventure pourrait-il connaître un nouveau souffle postpandémie? Fortement ébranlée par la crise sanitaire mondiale, l’agence Karavaniers déploie de nouveaux forfaits qui permettront de découvrir des endroits beaucoup moins explorés. L’exotisme tant recherché pourrait bien se trouver plus près de chez nous... du moins à court et moyen terme, nous dit la professeure Pascale Marcotte de l’Université Laval.

Au bout du fil, Richard Remy, président et fondateur de Karavaniers, raconte que l’idée avait fait son chemin avant la crise.

Isabelle Pion
Voir le monde à vélo

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Voir le monde à vélo

CHRONIQUE / C’est l’une des plus belles façons de découvrir le Québec, et de redécouvrir nos propres paysages : en le parcourant à vélo. Je ne suis pas de celle qui gobe des kilomètres et des kilomètres pendant la saison estivale, mais le vélo n’est jamais bien loin, pour une sortie de quelques heures ou pendant les vacances. J’ai revisité des régions en y pédalant (allô, le Saguenay-Lac-Saint-Jean), et ça demeure un magnifique outil de contemplation, même devant les paysages vus maintes et maintes fois (Sherbrooke-North Hatley : que voulez-vous, on y revient souvent, pour ne pas dire tout le temps).

Nos régions ont plusieurs visages, et on peut les (re)découvrir de multiples façons. Prenez la grandeur des Chic-Chocs, visitées à deux reprises en période estivale... et découvertes sous un tout autre jour en plein hiver. Nos régions nous livrent les décors qu’on se donne la peine de découvrir... même si ça demande parfois un certain effort. Pour moi, l’image bucolique des Cantons-de-l’Est, c’est notamment ces vieilles maisons sur lesquelles plombe le soleil, encadrées par des arbres, juste en bordure de la piste cyclable entre Ayer’s Cliff et Stanstead. Celles des tortues qui se font bronzer, du grand héron ou du cerf qui détale à mon arrivée. Des images toutes glanées en pédalant et que je n’aurais pu voir autrement.

Isabelle Pion
Des nouvelles des aventuriers confinés

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Des nouvelles des aventuriers confinés

CHRONIQUE / Ils carburent aux découvertes, aux terrains inexplorés, aux vastes terrains de jeu. Comment se portent nos aventuriers confinés? La Tribune s’est entretenue avec Julien Bilodeau et Frédéric Dion.

En mars 2021, Julien Bilodeau et ses coéquipiers doivent entreprendre une traversée du Canada, du nord au sud. L’objectif : parcourir quelque 8000 km en vélo, canot et ski de fond.

Profiter du spectacle de la faune

Plein air

Profiter du spectacle de la faune

Chronique / Randonner est l’un de mes plus grands plaisirs, atteindre un sommet en est un autre. Si, en plus, j’ai la chance d’observer quelques minutes un grand pic, un cerf de Virginie ou un orignal, le bonheur est décuplé. Ces jours-ci, je n’ai pas de grande randonnée ou de sommet en vue, mais la faune ailée, elle, continue de se donner en spectacle. Pour Julie Audet, photographe animalière, on a toujours quelque chose à observer... même dans sa cour.


« Le confinement, c’est sûr que ce n’est pas facile. On est forcé d’adapter nos modes de vie plus actifs. Ça amène un côté positif; ça nous amène à reconnecter avec l’essentiel, avec la nature autour. Ça nous force à voir les choses différemment, à changer nos perspectives. Je me fais un devoir de dire aux gens qu’on peut profiter de la nature de chez soi. » 

« De chez moi, j’ai une mangeoire. À cette période-ci, c’est le meilleur moment pour faire de l’observation. Les oiseaux sont hyper actifs parce que c’est la période de reproduction. »

Cette citoyenne de Québec a la chance de profiter d’une rivière à quelques pas de la maison, ce qui a pour effet d’attirer des visiteurs intéressants. Elle raconte, au bout du fil, avoir vu un castor passer tout bonnement près de chez elle.

Elle dénombre beaucoup d’oiseaux, des écureuils et des tamias, sans compter la présence, parfois, de marmottes, de porcs-épics et de ratons laveurs. Bref, pas mal de visiteurs susceptibles de se transformer en sujets photographiques.

Isabelle Pion
Et si on levait les yeux au ciel?

Sortie prendre l'air

Et si on levait les yeux au ciel?

CHRONIQUE / C’est l’un des spectacles qui m’émerveillent le plus : lever les yeux vers le ciel étoilé et constater à quel point il brille. C’est comme un arrêt sur image dans la nuit noire, encore plus parfait dans le silence complet. Moment parfait, moment trop rare.

Et si, avec le temps libre qui se dessine, le fait d’être « pris » à la maison, on avait envie de se trouver un coin de ciel illuminé?

Isabelle Pion
Le Québec ferme mais la nature s’éveille

Le Mag

Le Québec ferme mais la nature s’éveille

CHRONIQUE / Pour la première fois de ma vie, je me réjouis de ne pas être en voyage. Ni même d’avoir de plan. J’ai vu des êtres chers passer beaucoup de temps à se dépêtrer avec les assurances et les compagnies aériennes. J’ai vu mon amie agente de voyages passer près de s’arracher les cheveux et j’ai eu chaud pour une « vieille » amie qui a passé à un fil de rester prise en Argentine. Et dire qu’à cette période-ci l’an passé, je préparais un trek sur l’île de Madère.

Jamais été aussi contente d’aimer le plein air, me suis-je dit ce week-end. Plus de voyage à l’horizon, ni même de représentations pour le théâtre. Moi qui étais si heureuse d’aller voir Les trois sœurs au Théâtre du Nouveau Monde… comme mon amie, j’étais dans le déni. En entendant d’abord que les représentations étaient limitées à 250 places, je me suis précipitée pour voir combien de places comptait le TNM. Ça, c’était avant qu’on ne saisisse l’ampleur de la chose. Avant qu’on voie les annulations partir en vrille partout au Québec. Avant que les écoles, les cinémas et une kyrielle de commerces se mettent à fermer.

Isabelle Pion
Dernière chance hivernale

Sortie prendre l'hiver

Dernière chance hivernale

Envie de profiter des derniers soubresauts de l’hiver? Quelques nouveautés ont fait leur apparition au parc national du Mont-Mégantic.

Les amoureux de ski nordique peuvent essayer le tout nouveau tracé, qui donne maintenant accès directement à l’observatoire… et tous les points de vue exceptionnels qui viennent avec lui. « On a refait le tracé, on a déplacé l’arrivée. Avant on n’allait pas au sommet, alors qu’on a de beaux points de vue. On arrive à l’observatoire et ensuite on redescend. Les points de vue sont vraiment exceptionnels », explique la directrice du parc, Nathaël Bergeron. Il s’agit d’un parcours pour experts, principalement en raison de la durée et du dénivelé. « Ça donne accès à toute l’épaule du mont Mégantic. » Avant, le sentier faisait plutôt le tour de la montagne. Le sentier de 22,5 km est le seul parcours de ski nordique du parc. 

Si l’envie vous prend de découvrir le sentier pendant la relâche, les conditions sont très belles, assure Mme Bergeron. 

Le mont Mégantic est reconnu pour ses conditions exceptionnelles de neige. D’ailleurs, selon les conditions météo, il peut arriver que la saison hivernale s’étire jusqu’en avril. « On a parfois des gens qui arrivent en espadrilles en avril ou en mai et il y a encore de la neige au sommet. »

Autre nouveauté, cette fois à découvrir tout au long de l’année : le tout nouveau refuge du mont Saint-Joseph, ouvert l’automne dernier. Le refuge est un conteneur reconverti, qui sert de relais pendant le jour et devient accessible uniquement à ses locataires à 16 h. Le conteneur lumineux remplace l’ancien refuge, qui connaissait aussi une belle popularité. 

« Il est tellement hot! » lance, pleine de fierté, la directrice. Il est ouvert à l’année. On l’a inauguré cet automne. Il fonctionne super bien. Son taux de fréquentation est de 100 % d’ici la fin avril. Les gens le trouvent magnifique », lance Mme Bergeron, en soulignant la vue exceptionnelle des lieux. 

Avis aux intéressés : si vous souhaitez allez y séjourner, réservez à l’avance. « C’est notre meilleur refuge en termes de fréquentation en raison de sa localisation… »

Le parc du Mont-Mégantic caresse deux importants projets : l’aménagement d’une descente en luge et l’aménagement d’un refuge de 16 places. Le parcours de luge verra le jour sur la route existante qui mène au sommet du mont Mégantic. 

Le refuge, lui, comptera 16 places. Le parc prévoit convertir la résidence des astronomes pour aménager le nouveau refuge. « Les activités de recherche n’arrêteront pas, précise Mme Bergeron. Ce bâtiment-là est un peu trop grand pour leurs besoins et ça permet de l’utiliser. » Le bâtiment comptera six chambres doubles et un dortoir. Pour ces deux projets, l’échéancier visé est toujours de 2022. 

Vous pouvez aussi profiter de la relâche pour découvrir deux nouveaux sentiers hivernaux au parc de la Gorge de Coaticook. Les sentiers de la montagne et de la promenade totalisent 6,5 km, et se marchent sans raquettes ni crampons. Les raquetteurs, eux, ont le choix entre 21 km de sentiers. Le sentier de la promenade, multifonctionnel, est aussi ouvert aux vélos à pneus surdimensionnés, et parfait pour ceux et celles qui souhaitent s’initier à ce sport.

Suggestions ou commentaires? isabelle.pion@latribune.qc.ca

Isabelle Pion
Parc national de la Gaspésie : une École de montagne pour déjouer les avalanches

Sortie prendre l'air

Parc national de la Gaspésie : une École de montagne pour déjouer les avalanches

CHRONIQUE / Six skieurs grimpent les environs du mont Albert en peau de phoque. Soudainement, une avalanche les surprend. Ce n’est pas de la fiction : un événement semblable est bien survenu il y a plus d’un an. C’est justement pour sensibiliser les amoureux de poudreuse et de montagnes que la Sépaq, en partenariat avec Ski Chic-Chocs, a créé l’École de montagne, qui offre notamment de la formation sur les risques d’avalanche et l’initiation en ski haute route. Les raquetteurs qui ont envie de s’aventurer en zone alpine peuvent aussi suivre la formation. L’objectif : s’amuser en sécurité.

Un mardi matin de janvier frisquet, le copropriétaire de Ski Chic-Chocs, Gabriel Gagnon, réunit notre bande de journalistes… dans le stationnement du gîte du Mont-Albert. 

L’opération : retracer un objet enterré dans la neige... qui pourrait être l’un d’entre nous.

L’exercice fait suite à une présentation sur l’École de montagne et quelques grandes lignes sur les avalanches. Le matériel de sécurité proposé aux sportifs qui se rendent en zone à risque comprend trois éléments essentiels : un détecteur de victime d’avalanche (DVA), qui émet des ondes, une pelle et une sonde. 

Dans le stationnement, une fois le DVA activé, un signal nous indique à combien de mètres se trouve notre victime. Nous formons une ligne de la largeur du stationnement, et plus nous nous rapprochons de la localisation, plus la distance en mètres diminue… jusqu’à ce qu’on arrive au point où l’on doit sortir la sonde et la pelle pour la déterrer.

Les avalanches sont classées de taille 1 à 5, 5 caractérisant une avalanche qui peut détruire un village. 

Chaque jour, l’équipe consulte les bulletins de l’organisme Avalanche Québec. Dans les Chic-Chocs, la majorité des accidents surviennent avec des avalanches de taille 1 ou 2. 

« On parle davantage de traumatismes à cause de la végétation et de la roche », note Gabriel. Au cours de l’accident survenu il y a un an et demi, deux skieurs ont subi des séquelles. 

L’objectif est avant tout de faire de la sensibilisation et de faire comprendre aux gens les risques associés, note Stéphane Gagnon, copropriétaire de Ski Chic-Chocs. 

L’École de montagne met à la disposition des gens une flotte d’équipements, composée du DVA, de la pelle et de la sonde. « On veut une école pour démocratiser la montagne et transmettre des connaissances », note le directeur du parc, Pascal Lévesque. 

L’École nous présente à grands traits ce qui est offert au public : une formation théorique et la possibilité d’aller jouer sur le terrain.

Jeudi matin. Le ciel est bleu parfait, le mercure, idéal pour randonner. La veille, mes collègues et moi avons hésité entre trois randonnées : le mont Olivine, le mont Vallières-de-Saint-Réal et Hog’s Back. Finalement, pour différentes raisons, notre choix s’arrête sur ce dernier.

Le sentier d’environ 6 km nous mène au sommet en environ une heure et demie, après une montée assez soutenue. Le temps est clair et le mont Albert, tout blanc, s’offre à nous dans toute sa splendeur.

Un membre du groupe estime qu’il s’agit de sa plus belle randonnée hivernale. Je me remémore mes plus beaux trajets hivernaux et celui-ci en fait assurément partie. Le paysage des Chic-Chocs, découpé de ciel bleu et de blanc, me jette tout simplement par terre. 

Isabelle Pion
Julien Bilodeau repart à l'aventure

Sortie prendre l'air

Julien Bilodeau repart à l'aventure

CHRONIQUE / Il y a presque cinq ans, Julien Bilodeau traversait le Canada de Montréal aux Territoires du Nord-Ouest. Avec ses compagnons de l’aventure Les chemins de l’or bleu, le Sherbrookois avait parcouru près de 7000 km. L’aventure l’appelle de nouveau. Cette fois, ses trois amis d’enfance et lui entendent partir en 2021 du point le plus haut au Canada (Ward Hunt) pour descendre au point le plus au sud, à Pointe-Pelée au lac Érié. Le groupe alternera entre ski de fond, canot et vélo sur une distance d’environ 8000 km au cours de cette expédition appelée AKOR 2021.

En 2015, l’équipe était partie de Montréal en avril et avait terminé son périple à Tsiigehtchic à la fin octobre, près d’Inuvik, à une centaine de km de l’océan Arctique. « On avait été pris par la glace. On avait le sentiment du devoir accompli. On avait fait 6850 de nos 7000 km. On était fiers d’avoir terminé, l’hiver nordique s’installait. On était des canoteurs, on n’était pas équipé pour marcher sur la glace… On avait cru bon d’arrêter l’expédition à ce moment-là, avec le sentiment du devoir accompli. » Julien sera accompagné de Guillaume Moreau, Nicolas Roux et François Brassard.