Adepte du ski de montagne, Francis Laurier-Busque montre ici comment on enlève la bande antidérapante qu'on peut placer sous ses skis lorsqu'on veut gravir plus aisément une pente. On l'aperçoit ici avec Anthony Lepage, un de ses anciens collègues à la boutique Vivre à fond à Magog.

Ski de montagne : un sport en plein développement en Estrie

Sans doute parce que les montagnes de l'Estrie sont nettement moins imposantes que les Alpes, les Rocheuses ou même les Chics-Chocs, le ski de montagne ou avec peau de phoque a mis du temps à se développer dans la région. Mais on voit chaque hiver davantage d'amateurs de ce sport sur les montagnes estriennes depuis quelques années. Et rien ne laisse présager un fléchissement de la tendance à court ou moyen terme.
Le ski de montagne se pratique avec un équipement semblable à celui utilisé par les skieurs alpins ou de randonnée. Les amateurs préfèrent toutefois effectuer l'ascension des montagnes auxquelles ils s'attaquent en se déplaçant un pas à la fois. Pas question pour eux de monter à bord des remontes-pentes, un choix tout à fait judicieux pour quiconque espère accroître ses capacités cardio-vasculaires.
Pour plusieurs adeptes, ski de montagne rime avec grands espaces, neige poudreuse et aventure. Les montagnes d'une certaine hauteur qui sont peu fréquentées par l'homme constituent évidemment des destinations de prédilection pour ceux-là.
Dans les monts Chics-Chocs en Gaspésie ainsi dans la partie nord-est des États-Unis, on retrouve des sites qui se prêtent parfaitement à la pratique de ce sport. Mais de nouvelles destinations ont vu le jour en Estrie au cours des dernières années.
Situé dans la MRC de Coaticook, le mont Hereford fait partie des nouvelles destinations pour les amateurs de ski de montagne. Ski mont Hereford a lancé ses activités en 2015 en tablant sur la popularité grandissante de l'activité.
Les skieurs peuvent descendre sur deux versants et franchissent un dénivelé de 450 mètres lorsqu'ils amorcent leur descente à partir du sommet du mont Hereford. « On propose une vraie expérience de plein air, mais à l'intérieur d'un cadre organisé. Ça plaît à pas mal de gens, surtout parmi ceux qui connaissent moins les spots plus secrets », note David Lauzon, président de Circuits frontières, l'organisme qui chapeaute le projet.
Plus loin vers l'est, plus précisément dans le secteur de Chartierville, Ski Eldorado n'a pas encore soufflé une première bougie. N'empêche, ses responsables parlent déjà de créer cinq à six sites de descentes. Un premier a vu le jour à la fin de 2016 et un autre s'ajoutera normalement à court terme.
« C'est un projet-pilote qu'on a mis sur pied, précise Camille-Antoine Ouimet, un des responsables de Ski Eldorado. La réponse du public est bonne jusqu'à maintenant. Entre autres, on a réussi à attirer une trentaine de bénévoles alors qu'on en souhaitait une dizaine seulement. »
Évidemment, il existe en région d'autres sommets peu fréquentés où la pratique de ce sport est possible. Mais les propriétaires ne consentent pas tous à accueillir des skieurs en mal d'aventures enneigées.
Dans les stations de ski
Bien que les adeptes de ce sport font appel à leurs jambes plutôt qu'à des moyens mécaniques pour gravir les pentes, ils ne boudent pas tous les stations de ski. Plusieurs se rendent d'ailleurs à la station Mont-Orford toutes les semaines.
Théoriquement, ce sport est interdit à l'intérieur du domaine skiable de la station, mais les adeptes ont trouvé différents moyens pour contourner la réglementation. Par exemple, ils amorcent leur montée avant l'ouverture des pistes en matinée ou débutent une fois que le centre de ski est fermé, en soirée.
Président de la Corporation ski et golf Mont-Orford, Jacques Demers est conscient que l'interdiction existante n'est pas toujours respectée et il aimerait qu'on trouve une solution à long terme.
« En ce moment, on regarde les possibilités qui existent avec la Société des établissements de plein air du Québec, qui gère le parc national du Mont-Orford. La directrice du parc, Brigitte Marchand, doit tenter d'élaborer une solution à long terme. Mais, en attendant, c'est possible qu'on enlève dès cet hiver l'interdiction dans certaines circonstances pour démontrer notre ouverture », révèle M. Demers.
M. Demers spécifie que les amateurs de ski de montagne devront débourser un petit montant d'argent pour avoir le droit de pratiquer ce sport à la station Mont-Orford.
« On rencontre des gens qui sont des amateurs de ce sport et des propriétaires de boutiques qui vendent de l'équipement. Or, tout ce monde nous dit qu'il comprend notre intention d'émettre des billets pour cette catégorie d'usagers spécifiquement. En plus, ce qu'il faut savoir, c'est que le coût qui serait imposé serait relativement faible », explique M. Demers.
À la station Owl's Head, on permettait ces dernières années aux adeptes de skier en forêt dans une zone non desservie par un télésiège. Mais la montagne a temporairement mis fin à l'expérience pour des raisons de sécurité et d'assurance, révèle le propriétaire des lieux, Fred Korman.
« Disons que les skieurs qui allaient dans notre zone back country n'étaient pas très nombreux, admet M. Korman. Malgré tout, on ne ferme pas la porte à ce sport. On veut cependant prendre le temps d'analyser la situation avant de reprendre l'expérience amorcée. »