Myriam Bouchard

Limiter la propagation... des ITSS!

CHRONIQUE / Qui dit activités sexuelles, dit obligatoirement risque d’infection. Et c’est aussi vrai pour le paquet d’adolescents et d’adolescentes nouvellement actifs sexuellement que pour le nombre important d’adultes, jeunes et moins jeunes, qui s’adonnent, ici et là, à la nouveauté ou à une certaine liberté.

Pour diminuer les risques d’infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS), diverses stratégies existent. La principale voie reste certainement l’éducation à la sexualité, afin que chacun soit outillé pour adopter des pratiques sexuelles sécuritaires. Et ça, aussi bien le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) que l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) le proclament. Bien que les grandes lignes soient connues, plusieurs ignorent certaines subtilités de la transmission. Pour éviter les infections, voici quelques informations pratiques.

Masturbation

L’auto-infection est bel et bien possible, confirment le MSSS et l’INSPQ. L’auto-inoculation d’un site à l’autre est envisageable lors d’une séance de masturbation solitaire, par exemple. La chlamydia, la gonorrhée, le virus du papillome humain et l’herpès simplex se transmettent d’un orifice à l’autre.

De ce fait, si vous en êtes atteint, lavez vos mains avant de vous caresser ou de gratter la région touchée, et avant de faire des gestes du quotidien comme mettre ses verres de contact ou ronger ses ongles!

baiser

Nombreux sont ceux cherchant à savoir s’il y a risque de transmission via les baisers. Le MSSS précise que la présence de sang dans la salive de la personne infectée et de microlésions dans la bouche du partenaire non infecté représente un risque faible pour la transmission du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et des virus de l’hépatite B et C.

Pour ce qui est de la mononucléose infectieuse, qui n’est pas considérée comme une infection transmise sexuellement et par le sang, Santé Canada affirme qu’elle se transmet surtout par contact sexuel ou par la voie orale, via la salive de personnes infectées.

Les maladies du baiser existent donc réellement!

pénétration avec les doigts

La pénétration vaginale ou anale par les doigts, souvent reine des préliminaires, comporte des risques d’inoculation, bien que certains les minimisent. D’ailleurs, plusieurs y ont recours lorsque la contraception est impossible ou inaccessible. Mais c’est une erreur!

En effet, selon les sources citées précédemment, la pénétration digitale ou manuelle peut aussi causer des traumatismes aux muqueuses du vagin ou de l’anus, et ces lésions favorisent par la suite la transmission d’une ITSS, si cette pratique est suivie d’une pénétration sans protection. Il faut donc faire attention!

yeux

Du sperme ou des sécrétions vaginales ou anales dans les yeux, c’est du déjà-vu! Magnifiée dans la pornographie contemporaine et dans diverses modes sexuelles, l’éjaculation en plein visage est une cause de la contamination oculaire.

L’Association canadienne des optométristes appelle d’ailleurs à la prudence. Certaines ITSS peuvent être transmises aux yeux par le contact direct des fluides génitaux ou anaux, ou lorsqu’une personne infectée se frotte les yeux après avoir touché ses parties génitales.

Jouets

Parce que les bactéries et les virus peuvent s’y loger, à chacun ses jouets, ai-je envie de dire aux grands de ce monde! Abstenez-vous de prêter vos joujoux sexuels à qui voudrait les emprunter. Le risque de transmission est réel.

Sinon, minimalement, un grand ménage est de mise, avec une eau savonneuse, de même que l’utilisation d’une protection.

condom

Le condom est à la fois un moyen de contraception et un moyen de limiter la transmission des infections. Comme les risques ne se limitent pas à la pénétration, soyez prudents et utilisez-le!

La santé avant tout!