Le vibrateur n’est pas un rival

Bonjour madame. D’emblée, quel courage que cette confidence. Aucune femme sur terre ne souhaite douter du tonus de son vagin et encore moins s’en faire récriminer. Bravo. A priori, qu’en est-il de cette histoire de « vagin lousse » comme vous le dites si bien? Ce dernier, cet organe menant l’orifice vaginal au col utérin, est constitué principalement de muscles ayant une capacité remarquable de s’agrandir pour ensuite revenir à ses valeurs initiales. À ce titre, rappelez-vous du passage de la tête de votre petit dernier… Une image vaut mille mots, dit-on !

De ce fait, d’une grosseur de pénis à l’autre, « monsieur vagin » se voit apte à tous les envelopper sans faire de différence entre celui de Pierre, Jean, Jacques ou encore du godemiché vedette de votre boutique coquine préférée. N’ayez crainte. 

Ceci dit, comme pour tous les membres du système musculaire, il va de soi ici de parler d’élasticité, de tonicité, de force, d’endurance. Sans voler le chapeau du physiothérapeute, je vous dirai qu’un vagin en forme, mais encore plus un plancher pelvien, sont officiellement garants d’une musculature digne de l’étau de l’établi du sous-sol. Si vous craignez le « vagin lousse », tel que nommé précédemment, à vous la mise en forme de cet endroit trop souvent négligé ! Allez hop, à vous les exercices de Kegel et compagnie. 

Son vibrateur, mon rival

Bien entendu que j’ai déjà vu de ces hommes inquiets du fait que leur douce se masturbe, mais pire encore, qu’elle ne se contente pas de ses doigts, mais plutôt d’une forme phallique capable de beaucoup. Au-delà d’une grosseur précise, je parle de vibrations, de rotations, de textures, de capacités clitoridiennes et vaginales. De quoi douter de sa propre expertise chez certains. 

Louables que tous ces soucis ? Bien sûr. De là à les projeter sur une conjointe qui, je vous le rappelle, ne fait que se masturber ? Jamais de la vie ! Une crainte, quelle qu’elle soit, nécessite d’être nommée, expliquée, désamorcée de façon à être apprivoisée. Un couple capable de communication sera en mesure de discuter de l’enjeu du vibrateur sans escalade, réprimande, accusation, actes de jalousie et contrôle. L’exemple de crier à l’élargissement vaginal sous prétexte d’un non-vouloir masturbateur m’apparaît une cause à effet « boboche » témoignant d’une souffrance possible.

Mon corps, c’est mon corps !

Permettez-moi cette confidence. Me voilà toujours estomaquée à l’idée qu’un ou une partenaire soit outrée par la masturbation de l’autre. Ma raison s’explique par cette question, en quoi est-ce de ses oignons ? Ces gestes commis par soi et pour soi se rapportent à sa propre intimité, chasse gardée de l’individu. 

Comment se fait-il alors que chéri(e) soit au courant, primo, mais pire encore, sache le comment, le quand et le pourquoi ! Que vous soyez adeptes ou non de la branlette, libres à vous de le garder pour vous ! À chacun son jardin secret.

Un beau bonheur que de répondre à vos questions sous le couvert de l’anonymat. Ce qui vous chicote en chicote toujours un autre, n’ayez crainte de me questionner.