La normalité sexuelle, c'est quoi?

CHRONIQUE / « Myriam, Myriam… Dis-moi si je suis normal »

En quête de normalité sexuellement parlant, l’êtes-vous ? 

Assez, trop, comme ci, comme ça, peu, abusivement ou encore raisonnablement, louables que ces interrogations à savoir s’il y a normalité, ou pas, en terme d’habitudes sexuelles. D’où, d’ailleurs la raison pour laquelle je me dois de revenir pour une seconde fois sur ce sujet. L’humain étant ce qu’il est, cette volonté de se rassurer en étant, ou en se conformant, à cette moyenne dite normative témoigne de ce besoin probable de sécurité, de confirmation, voire de confiance. Histoire d’apaiser ces inquiétudes trop souvent nommées en consultation, je vous propose MA vision de cette maudite normalité ! 

C’est quoi ça ?

Oui, dites-le-moi ! C’est quoi ça, être normal ? Et tant qu’à y être, expliquez-moi donc qui a établi ces règles, normes, prescriptions définissant, supposément, la conformité de cet état apparemment normal. Oui, si vous le connaissez, présentez-le-moi afin que je lui remette les pendules à l’heure de mon horloge sexuelle !

Qu’on se le dise, la sexualité ne comporte aucun assujettissement précis si elle est appliquée au sens de la loi empêchant ainsi la victimisation de pauvres gens. À vous alors d’établir votre propre charte.

Belle ou pas

Fesses à la peau d’orange, poils aux mamelons, prépuce trop long, petites lèvres prédominantes, pubis gras, tablier au ventre, seins galettes, toujours loin des standards que votre apparence physique ? Fréquentes sont ces confidences m’expliquant une retenue certaine dans les pratiques sexuelles expliquée par des complexes physiques de l’anatomie la plus intime. 

Absence de nudité, sexe dans le noir, stratégie des plus complexes pour cacher cet aspect qu’il ne faut voir, tous des moyens pour remédier à « l’anormalité physique ». Et si ce modèle comparatif constamment suggéré l’était lui aussi non singulier de par son irréalisme ? Aimez-vous !

Fréquence

« Me semble qu’un couple normal devrait faire l’amour deux à trois fois par semaine ? »

La santé sexuelle d’un couple ne se définit pas le nombre de crochets faits au calendrier le soir des grandes veillées, mais plutôt par le plaisir qui en découle, l’agrément de ses rapprochements et le niveau de satisfaction physique et émotionnelle des deux partenaires. Exit, comptabilité ! La relation sexuelle est bien plus qu’une question de fréquence. À vous de miser sur la qualité plutôt que la quantité. 

Pratique

« On fait toujours les mêmes affaires ! »

Possible que vous soyez du type plus casanier qu’aventurier, mais après ! ? Je vois de ces couples voulant chambouler leurs accoutumances par obligation d’essayer la pratique du moment. Avoir recours à la sodomie, aux pratiques sadomasochistes, à l’échangisme ou autres quand l’envie n’y est pas n’a rien de banal. En fait, cette pression s’avère souvent lourde de sens, mais aussi de conséquences. Changer une solution gagnante, pas nécessairement une bonne idée. 

Fantasmes

En avoir, acceptable ou pas ? La culpabilité d’avoir des idées «olé olé» m’est souvent répertoriée. Davantage si elles reposent en plus sur une personne autre que chéri d’amour ou qu’elles surviennent au moment de l’acte ! Non, le fantasme n’est pas une cause d’adultère. Au contraire, je le compare même à cette roue de secours suppléant à cette baisse d’excitation pouvant entraîner diverses difficultés. Après tout, ce qui se passe dans votre tête reste dans votre tête, non ? La personne sans imagination n’a pas d’ailes… dit-on. 

Pour vous, qui vous souciez peut-être d’être comme tout le monde et parce qu’il me reste encore trop de points à normaliser, je vous donne rendez-vous le week-end prochain pour la suite de ce dossier. Au plaisir.