Est-ce si compliqué de faire l’amour ?

CHRONIQUE / « Que c’est donc compliqué faire l’amour avec elle ! Trop tôt, trop tard, pas du type matin, encore moins du soir, toilette non faite, épilation encore moins, trop fatiguée, trop enrhumée, trop courbaturée, journée trop chaude, hiver trop froid, enfants trop présents ou encore sous le seuil de la porte, cycle menstruel peu collaborateur, physique non satisfaisant, maux de dos, mal de tête, mal aux poumons, mal aux rognons… va-t-on finir par pouvoir le faire ! », me clamait cet homme tari de simplicité.

Réellement complexe que d’avoir cette relation sexuelle tant convoitée ou tout simplement plus facile de constamment la repousser ? La voici la réelle question ! Puisqu’il y a une différence entre vouloir ET ne pas pouvoir versus présumer pour mieux éviter, explorons ces deux options.

Trop, c’est trop !

Rien de si unique que les manœuvres de cette conjointe ! Je le comprends et le consens, la main sur le cœur, que d’avoir des rapprochements sexuels peut être réellement compliqué pour le commun des mortels. Juste de tenir le cap par rapport à cette charge mentale continuellement redoublée s’avère un facteur de vulnérabilité majeur à la libido proprement dite, imaginez alors le reste...

Trop, c’est trop. Être surmené tend à augmenter considérablement cette vision poussant à voir l’univers sexuel comme étant ce plus, cet ajout, voire cette goutte faisant déborder le vase du désir, croyez-le.

Réalité d’autant plus vraie lorsque le partage du quotidien s’avère inégal au sein de la dyade que constitue le couple, lorsqu’il y a blessures, manque de considération, d’attention, de reconnaissance, alouette.

Face à ce grand témoignage, ma réponse à cet homme fut certainement de l’amener à poser d’abord un regard critique sur lui-même. Qui sait, peut-être trouvera-t-il en lui la justification motivant une pareille doléance. Allons savoir...

Prétexte

Imagination, fabulation, invention, mensonge, génie, est-ce possible que l’humain, aussi bienveillant soit-il, puisse user de stratagèmes pour s’exempter d’une besogne quelconque ? Absolument et la sexualité en prend ici aussi pour son rhume dans ce contexte. Croyez-le !

En connaissance de cause ou encore en y croyant réellement dur comme fer, j’ai effectivement vu et revu de ces gens capables d’imagination digne des meilleurs raconteurs au monde !

Pour ne pas s’adonner au sexe proprement dit, toutes voies de contournement, pour ne pas dire d’évitement, deviennent possibles. Contraintes physiques, situations malencontreuses, emploi du temps impossible, environnement inadéquat, continuum de vie utopique, hygiène personnelle inadéquate, momentum impromptu, des prétextes, en voulez-vous ? En voilà.

Pourquoi ?

Tous un point commun que ces motifs tantôt extravagants, tantôt indulgents. Celui, certes, de mettre dans l’ombre cette raison réelle empêchant les rapports sexuels. Telle la congestion nasale qui appartient au rhume, le fait d’esquiver de façon persistante tout rapprochement sexuel devient le symptôme d’un mal individuel ou encore de couple.

Les mécanismes de défense inconscients opérant, la situation peut se voir maintenue des années durant. Quitte à dire adieu à sa propre satisfaction sexuelle, des partenaires s’adaptant au détriment d’un des joueurs, une réalité plus que fréquente. Projection, rationalisation, déni, refoulement et sublimation expliquent ce en quoi il devient possible de perdurer dans le temps malgré divers mécontentements.

Prendre le taureau par les cornes

Parce que dans ce contexte aussi la discussion se voit de mise, il y a certainement lieu de démystifier les choses, histoire de trouver des solutions.

Est-ce réellement si compliqué de faire l’amour ? La voici la question à poser.

En jaser, ce premier pas pour mieux comprendre et par la suite trouver une solution, gageons qu’il est possible d’y voir plus clair.