Encore une séparation…

CHRONIQUE / Vous aviez donné une seconde chance à ce couple qui perdurait. Après avoir refait votre vie, cru encore une fois aux rouages de l’amour, donné cette prise deux à Cupidon et tous les autres, vous voilà séparé, encore...

Une fois, ça va, se diront les plus cartésiens, s’appuyant probablement sur un ratio statistique approximatif voulant qu’un couple sur deux en vienne à cette conclusion. Mais quand l’histoire se répète deux fois, voire trois, et pourquoi pas même quatre, « ça fera », se diront les autres. Mettre un terme, à nouveau, à la vie de couple, une réalité à considérer ? Voyons-y.

Les faits
Le statut matrimonial de tout un chacun est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre et délier bien des langues. À l’image du film présenté sur ce feu cinéparc, les cancans savent s’ébruiter en fonction des aléas d’autrui. Fait plus que connu : l’échec amoureux, deux fois plutôt qu’une, me semble un sujet fortement jugé, pour ne pas dire condamné.

Suffit de penser à cette mère de plusieurs bambins issus de quelques paternels. Ou à cet homme qui a investi on ne sait trop combien dans toutes ces célébrations du mariage. Ou à cette personne qui accumule nid conjugal sur nid conjugal. Comme le téléroman-savon d’avant l’heure du souper, il y en a masse pour régaler les téléspectateurs qui se délectent de la vie des autres. Pourtant...

Il faut que ça fonctionne
De ce fait, il y en a de la pression sur ces individus, que je qualifierai amicalement « de seconde main ». Au-delà des ragots, des gens me spécifient régulièrement que l’idée d’échouer conjugalement à une autre reprise les terrifie.

Matériellement, financièrement, professionnellement, familialement, par conviction ; des raisons pour ne pas reproduire l’histoire au goût trop souvent amer, en voulez-vous, en voilà !

Qui voudra encore de moi ?
« Juste pour te dire, si jamais ça marche entre nous, tu seras mon troisième mari ! »

Déclaration possiblement banale à entendre pour ceux qui côtoient ou ont côtoyé les Elizabeth Taylor, Johnny Hallyday, Henri Salvador et Pamela Anderson de ce monde. Il en va tout autrement pour le commun des mortels !

Il y a des préjugés à l’égard des « polyséparés » ! De quoi miner la confiance, l’estime personnelle et la valeur propre de ces derniers, qui choisiront parfois le célibat, faute de mieux.

Advienne que pourra, les plus sévères penseront peut-être qu’ils sont responsables de ce lot. Par expérience, des gens malchanceux, maladroits, souffrants ou ayant un passé gros comme le bras, il y en a. Les aider à cheminer, plutôt que de les stigmatiser, en voilà une avenue plus altruiste !

Apprendre de ses erreurs
La tendance porte à croire que plus on se marie, plus l’expérience conjugale devrait être un succès, en termes de longévité ! Facile à déduire. Parce que chaque échec, chaque coup dur, chaque dégelée rend supposément plus fort. Alléluia ! L’apprentissage de ses erreurs reste envisageable. Idem pour l’établissement des limites infranchissables et la mise sur pied de stratégies de succès. Exit l’abdication ! Il semble possible de voir de ces « recasés » déployer un effort plus grand en termes de travail conjugal, lors d’une nouvelle tempête menaçant de compromettre la réussite du nouveau couple.

Deux, cinq, sept fois séparés, l’êtes-vous ? Marqués au fer rouge, vous ne l’êtes pas pour autant ! L’indulgence commence envers soi-même. Votre place au soleil, vous aussi, vous y avez droit, même si la route s’avère cahoteuse. Bonne chance !