Sexologie

Fini les plans B, C et D!

CHRONIQUE / Êtes-vous « on the back burner » ou « relégué en second plan », pour les amoureux de la langue française ? Ce phénomène, la plupart des aspirants à la vie à deux le redoutent plus que tout.

Celui, bien entendu, de se sentir entiché plus, plus, plus de cette personne qui, de son côté, vous entretien tel son plan B. Bien intentionné malgré tout ou égoïste à la puissance dix, ce bougre, voire bougresse, entretient votre flamme à son avantage, histoire de ne pas se retrouver le bec à l’eau. Comme « en cas de », on a vu mieux !

Sexologie

Quelles sont les limites de la porno?

COURRIER DU LECTEUR / Bonjour, Est-ce que vous avez déjà publié quelque chose sur les hommes qui regardent de la pornographie en disant que c’est normal ? Mon conjoint ne cesse de recevoir et d’envoyer des photos et/ou de courtes vidéos avec des filles pas mal cochonnes… Il a beau me dire que je suis belle, qu’il aime mon corps, qu’il est toujours prêt pour du sexe en ma compagnie, je me sens quand même menacée par ces images. Et je pense que c’est un cercle vicieux. On dirait que ça l’excite de plus en plus. C’est un homme très porté sur le sexe. Il est ici trois jours par semaine et, selon lui, il faut en profiter au maximum. Même mes amies trouvent qu’il parle beaucoup de sexe. On dirait que c’est ça sa vie. Ai-je raison d’être inquiète ? Bien que je lui en parle souvent, j’avoue que je ne comprends pas le cerveau de mon homme…

Bonjour à vous, madame, pour qui l’inquiétude est louable ! Votre questionnement du jour comporte plus d’un volet pouvant expliquer votre état d’âme. Commençons du début.

Pornographie

J’expliquais, il n’y a pas longtemps dans une autre chronique dans ce même journal, que la pornographie est faite pour le monde. Une pornographie propre, juste et appropriée, conçue selon les règles de l’art et destinée à un public adulte en quête d’amusement, ça existe. C’est en fait ce qu’on appelle du divertissement.

Sexologie

Je suis asexuelle

COURRIER DU LECTEUR / Bonjour, Je me suis toujours sentie différente des autres côté relations sexuelles. Bien que j’aie de l’attirance pour la gent masculine, jamais je n’ai ressenti de « réels » besoins en termes de relations sexuelles. Cependant, évoluant dans une société hypersexualisée où il est socialement important de combiner sexe et amour, je me suis fondue à la masse. J’ai eu plusieurs fréquentations, toujours décevantes. On m’a également quittée en me disant que j’étais frigide ou n’aimais pas assez le sexe. Un jour, j’ai rencontré mon conjoint actuel. Ce fut un coup de foudre (…). Bien qu’au début nous faisions l’amour pratiquement tous les jours, jamais ce fameux désir n’est venu au rendez-vous. Après 10 ans de vie de couple, notre vie sexuelle est plutôt terne. Lui, il a des besoins quotidiens, moi, jamais (…). En fouillant sur le net, j’ai ainsi découvert le terme « asexualité » et j’ai compris que je n’étais pas anormale ou frigide. (…) Toute ma vie, j’ai essayé d’être quelqu’un d’autre, d’agir selon les conventions sociales. Mais toute ma vie, je me suis sentie triste et esseulée dans mes relations. Maintenant, je sais qui je suis, une personne asexuelle (…). J’ai fait mon coming out hier soir à mon conjoint (…). Nous explorons les pistes de solutions et essayons de peindre ce nouveau tableau blanc qui se présente devant nous. Je ne crois pas que ce sera toujours facile et j’aimerais avoir une boule de cristal pour lire l’avenir. À suivre…

CHRONIQUE / Bravissimo ! Que de courage découlant de ce témoignage. Toutes mes félicitations madame. D’abord pour cette prise de conscience demandant un regard sur soi ô combien difficile. Deuxièmement, pour votre prise de position et votre volonté d’être enfin celle que vous êtes. Chapeau !

Tel que défini par l’Association pour la visibilité asexuelle, l’asexualité est une orientation sexuelle caractérisée par le fait qu’une personne asexuelle ne ressent pas d’attirance sexuelle pour quiconque. De cette même source, une personne sur cent serait asexuelle et, de ce nombre, un peu plus de la moitié serait des femmes.

Sexologie

De Passe-Partout, j’en veux plus !

CHRONIQUE / Cachou Coucou ! Le voilà enfin, ce bébé tant attendu. Fan finie de la première mouture de Passe-Partout, ceux qui me connaissent savent pertinemment qu’il y a maintenant quasi trois décennies que je suis sur ma faim. Celle bien entendu de connaître l’origine du nouveau-né de Madame Coucou ! Venu de nulle part, sans explication ni rien, ce mystère entourant la provenance de ladite noix aux allures d’enfant a certainement bousculé mon développement psychosexuel. Tant de non-dits qu’entretenaient ces années 80…

De ce fait, ma cadette de 11 ans moins un mois paie le prix de ce « traumatisme ». Obligée d’écouter cette presque-quotidienne-remaniée, ce n’est que tout dernièrement que j’ai enfin pu lui donner congé. Cachou Coucou s’est pointé sans flafla avec un seul mot pour m’éclairer : mamans au pluriel !

Sexologie

Vous avez dit bicurieux?

CHRONIQUE / Bicurieux, l’êtes-vous ? Oui, comme dans cet adjectif désignant toute personne qui ne s’identifie pas comme bisexuelle, mais qui ressent le désir d’avoir des relations affectives et/ou sexuelles avec un individu du genre opposé à celui avec qui elle entretient habituellement des relations (Fondation Émergence). Ouf ! Laissez-moi vous aider à y voir plus clair.

À titre d’exemple, prenons Roger, hétérosexuel par affirmation, qui s’adonne ici et là à un rapport génital avec Jean qu’il aime bien. Ah bon !

Sexologie

3000 relations sexuelles, mais une seule première fois

CHRONIQUE / À vos calculettes ! J’ai fait mes devoirs. En supposant que vous avez eu votre première relation sexuelle avec pénétration à l’âge de 17 ans, moyenne québécoise établie par l’Institut national de la santé publique, et que vous maintenez une fréquence hebdomadaire de cette activité tout au long de votre vie active sexuellement, parions que vous ferez l’amour autour de 3000 fois ! Pas mal du tout ! Une page de votre histoire que vous n’aviez possiblement pas explorée de façon aussi cartésienne.

De ce chiffre, représentatif ou non de votre réalité, la plupart de ces relations sexuelles seront reléguées aux oubliettes. La mémoire étant une faculté qui oublie, vous vous souviendrez que de ces fois dignes d’être retenues, positivement ou négativement. Ceci dit, remarquable ou pas, une seule restera à tout jamais gravée en tête. Je parle, bien entendu, de cette première fois.

Sexologie

Des relations intimes malaisantes

COURRIER DU LECTEUR / Bonjour Mme Bouchard, Venant d’une famille où l’intimité est importante, je fais face à une situation inconfortable depuis que mes enfants sont ados et reçoivent de la visite à dormir. Celle-ci concerne les rapports intimes que ces derniers ont dans ma demeure. Personnellement, je dois préciser que je n’ai aucun problème lorsque cela reste dans leur chambre respective [...]. Cependant, devrais-je accepter de laisser mes enfants prendre des bains ou encore des douches avec leur copine lorsque nous sommes présents dans la maison ? Il est à noter que la salle de bain est adjacente à ma chambre. Je vois cela comme un manque de respect ce qui me met en colère. J’ai de la misère à concevoir que le jugement de mes enfants n’est pas suffisamment grand pour comprendre que certaines situations soient inacceptables. Après avoir discuté avec ma conjointe, je me suis rendu compte que j’étais le seul dérangé par la situation. Alors, accepteriez-vous que votre ado fasse l’amour dans la salle de bain voisine pendant que vous êtes tranquille dans votre chambre à regarder un film ?

CHRONIQUE / Les grands questionnements ! Merci de votre témoignage interpellant certainement plus d’un parent de « grands enfants ».

Il y a effectivement de ceux qui se voient dérangés, pour ne pas dire outrés, devant l’indifférence des notions d’intimité de leur progéniture.

Sexologie

Je t’aime... moi non plus

CHRONIQUE / Véritable ver d’oreille, Je t’aime... moi non plus, cette balade de Serge Gainsbourg et Jane Birkin, me revient en boucle chaque fois que je les vois, ces deux-là. Quand ce n’est pas un, c’est l’autre. Pourtant amoureux, quand elle l’approche, il boycotte. Quand il l’adore, elle l’ignore. Quand elle se manifeste, il proteste. Quand il s’affranchit, elle déguerpit. À quoi rime cette contradiction, de s’aimer pour ensuite mieux se détester? En tant que couple, est-ce possible de régner dans ce paradoxe sentimental apportant à la fois son lot de bonheur et de malheur? Voyons-y.

Montagnes russes

Tel ce manège digne du carnaval, il y a des gens qui carburent aux sensations fortes. À l’image des montées et des descentes turbulentes, ce type de relation « amoureuse » apporte son amalgame d’émotions intenses. L’un en confiance dans ce minichariot, l’autre en position douteuse, l’euphorie, expliquée, de manière cartésienne, par l’effet hormonal, promet certainement ses bénéfices. D’où la tolérance à vivre ainsi, du moins pour un temps.

Sexologie

L’univers masturbatoire

COURRIER D'UNE LECTRICE / Bonjour, Lorsque le temps vous le permettra, j’aimerais avoir votre point de vue sur ce que mon conjoint m’a dit. [...] Il m’a informé qu’il se masturbait chaque soir dans le salon devant de la pornographie. Puisque nous faisons déjà l’amour de deux à quatre fois les jours de semaine et de quatre à cinq fois ceux du week-end, dites-moi si je m’en fais pour rien ? Les avis sur le Web divergeant énormément. Je suis mal avec tout ça et je ne sais pas trop comment réagir. Est-ce normal, abusif, addictif ?

CHRONIQUE / Cette question vient à point pour boucler ma série d’articles traitant de la pornographie. Merci à vous, Madame !

Pourquoi ? J’en conviendrai, votre état d’âme est fort louable devant cette confidence digne d’un jardin plus que secret. L’univers masturbatoire étant l’une des sphères individuelles des plus privées, ma première réflexion tend certainement à comprendre ce à quoi rime cette révélation. Pourquoi le dire ? Était-ce un aveu ? Une transmission banale d’informations ? Un cri d’alarme ? Une réponse à une question ?

Sexologie

Mon conjoint a de la difficulté à éjaculer

COURRIER D'UNE LECTRICE / J’ai un nouveau conjoint et sexuellement, je n’ai rien à dire. Par contre, lors de nos ébats sexuels, je dirais que trois fois sur quatre, il a de la « difficulté » à éjaculer. Pourtant [...], il est amplement capable de le faire lorsqu’il se masturbe. Il arrive quelquefois qu’après avoir eu mon orgasme, il soit tout près d’avoir le sien bien qu’il ne réussisse pas à jouir. Il me dit qu’il ne s’agit pas de moi, que ça lui est toujours arrivé. Nous avons quand même de belles relations sexuelles, mais je dois avouer que ça me perturbe un peu...

CHRONIQUE / Bonjour à vous, madame. D’être « perturbée un peu », pour reprendre vos mots, en voici une réalité plus que probable lorsqu’un ou une partenaire présente quelques difficultés que ce soit d’ordre sexuel.

Pas responsable

La remise en question risque sans doute d’être l’un des premiers réflexes pour la plupart. Dans ce présent cas, bien qu’il soit louable que vous portiez un regard sur vous comme étant potentiellement « responsable-un-tant-soit-peu » de cette éjaculation qui tarde à venir – ou pas –, sachez que vous êtes dans l’erreur ! C’est d’ailleurs ce que votre gentleman vous dit et redira. Vous ne faites pas partie de l’équation, madame !