La course en sentiers est une véritable passion pour David Bombardier. Le Sherbrookois a décidé de repousser ses limites; il courra 100 km dans les sentiers de l'Estrie et au mont Orford, de jeudi à vendredi, essentiellement pour le plaisir. On le voit ici en action au 50 km à la course The North Face Endurance Challenge New York, à Bear Mountain, en mai dernier.

Repousser ses limites... pour le plaisir

Imaginez un peu. Courir 100 km. Dans les bois. Approximativement du mont Glen, jusqu'à la halte routière de Melbourne. Environ 16 h à placer un pas devant l'autre, avec précaution, mais rapidité. À affronter un dénivelé d'environ 4000 m au total. Un défi un peu fou? Un fou plaisir, pour David Bombardier.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, le Sherbrookois tentera de relever ce défi qu'il s'est lui-même fixé. Pas pour une médaille. Pas pour l'argent, mais pour le plaisir de courir en sentiers et de retrouver ce coeur de gamin qui l'anime encore.
« Dans la vingtaine, j'adorais la randonnée en montagne. Je partais avec mon sac à dos, mes bottes, et je sillonnais les sentiers. Des fois, je me faisais dépasser par des fous qui courraient dans les sentiers. Je trouvais ça pas mal spécial! »
La course, David Bombardier aime ça. Il y a deux ans, pratiquement jour pour jour, il complétait son premier, et seul, marathon, à Montréal. Ces 42,2 km au compteur l'ont motivé à en vouloir plus.
« J'ai commencé à courir en 2009, mais jamais plus que des demi-marathons. Après Montréal, la course a fait partie de ma vie. Pendant un an, j'ai couru ou utilisé le vélo pour me rendre au boulot, matin et soir. C'était un bon moyen de garder la forme et pour l'entraînement. Mais c'était rendu difficile à faire entrer avec ma nouvelle dynamique familiale », a dit l'ancien journaliste à La Tribune, qui travaille désormais à la Ville de Sherbrooke.
« Mais courir sur le dur, ça fait mal. J'étais éclopé, après mes sorties sur route, encore plus après mes courses. C'est en partie ce qui m'a fait chavirer vers la course en sentiers (trail). Ça peut être difficile au départ; il faut vraiment se concentrer à bien mettre les pieds aux bons endroits afin d'éviter des chutes. »
« Justement, c'est ce que j'aime; en sentiers, tu vis le moment présent. Tu n'as pas le temps de regarder ta montre pour évaluer ton temps. En plus, je constate que c'est moins dur physiquement, puisque tu ne fais jamais le même mouvement en course, comme c'est le cas sur route. L'effort est mieux réparti. Contrairement aux lendemains des courses sur route, je peux rentrer au boulot le lendemain d'une très longue course en sentiers », dit-il.
Courir plus loin, toujours plus loin, et plus longtemps. Ils sont de plus en plus nombreux les adeptes de ces courses extrêmes, qui proposent des défis un peu insensés aux yeux des profanes.
En région, le nom de Sébastien Roulier vient immédiatement en tête. Le pédiatre sherbrookois a participé à 33 ultra-marathons depuis 2011, des courses de plus de 80 km, en plus d'effectuer 27 montées et descentes du mont Orford en 2016 au profit de Leucan.
« J'ai joint le Club de trail Le Coureur il y a un peu plus d'un an et ce fut déterminant pour la suite des choses. C'est un gros plus pour la motivation, et pour l'entraînement. En fait, je n'aime pas trop le mot « entraînement ». Je cours parce ce que ça me tente, que j'aime ça. Tout est axé sur le plaisir. Je n'ai pas de structure, je sors les souliers quand ça me tente », explique David Bombardier, en précisant qu'il consacre environ une dizaine d'heures par semaine à la course.
David Bombardier a réalisé sa plus longue course en 2016, lors du Ultra-Trail Harricana du Canada, dans Charlevoix, sur 80 km.
« J'ai aussi fait deux fois la distance de 50 km cette année et je devais faire un 80 km à la Chute du Diable, en Mauricie, début septembre. Mais un décès dans ma famille a contrecarré mes plans; les funérailles de ma grand-mère se déroulaient le même jour que la course. Je me suis donc cherché un autre objectif pour 2017. »
« J'ai donc décidé de créer ma propre course. Un 100 km dans les sentiers de l'Estrie, ça me plaisait. Go, on organise ça! Le chiffre 100 est impressionnant, c'est un objectif de taille. Et c'est un défi logistique. »
« J'ai fait du repérage pour voir concrètement ce que ça donnerait, afin entre autres de figurer les points de ravitaillement et le temps nécessaire pour compléter la course. Si ça va bien, je devrais compléter le parcours en environ 16 h de course. »
David Bombardier partira des environs du mont Glen, vers 2 h du matin dans la nuit de jeudi à vendredi, et il prévoit arriver vers 19 h au parc Coburn, dans le canton de Melbourne, le vendredi soir, à la suite de son tracé linéaire.
« J'ai juste hâte de mettre ma lampe frontale et de partir! Je ne veux pas briser de record, simplement courir pour le plaisir. En sentiers, tu oublies le temps, la distance, tout. J'ai des amis qui vont m'accompagner, à tour de rôle. Ça devient un événement de « gang ». On me dit que c'est un peu fou, mais je trippe vraiment. Ce n'est pas un fardeau, je n'ai aucun stress! »
Les intéressés pourront suivre son périple sur sa page Facebook courirunpasalafois. David Bombardier a également un blogue consacré à la course à pied, disponible au www.unpasalafois.ca.