Natalie Richard
Charles-Henri de Coussergues, vigneron et copropriétaire du vignoble de l’Orpailleur, dégorge une bouteille de leur fameux vin effervescent, l’Orpailleur Brut.
Charles-Henri de Coussergues, vigneron et copropriétaire du vignoble de l’Orpailleur, dégorge une bouteille de leur fameux vin effervescent, l’Orpailleur Brut.

Qualité plaisir

CHRONIQUE / Avec le « grand confinement », on a dû mettre sur pause un volet important de nos activités professionnelles de sommelier qui consiste à participer aux nombreuses dégustations animées de la visite de vignerons venus des quatre coins de la planète vins pour nous présenter le fruit de leur labeur.

Attentivement, on déchiffre leurs nouveaux millésimes en les écoutant nous raconter comment la nature a forgé leur terroir au cours de l’année et de quelle façon leur savoir-faire s’est adapté au climat, pour créer le nectar que l’on découvre dans nos verres. Cette mine d’or d’exploration et de découvertes étant remise à plus tard, je profite de l’occasion pour revisiter les bonnes bouteilles, à petit prix. 

Est-ce possible de trouver de bons vins autour de 15 $? On me le demande souvent et c’est une excellente question, car on sait que la qualité a un prix. Au final, ça reste une question de goût, mais oui, il existe dans cette gamme des vins bien faits, authentiques et délicieux. 

En voici quelques-uns.  

L’Orpailleur 2018 
15,95 $ • 704 221 • 11,5 % • 4 g/l   

Un classique de notre terroir, le blanc de l’Orpailleur est un des premiers vins du Québec à avoir été mis en marché en 1985 et il est toujours excellent! Témoin silencieux de la résilience de notre terroir, il s’imprègne de sa fraîcheur tout en appelant le beau temps à chaque gorgée, par une vive acidité et des notes d’agrumes comme le citron et le pamplemousse. Superbe en apéro avec nos crevettes nordiques. 

Les Frères Couillaud Lord de La Ragotière Chardonnay

13,85 $ • 10 690 501 • 12 % • 1,2 g/l   

On ne soupçonne pas que le chardonnay puisse être aussi bon au pays du muscadet, pourtant les frères Couillaud l’ont introduit dans leur vignoble de la Loire depuis plus de trente ans. Le nez est très discret, sur des effluves de fleurs printanières qui rappellent le muguet avec des saveurs de poires et une finale un tantinet herbacée, sur la sauge. N’hésitez pas à le servir avec un poulet rôti aux fines herbes. 

A.A. Badenhorst The Curator 2017  

13,75 $ • 12819435 • 13,5 % • 2,8 g/l 

Un vin expressif qui s’ouvre sur des notes de tabac frais et de cerise griotte. Bien qu’il se présente avec beaucoup de fraîcheur, ce rouge démontre rapidement une bonne puissance et une présence de caractère qui perdure sur des tannins harmonieux. Majoritairement shiraz, on trouve aussi dans cet assemblage 20 % de mourvèdre, 15 % de pinotage et 5 % de cinsault. Adi Badenhorst est un des pionniers de la viticulture du Swartland en Afrique du Sud, une région autrefois réservée à l’agriculture et l’élevage de bétail. Il travaille selon une éthique irréprochable et dans un style très personnel. Ses raisins sont fermentés en grappes entières et macérés longtemps, sans ajout d’aucun intrant autre qu’un peu de soufre. Le vin mature ensuite dans de grands foudres de 4000 litres. À boire allègrement avec tout ce que vous mettez sur le BBQ.  

Ogier Héritages 2017 

14,45 $ • 535 849 • 14,5 % • 2,2 g/l 

Vous connaissez sûrement le Clos de l’Oratoire des Papes, le vin emblématique de la maison Antoine Ogier qui perfectionne son savoir-faire depuis plus de 160 ans. Héritages est une cuvée composée majoritairement de grenache et de syrah, issus de leurs meilleurs microterroirs afin de révéler la richesse et la complexité de la vallée du Rhône. Avec sa robe brillante couleur rubis et ses étincelles de violette et d’épices, ce vin nous en met plein les papilles avec sa puissante concentration de petits fruits rouges. Le plaisir se prolonge dans une finale soyeuse sur de notes de réglisse et poudre de cacao. Succulent avec toutes les déclinaisons d’agneau.   

El Petit Bonhomme Jumilla 2018 

15,65 $ • 12 365 541 • 14 % • 3 g/l 

Un vin produit par Nathalie Bonhomme, une Québécoise qui a choisi l’Espagne depuis plus de vingt ans pour y élaborer des vins de passion sur les terroirs qui la captive. Celui-ci reflète la région de Jumilla, au sud de Valence. C’est le royaume du monastrell qui se traduit en français par mourvèdre, un cépage bien connu des amateurs de Bandol. Voici un bon vin de soif, très aromatique sur la violette et la mûre fraîche, avec une riche finale cacaotée. Parfait à l’apéro avec du jambon ibérique, des saucissons et ensuite une paella, pourquoi pas? 

Bonne dégustation!

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