Petits mots, grands mercis (et Art contagieux, la suite) 

Chaque semaine de cette période d’isolement, La Tribune invite la communauté à se rassembler en ses pages. Pour cette édition, nous vous avons proposé de vous adresser à ceux qui font la différence en ces temps difficiles pour leur offrir une bonne dose de gratitude. En prime, puisque les artistes ont répondu avec enthousiasme à l’invitation qui leur avait été lancée la semaine dernière, nous vous présentons quelques œuvres supplémentaires qui sauront égayer votre journée. 

* La semaine prochaine, partagez-nous vos astuces pour demeurer zen en confinement. Faites-nous parvenir un texte et une image à redaction@latribune.qc.ca

« On parle beaucoup de l’arc-en-ciel ces temps-ci. L’arc-en-ciel a sept couleurs. Pour moi, ces couleurs représentent :

1. Le système hospitalier 

2. Les ambulanciers 

3. Les policiers 

4. Tous ceux qui contribuent à notre alimentation 

5. Le système communautaire qui vient en aide aux plus démunis

6. Ceux qui font ce qu’ils peuvent pour venir en aide à un voisin, une amie, etc. 

7. Tous ceux qui suivent les consignes.

L’arc-en-ciel apparaît après l’orage ; il disparaît parfois aussi vite qu’il est apparu. Alors, tous ensemble, faisons attention à notre arc-en-ciel pour qu’il puisse briller au cours des mois à venir. » 

Jocelyne Chassé

« Merci à Virginie Turcotte-Côté, enseignante en musique à Mitchell-Montcalm, de prendre le temps de faire des directs avec ses élèves. Merci à Tommy Leclerc, enseignant en mathématique au Pavillon Mitchell, de continuer d’encourager ses élèves malgré les événements. Merci à Nathalie Marchessault, pharmacienne, de rassurer personnellement ses clients au téléphone, même après un retour au travail à la suite d’un cancer. » 

Luc Beaubien

« Un énorme MERCI à Mme Lisanne Gagnon, enseignante de deuxième année à l’école Alfred-Desrochers ! Elle a organisé une vidéoconférence pour que mon fils Édouard puisse célébrer son huitième anniversaire avec ses camarades de classe. C’était tellement chouette ! MERCI ! » 

Caroline Custeau

« Petite pensée personnelle pour chacun de vous qui mettez vos vies en péril. Je vous lève mon chapeau, sans oublier le personnel d’entretien. Pas facile de travailler dans un contexte d’inquiétudes, de voir et d’encourager chaque patient en devenant par la bande sa seule famille. Merci aux policiers, aux ambulanciers, à ceux qui travaillent dans les épiceries et à ceux qui transportent nos produits. Grâce à vous, la vie continue malgré la fatigue et l’insécurité. Vous ne baissez jamais les bras et affrontez chaque journée qui devient de plus en plus un défi. Merci pour tout, vous êtes le noyau de la réussite. » 

Louise Roy

« Pour vaincre la monotonie du confinement quotidien, je suis des cours de peinture en direct. Merci à ma professeure, Céline Roger, qui a décidé de nous offrir ses cours les jours de semaine à 14 h via Facebook. »

Suzanne Messara

« Ma maman de 77 ans habite à Weedon et nous, ses enfants sommes à Sherbrooke. Elle est seule dans sa maison et même si elle s’arrange bien, l’aide est toujours appréciée. Je veux donc remercier, du fond du cœur, Stéphanie Lalonde-Livernoche, la femme de mon cousin qui chaque jour téléphone à ma mère pour savoir si elle a besoin de quelque chose. Elle a pris elle-même cette initiative même si elle a trois jeunes enfants, donc beaucoup d’autres choses à faire. J’apprécie vraiment ce qu’elle fait et ça me rassure de savoir que ma petite maman peut compter sur quelqu’un de dévoué ! Merci sincèrement, Stéphanie, d’être là pour maman ! Tu as vraiment un cœur en or ! » 

Louise Lalumière

« Il y a trois semaines j’ai vécu une épreuve difficile. En confinement à l’hôpital depuis une semaine, mon oncle Jean-Guy, a dû laisser son lit d'hôpital et tous ses repères pour aller vivre à sa nouvelle adresse, le Centre d'hébergement St-Vincent. C'est donc le cœur gros que j'ai transféré mon oncle, atteint d’Alzheimer, au coin de sa nouvelle chambre sans visiter le milieu, sans y connaître les gens, sans l’aider à apprivoiser son nouvel environnement, car nous étions en confinement. Depuis son arrivée, j'ai eu la chance de prendre de ses nouvelles par l'équipe d'infirmiers et d'infirmières, qui en passant sont super sympathiques.

Hier, j’ai reçu toute une surprise, Brigitte Côté, responsable en loisirs à St-Vincent, m’a téléphoné pour me permettre de parler avec mon oncle. Wow!!! Quelle belle initiative de sa part. Cette dame exceptionnelle prévoit faire le tour de ses patients avec sa tablette pour leur donner la chance de voir leurs proches. Bientôt, j’aurais la chance de voir mon oncle que je n’ai pas vu depuis quatre semaines via une tablette. Grâce à cette personne, la peine et l’inquiétude devant la situation s’estompent un peu. Je tenais à souligner le travail de cette merveilleuse dame, car pour moi, hier son petit geste a été un immense moment de bonheur… Merci Brigitte!

Sandra (nièce de Jean-Guy)

Art contagieux (la suite)

<em>Les petits hommes isolent le méchant VIRUS</em>, photographie par Yves Harnois.
<em>Quarantaine</em>, peinture numérique par Nàtali de Mello« Je n’ai pas une chambre à coucher, j’ai un bel endroit pour pratiquer le yoga. La fenêtre ? Je ne sais pas ce que c’est, mais j’ai un beau point de vue ! En plus, un cinéma privé ! Voici la carte de certaines des attractions que j’ai trouvées chez moi durant ma quarantaine. Quels sont les vôtres ? » demande-t-elle.
<em>Gratitude</em>, œuvre numérique par Emilie Gosselin.
<em>Pétale</em>, peinture sur papier de soie par Jeanne Côté. « Malgré la situation qui nous garde à l’intérieur, cette petite œuvre nous rappelle que dehors, le printemps est arrivé. Les fleurs aussi ! »
<em>Je me souviens de l’Îlot fleuri</em>, acrylique sur montage photographique par Emmanuelle Gendron. « Voici ma dernière œuvre, créée en début de pandémie. Nous mettant face à un futur possible où la nature a repris ses droits », explique l’artiste.
<em>Actualiti : COVID-19</em>, courte bande-dessinée par Agathe B. Illustration.

Les petites choses qui traversent la semaine

« Une journée de plus »
que je me dis 

En faisant la vaisselle
en regardant le plafond
en m’essuyant les yeux

Pas avec mes mains les yeux
avec ma manche 

Celle de mon gilet
celui que je porte depuis quatre jours

Aucun contact avec mon corps 

« Une journée de plus »
que je me dis
à voix haute
pour m’empêche de plier
de casser en deux
dans le grand ennui qu’est mon salon 

On est quel jour déjà 

Ça fait tu assez longtemps
pour que je rappelle mon dep
pis que me fasse livrer
sans m’en vouloir 

C’est-tu correct
si je vais prendre une marche
juste pour croiser du monde
même à deux mètres

« Une journée de plus »
« une journée de plus encore » 

À vérifier  
les nodules
le grichement
l’inflexion de ma voix
parmi celles de la T.V.

Parfois
je sors du lit
juste pour regarder dehors
et oublier qui parle
le plus fort
entre moi et la pluie 

Poème par Anthony Lacroix