Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
Le comédien Paul Doucet, lors d’une des éditions du Tour CIBC Charles-Bruneau.  
Le comédien Paul Doucet, lors d’une des éditions du Tour CIBC Charles-Bruneau.  

Paul Doucet : le vélo pour découvrir le Québec

CHRONIQUE / Ils sillonnent le Québec pour chanter, tourner ou partir à l’aventure. Cet été, découvrez les passions et les endroits coups de cœur des personnalités d’ici dans la chronique Sortie prendre l’air.

Le sentiment de liberté totale. C’est l’un des souvenirs que conserve l’acteur Paul Doucet de ses premiers instants à vélo, qui se sont finalement transformés en passion. Un coup de cœur qui l’a amené à parcourir les quatre coins de la province comme porte-parole de la Fondation Charles-Bruneau.

« Dans l’enfance, à partir du moment où on commence à faire du vélo, il y a un sentiment de liberté qui est rattaché à ça, parce que ça te permet de t’éloigner de la maison. J’en ai fait beaucoup adolescent avec quelques chums, dont un ami français qui m’a fait découvrir le Tour de France. Jusqu’à l’âge de 16 ou 17 ans, je ne savais pas que ça existait. C’est quelque chose qui faisait partie de ses origines et qu’il connaissait très bien. Je me suis mis à suivre ça sporadiquement, avec tout l’avènement de Lance Armstrong... évidemment avant sa déchéance. C’était quand même spectaculaire ce qu’il faisait. J’avais toujours caressé ce désir d’avoir un bon vélo de route et de commencer à en faire. Je m’en suis acheté un. Pas longtemps après, j’ai eu une proposition de la Fondation Charles-Bruneau d’aller animer l’arrivée des cyclistes du tour que la fondation organise chaque année. » Il est ainsi devenu, de fil en aiguille, l’un des porte-paroles.

L’acteur qu’on a pu voir dans les récents films québécois Antigone et Les Nôtres devait en être à sa 10e participation au tour CIBC Charles-Bruneau. La 25e édition de l’événement, prévue début juillet, a toutefois été annulée en raison de la pandémie. 

Le vélo a permis au comédien Paul Doucet de découvrir plusieurs régions du Québec.

De Drummondville au Bic 

« Ça m’a permis de visiter plein de régions parce que le tour compte plusieurs parcours. J’ai été porte-parole du parcours Sherbrooke pendant plusieurs années. On roulait dans les Cantons-de-l’Est dans des chemins différents pour varier. Les régions de Magog, Bolton, Orford, j’ai sillonné tout ça pendant plusieurs années (...)  Il y a un paquet d’endroits à vélo que j’ai découvert. C’est une façon de découvrir notre coin de pays, notre province autrement. On a tendance à aller du point A au point B en prenant le chemin le plus rapide. »

Les kilomètres parcourus au fil des ans lui ont permis de déboulonner certains préjugés. 

« Tu prends la 20 pour aller à Québec, tu passes à Drummondville, ça a l’air plate à mort. Je l’ai fait à vélo, Drummondville. Il y a de très beaux coins! Il y a une magnifique rivière, des propriétés superbes. Dans les Bois-Francs aussi, il y a des pistes incroyables », dit-il en citant son amour pour le secteur de Kingsey Falls.

Son implication comme porte-parole lui a aussi permis de sillonner des routes qu’il n’aurait pas choisies seul pour des questions de sécurité.

« Dans un cadre comme celui-là, c’est sécurisé. On a un camion de ravitaillement, un camion de mécano, c’est complètement fou. Ce sont vraiment des conditions exceptionnelles de vélo. » 

Quelles routes aime-t-il près de chez lui? 

Le comédien des Pays d’en haut a ses habitudes et ses boucles de 25 km à 100 km aller-retour.

« Je suis chanceux. J’habite à Mercier, près de Châteauguay. À cinq minutes de chez moi, il y a un rang qui s’appelle le rang Sainte-Marie. Les gens viennent dans mon coin pour rouler... C’est magnifique, c’est plat. Si tu pars vers le sud, tu peux te rendre jusqu’aux frontières américaines. Les amateurs de vélo vont connaître la fameuse Covey Hill, en Montérégie Ouest. Je suis environ à 50 km de la Covey Hill. » 

« Dans l’autre direction, à Sainte-Catherine, je suis à 50 km du mont Royal. J’ai moins tendance à mettre le support à vélo sur ma voiture et à partir, parce que c’est dans ma cour. J’ai la chance de sillonner les routes du Québec toutes les premières semaines de juillet depuis 10 ans », dit-il en ajoutant que c’est surtout à ce moment qu’il en profite pour rouler ailleurs.

Paul Doucet aime pédaler dans le Bas-Saint-Laurent, une région qu’il a pu découvrir plus en profondeur alors qu’il jouait au Théâtre du Bic. « On a fait ça en vélo pas mal, le bas du fleuve. C’est venteux, mais il y a tellement de dénivelés intéressants que tu as des points de vue constamment différents. »

Invitation à donner

»Si les cyclistes ne se lancent pas à l’assaut des routes du Québec au bénéfice de la Fondation Charles-Bruneau, les gens sont quand même invités à faire un don à la fondation.

« On vient de lancer le mouvement #DonnantDonnant. L’idée derrière ça, c’est que toutes les fondations ont de la difficulté parce qu’elles doivent annuler leurs événements. Nous, c’est la recherche pour le cancer chez les enfants. Le tour cycliste représente 50 % du revenu annuel... qui ne rentrera pas dans les coffres cette année. Le cancer et la recherche n’ont pas pris de pause à cause de la COVID-19... On a lancé un mouvement de solidarité, toute fondation confondue. Ça a été lancé par Pierre Bruneau. On a tous eu besoin d’un coup de pouce d’un organisme ou un autre, ou peut-être qu’on a un organisme qu’on apprécie et à qui on a envie de dire merci. On ne prêche pas juste pour notre fondation, on prêche pour toutes les fondations. »

Paul Doucet adore faire du kayak, un sport qu’il a découvert grâce à la Fondation Charles-Bruneau, avec sa participation au Circuit Bleu du même nom.

Fou de kayak

Paul Doucet adore faire du kayak, un sport qu’il a découvert grâce à la Fondation Charles-Bruneau, avec sa participation au Circuit Bleu du même nom. 

L’événement, pour le moment, est toujours prévu en septembre. « J’ai grandi à Saint-Lambert. Je me souviens dans mon enfance, on n’osait pas approcher le fleuve, on surveillait les tortues à deux têtes. Aujourd’hui, le fleuve est beaucoup plus accessible. On se réapproprie nos cours d’eau. Voir l’île de Montréal de l’eau, c’est vraiment agréable, c’est un autre point de vue [...] Le kayak, c’est un vrai plaisir. Se retrouver sur l’eau, c’est dépaysant, peu importe où on est. »