L'acteur et écrivain Patrice Godin est aussi un ultramarathonien aguerri. Après avoir parcouru sa plus grande distance à vie (quelque 330 km) lors du Big Foot 200 l'été dernier, il s'entraînera au cours des prochains mois pour un ultramarathon dans l'Utah, en octobre prochain.

Patrice Godin, acteur et ultramarathonien

Imaginez courir quelque 330 km dans un décor montagneux pendant 82 heures. C'est ce qu'a fait l'acteur Patrice Godin l'été dernier, lors du Big Foot 200 dans l'État de Washington. S'il définit cette course d'endurance comme la plus « capotante » qu'il ait faite, l'ultramarathonien n'a pas l'intention de s'arrêter là. En 2017, il compte participer à une course de 380 km en Utah, dans le désert du Moab.
« Le Big Foot, ça a été la plus longue distance parcourue jusqu'à maintenant et définitivement la plus marquante. C'est vraiment la course la plus capotante que j'ai faite depuis que j'ai commencé à courir. C'est épique, c'est une aventure en continu. »
Sur son blogue Zen/endurance, où il raconte et illustre les grands moments de cette aventure, on peut voir des photos du mont St. Helens et des ampoules incroyables. « Ce n'est pas la vitesse qui prime, c'est l'endurance, c'est le mental. Ça se passe beaucoup dans la tête. » Si tu ne peux endurer la douleur, tu ne passes pas à travers, raconte-t-il en entrevue téléphonique.
Pendant cette course réalisée en 82 heures, il a dormi environ cinq heures et demie. « Je te dirais même que j'ai trop dormi. Ça m'a fait perdre un peu de temps. Avec les arrêts que l'on fait dans les stations d'aide, ça s'accumule vite le temps... J'aurais pu couper deux heures de sommeil... J'ai fini 13e en tout. Quand j'ai arrêté pour dormir, j'étais septième ou huitième... »
Patrice Godin le mentionne au bout du fil, tout comme il l'écrit dans son livre : c'est l'aventure de la course qui l'intéresse plus que la performance.
Il s'arrêtera à Sherbrooke, le mercredi 18 janvier, pour prononcer une conférence au profit du RSEQ Cantons-de-l'Est. Il abordera les thèmes de son premier livre, Territoires inconnus, qui aborde son amour pour la course.
Celui qu'on a pu voir dans Blue Moon et 1:54 a fait paraître, l'automne dernier, le roman Boxer la nuit. Il planche sur un second roman.
Pas de Rocheuses dans sa cour, mais...
Au cours des prochaines semaines, il se consacrera à son entraînement, en vue de l'ultramarathon auquel il entend participer dans l'Utah en octobre 2017. Il s'agira de sa première course dans un décor de désert et de canyon. Il a recommencé, depuis le début de janvier, à s'entraîner plus sérieusement. Il prévoit courir en moyenne 80 km par semaine et augmenter progressivement le kilométrage; pour ce type d'entraînement, il peut courir en moyenne 130 km.
Patrice Godin, qui habite à Boucherville avec sa conjointe et ses trois filles, s'entraîne essentiellement dans les parcs du Mont-St-Bruno et du Mont-St-Hilaire. « J'aimerais ça avoir les Rocheuses dans ma cour! Je trouve que pour un gars qui s'entraîne sur une butte, je m'en tire pas mal! » lance-t-il en riant.
L'écrivain et blogueur a déjà participé quelques fois à l'X-Trail, à Orford. « J'ai beaucoup d'amis là. Orford, c'est un de mes terrains de jeu. J'y vais moins souvent, car c'est un peu plus loin. J'essaie d'y aller une couple de fois, au printemps et à l'automne. »
On sent un véritable engouement pour les ultramarathons. À quoi attribue-t-il cet intérêt pour les courses d'endurance? « Je pense que les gens ont besoin de se dépasser, peut-être parce qu'on vit des temps un peu moroses, une période pas très joyeuse dans le monde en général. Il y a peut-être une insatisfaction. Moi, j'en avais une... Une insatisfaction d'aventure, indique-t-il en précisant que ça n'avait rien à voir avec sa vie familiale. J'avais l'impression de passer à côté de mes rêves de petit bonhomme. C'est une façon de me replonger là-dedans. »
Le comédien a longtemps été un grand fumeur, une mauvaise habitude qu'il a abandonnée il y a quelques années. « Un jour, j'ai compris. J'allais avoir 40 ans. Il était temps de passer à autre chose », écrit-il dans Territoires inconnus. « La course a été une bouée de sauvetage. C'est comme ça que j'ai réussi à arrêter », précise celui qui est aussi un passionné de littérature. Aujourd'hui, à l'aube de la cinquantaine - il aura 49 ans ce printemps - il est plus en forme qu'à 20 ans.
Que conseillerait-il à un sédentaire qui a envie de bouger, mais qui a du mal à passer à l'action?
« Il faut faire ce qu'on aime, que ce soit aller marcher, faire du vélo, mais il faut y aller, même quand ça ne te tente pas, il faut y aller quand même. Ça vient que ça fait partie de nous », dit-il en ajoutant qu'il le ressent lorsqu'il ne va pas courir.
Côté alimentation, Patrice Godin précise qu'il n'est pas devenu un « fou furieux » depuis qu'il s'est mis aux ultramarathons. Mais lorsqu'on bouge davantage, on a moins envie de s'empiffrer de hamburgers. « Si je le fais, les gens peuvent le faire à différents degrés. Tout le monde peut changer pour le mieux. »
Vous voulez y aller?
Patrice Godin
Mercredi 18 janvier, 19h à 20h30
École de la Montée, pavillon Le Ber
940, rue de la Sainte-Famille
Achat de billets: www.audreyconference.com