Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
Éric Lavoie et sa fille Lucie, au mont Bellevue.
Éric Lavoie et sa fille Lucie, au mont Bellevue.

Pas d’âge pour rouler en montagne

CHRONIQUE / Lucie, six ans (presque sept!), mesurant à peine trois pommes et demie, bien concentrée sur son vélo en montagne : la photo a capté mon attention sur mon fil Facebook. J’ai ouvert grand les yeux : elle a du cran, quand même! La passion du vélo de montagne est grandissante au Québec, et les enfants n’y échappent pas. Ici et là, des installations poussent pour les aider à développer leurs habiletés.

La fillette d’un couple d’amis en est à ses premières descentes. Père et fille sont allés ensemble au mont Bellevue, notamment.

« Ce qui fait bien à cet âge-là, avec la grosseur de roue qu’elle a, ce sont les pumptracks. Ça permet d’apprendre la technique avant d’aller dans les vraies pistes », souligne le père de Lucie, Éric Lavoie.

« J’aime la pumptrack, j’aime beaucoup les virages et les bosses », me lance Lucie, aux côtés de ses parents, Éric Lavoie et Émilie Richard.

« C’était cool de la voir aller. Je disais : mon bébé est là-dedans. J’étais impressionnée. Elle voulait vraiment réussir et ça l’a motivée. On y apprend aussi qu’une journée, ça peut être plus difficile dans une piste, mais qu’à force d’essayer, elle va finir par l’avoir. Il reste qu’elle aime ça, ça aide. »

« Elle a commencé tranquillement en descendant des bandes de trottoirs et des petites marches. Ce sont des choses qui donnent confiance et qui lui apprennent à contrôler son vélo. Éric lui a fabriqué une petite plateforme pour rouler là-dessus », note Émilie. « Au début je lui demandais : t’es sûre que tu veux le faire? »

Respecter ses limites

« Je dis tout le temps à Lucie : il faut que tu te fasses confiance. Si tu le sens pas (c’était la même chose pour moi), qu’il y a une racine et que tu n’es pas sûre, qu’il y a trop de roches, il faut que tu descendes de ton vélo et que tu passes à côté, que tu écoutes ta petite voix », commente Émilie.

C’est d’ailleurs l’un des premiers conseils que donne Simon Drouin aux parents.

Codirecteur de la Coop Carbure Aventure, qui gère la base plein air André-Nadeau, Simon Drouin voit beaucoup d’enfants et d’adolescents s’élancer en montagne. Pendant la période estivale, des camps sont offerts aux jeunes.

« Avec les enfants, il faut qu’ils finissent avec le sourire. C’est une activité très demandante. Pour les personnes qui en font depuis longtemps, c’est facile d’oublier. Mon message, c’est que tu es mieux de sous-estimer (l’enfant), autant au niveau des défis que de l’intensité physique. C’est mieux que la personne trouve ça plus facile qu’elle se sente inadéquate ou qu’elle ait peur. Vaut mieux mettre la barre moins haut. »

« C’est comme le ski alpin : il faut commencer tranquillement », image Éric en ajoutant qu’il fait attention à ne pas pousser sa fille.

Lucie, du haut de ses six ans, au mont Bellevue.

« En vélo de montagne, il n’y a pas de limite à ce que tu peux faire, mais tout est question de technique, de confiance et de laisser-aller. Il y a du laisser-aller là-dedans, c’est ce qui est le plus difficile », observe Éric, qui en fait depuis 10 ans.

Simon Drouin trace aussi le parallèle avec le ski alpin.

« Il y a une croissance vraiment incroyable. C’est passé d’un sport juste pour les personnes initiées à la population en général, comme les familles... Il y a plein de personnes et de familles qui pratiquent le sport et l’utilisent pour orienter leurs vacances et découvrir des endroits. »

Émilie y voit une belle occasion de créer des moments père-fille.

« Je trouvais ça chouette de les laisser aller pour qu’ils passent du temps ensemble et qu’Éric puisse transmettre sa passion à Lucie. »

La première fois qu’il a décidé de l’amener, je voulais aller voir. J’étais curieuse et ça m’énervait un peu. J’étais capable de les suivre un peu, sur certaines pistes. Je faisais comme ma mère, un peu, en lui disant de faire attention! »

Pour Éric, il est moins stressant de l’amener à la montagne que de rouler dans la rue, où il doit avoir des yeux tout le tour de la tête.

« Lucie aime essayer, elle n’est pas casse-cou et elle s’écoute », observe le papa fier.

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Un nouveau parc à Mansonville

Un parc pour les cyclistes de montagne voit le jour à Mansonville. Le Wolf Bike Park (WBP), l’initiative de Simon Drouin et d’Alexandre Duquette, s’adresse principalement aux adeptes intermédiaires et experts. Simon Drouin porte plusieurs chapeaux, dont celui d’entraîneur et de fondateur de l’école de vélo de montagne Level Up MTB. Il offre des cours privés et semi-privés aux adultes. Ces derniers peuvent pratiquer leurs sauts et leurs virages surélevés, notamment, dans des pistes d’habiletés situées dans un décor magnifique. « On travaille là-dessus depuis septembre passé et ça s’en vient très bien. » Le duo, qui travaille avec d’autres passionnés, est en mode préouverture. Les clients pourront suivre différentes cliniques les week-ends de septembre. Une ouverture au grand public est toutefois prévue lors de la saison prochaine. Une campagne de financement a permis d’amasser 15 000 $. « Les donateurs ont priorité sur les réservations », explique Simon Drouin.

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Des suggestions pour les familles

> Écho Sentiers 47, à Québec : « Ce sont de beaux sentiers d’initiation et il y a une expertise au niveau jeunesse. C’est un énorme centre, c’est reconnu pour les enfants. »

> Le mont Oak, à Bromont : « Pour une famille qui veut s’initier, c’est une bonne place. Il y a assez de sentiers pour une ou plusieurs journées de découvertes. »

> « Il y a certains petits circuits de la Sépaq à Orford : les sentiers pas trop longs de 1 ou 2 km. »

> Le mont Bellevue à Sherbrooke est une option où il y a plus de dénivelés.