Party de sucre

EN CUISINE / Chronique à 90 pour cent de cacao et à fort index glycémique aujourd’hui. Parce que l’Halloween est une fête presque aussi attendue que Noël chez les tout-petits (et les plus grands aussi?!), et parce qu’il reste encore quatre jours avant que vos mini-monstres, somptueuses sorcières et autres petits fantômes effrayants ne sillonnent les rues du quartier avec leur citrouille, voici quelques recettes de douceurs maison à confectionner en famille. Pour amorcer le décompte sur une note sucrée. En écoutant SOS Fantômes. Ou pas.

Variations sur le thème du cacao

C’est archi connu : les petits chocolats trônent au sommet du palmarès des friandises halloweenesques. On me rapporte que dans certaines chaumières, il n’est pas rare de voir se déployer des chicanes titanesques pour la dernière Aero. Mais pas chez nous. Pendant longtemps, les allergies alimentaires ont mis un frein à notre enthousiasme chocolaté. Aucune petite barre n’était sécuritaire pour notre cocotte. On a donc relevé nos manches. Et on a fait du chocolat. Beaucoup de chocolat. Énormément de chocolat. En s’amusant avec les moules et les recettes, à l’Halloween autant qu’à Pâques. Je vous ferai grâce de notre version d’œufs Cadbury’s maison, parce que vraiment, ce n’est pas la saison, mais je vous partage ici deux pastiches de barres connues qui nous change des classiques Caramilk qu’on fait chez soi (parce que le secret, franchement, n’est pas si difficile à percer). Au menu : Bounty maison et Milky Way en bouchées. 

Barres « j’craque pour toi noix de coco »

Simplissime à réaliser, cette douceur chocolatée qui rappelle les Bounty se bricole avec seulement trois ingrédients : noix de coco non sucrée, lait condensé sucré, chocolat au choix.

On commence par amalgamer du lait condensé et de la noix de coco de façon à obtenir une pâte relativement ferme et malléable. On façonne des petites barres. On met celles-ci au frigo plusieurs heures, sur une plaque recouverte de papier parchemin.

Après le temps de réfrigération, on trempe chaque barre dans du chocolat (au lait ou noir) préalablement fondu. On laisse prendre sur une plaque recouverte de papier parchemin.

Note : pour une version végétalienne, il est possible d’utiliser du lait condensé à la noix de coco, disponible dans les magasins d’aliments naturels. On peut y ajouter une cuillère à soupe d’huile de coco fondue, afin de favoriser la prise du chocolat au frigo.

Milky Way en bouchées

Ce n’est pas une barre emblématique ni un grand classique, mais son centre fondant a un certain charme. Plusieurs recettes se font avec des œufs, mais celle-ci utilise plutôt du Cool Whip, une garniture fouettée surgelée aux ingrédients assez peu ragoûtants. Mais hé, ho, c’est l’Halloween, après tout.

On a besoin de 1 t. ½ de chocolat haché (mi-sucré, blanc ou noir, c’est au choix), 2 t. de garniture fouettée, une c. à thé de vanille. On mélange le chocolat préalablement fondu avec la garniture fouettée, avant d’y ajouter la vanille. Lorsque tout est bien amalgamé, on presse dans un moule rectangulaire recouvert d’un papier parchemin. On dépose le tout au réfrigérateur pour au moins une heure.

On taille ensuite la mousse en carrés, qu’on trempe dans du chocolat fondu, au choix. Et c’est tout. Et c’est bon.

Chics chocogrenouilles

Un mot. Chocogrenouille. Fans finis de Harry Potter, je sais que vous êtes nombreux, je sais que vous êtes conquis. La batracienne chocolatée n’a peut-être pas de vertus magiques comme dans le livre de J.K. Rowling, mais elle est assurément délicieuse. Du moment que vous choisissez un chocolat de qualité, évidemment. De toute façon qui voudrait bâcler une chocogrenouille?? Certainement pas moi. Le chocolat noir de couverture à 70 % de cacao fait ici des merveilles. Davantage encore si on prend soin d’étendre une mince couche de chocolat fondu au pinceau (de silicone, par exemple) dans le moule, question d’avoir une forme parfaite. N’essayez pas de contourner cette essentielle étape. J’ai essayé, pour voir, et au démoulage, bien malin qui aurait pu dire si c’était une grenouille, un crapaud écrasé ou une souris mutante. Le diable est dans les détails et celui-là compte triple.

Le tempérage du chocolat est un autre élément important. Il y a plusieurs façons de faire, vous pourrez aisément trouver celle qui vous convient sur l’internet. C’est là, aussi, que vous pourrez dénicher un moule à chocogrenouilles. Ici, c’est un achat que les enfants ne regrettent pas. Déjà plusieurs recettes de rainettes au cacao ont été expérimentées dans ma cuisine, tantôt avec une garniture au riz soufflé, tantôt avec des noix variées tantôt encore avec du chocolat blanc. Vous voyez l’idée, les chocogrenouilles s’apprêtent de toutes les façons. La dernière expérimentation de ma marmaille a permis de « sauver » de petits caramels maison délicieux, mais définitivement trop coulants. Je mets le blâme autant sur l’exactitude de mon thermomètre à bonbons que sur mon impatience devant le chaudron. La confiserie, c’est de la chimie. Même si je n’ai jamais fait exploser de bécher pendant mes cours de sciences, j’avoue que je n’étais pas la plus appliquée des chimistes en herbe. Bref, les caramels ratés (je vous épargne la photo du désastre) ont été judicieusement réutilisés par mes jeunes cuistots pour jazzer l’intérieur de toute une tribu de grenouilles au chocolat. Qui a disparu comme par magie, évidemment.

Bonbons au maïs (candy corn) végétaliens
(recette tirée du livre Vegan Holiday Cookbook, d’Isa Chandra Moskowitz, éditions Little Brown)

Voilà une classique friandise sucrée de mon enfance qui n’a pas tellement impressionné les enfants. Ils ont vite trouvé que des espèces de carottes trois couleurs à façonner, ce n’était vraiment pas assez inventif. Après un premier plateau, ils se sont lancés dans le colorant à fond la caisse. Pierres tombales, fantômes, citrouilles, monstres à trois yeux et autres créatures dans le ton ont vu le jour sur mon îlot de cuisine. Petits doigts tachés, minois barbouillés et comptoir catastrophe en prime. Pas grave, ils ont dû davantage de plaisir à jouer avec la pâte sucrée qu’à la manger. Au chapitre du goût, rien à redire, le goût fondant des bonbons leur a plu « même si c’est quand même vraiment très sucré », ont-ils répété entre chaque bouchée.

Le mélange vanille et noix de coco est heureux, mais si vous n’êtes pas trop du type coconut, employez une huile de coco désodorisée, dont le goût est neutre.

Ingrédients
1 t. ¼ de sucre en poudre tamisé
6 c. à thé de fécule de maïs
¼ c. à thé de sel
½ t. de sucre granulé
1/3 t. sirop de maïs clair
2 c. 1/2 à soupe d’eau
2 c. à soupe d’huile
de coco raffinée
½ c. à thé de vanille
Colorant alimentaire

Préparation

Dans une grande casserole, combiner le sucre, le sirop de maïs et l’eau.
Chauffer le tout à feu moyen.
Ajouter l’huile de coco.
Laisser mijoter à feu moyen jusqu’à ce que le thermomètre à bonbon indique 230 degrés F.
Retirer du feu, ajouter le sucre en poudre, la fécule de maïs, le sel et la vanille. Bien mélanger.
Verser la préparation sur une plaque préalablement tamisée de papier parchemin.
Attendre une quinzaine de minutes.
Lorsque la pâte est suffisamment refroidie, la diviser et la colorer avec les teintes de colorant alimentaire choisies (orange, jaune et blanc, si on choisit de faire comme les bonbons originaux).
Façonner les bonbons et les déposer sur une autre plaque recouverte d’un papier parchemin. Conserver au réfrigérateur, pour que les friandises conservent bien leur forme.