L’aqueduc de Santiago de Querétaro est l’un des éléments les plus distinctifs de cette ville mexicaine.

L’importance historique de Santiago de Querétaro

CHRONIQUE / Le site de Booking.com laissait entendre que ce serait la folie furieuse, qu’il serait difficile de trouver où loger à Santiago de Querétaro (Querétaro pour les intimes), en plein cœur du Mexique. À voir les rues piétonnes de la vieille ville grouiller de badauds à la recherche d’aubaines, j’ai cru qu’il s’agirait d’une autre de ces villes artificielles où les touristes ont pris le dessus sur la population locale.

La voiture s’est garée dans une petite rue à sens unique, entre deux rangées de bâtiments coloniaux colorés. Des fanions mexicains aux couleurs vives étaient suspendus entre les toits. Là, l’agitation du centre-ville, pourtant à cinq minutes de marche, laissait place au calme plat.

Ce que j’adore plus que tout au Mexique, c’est précisément me promener dans ces petites rues résidentielles sans me faire piler sur les pieds par d’autres étrangers lunatiques comme moi. Et ce jour-là, Booking.com avait menti. Les hôtels ne débordaient pas. Et je suis tombé amoureux de cette vieille ville sans connaître encore toute l’histoire qu’elle renferme.

C’est à Santiago de Querétaro que sera signé le traité de Guadeloupe Hidalgo, traité qui met fin à la guerre américano-mexicaine, en 1848. C’est là aussi que l’archiduc Maximilien de Habsbourg, aussi appelé Maximilien 1er, sera jugé et exécuté en 1867.

Si le Mexique compte 35 sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, Santiago de Querétaro figure sur la liste deux fois plutôt qu’une. La ville est située sur le Camino Real de Tierra Adentro, un tronçon de la route royale qui relie Mexico à Santa Fe.

Surtout, ce sont les monuments historiques qui retiennent l’attention dans la vieille ville. On en trouve plus de 1400, dont les nombreuses églises, qui comportent presque toutes un panneau signalétique quelque part près de l’entrée. C’est sans compter l’impressionnant aqueduc, long de 1,2 km, construit entre 1726 et 1738. Cet emblème de Santiago de Querétaro compte 74 arches et il peut être observé d’un observatoire aménagé à une extrémité de la vieille ville.

Pour les petits et grands, une maquette relativement à l’échelle des sites historiques de la ville, avec un panneau explicatif de l’UNESCO, se trouve à l’entrée du parc Alameda Hidalgo, sur l’avenue Zaragoza.

J’ai aimé Santiago de Querétaro pour ses nombreuses places publiques, parfois très bétonnées, parfois entourées d’arbres trop émondés, qui compte souvent une fontaine en leur centre. On y observe les passants, et dans certains cas, on s’installe à la table d’un petit restaurant pour regarder la vie aller son cours. Là, une femme avec un microphone et un haut-parleur crie les louanges de Jésus sans arrêt. Plusieurs heures plus tard, elle hurle toujours dans son micro, cette fois en poussant la (fausse) note beaucoup trop fort.

La Plaza de la Corregidora, le Jardin Guerrero, la Plaza de la Constitucion et la Plaza de Armas sont toutes plus beaux les uns que les autres et situés à un saut de puce les uns des autres. C’est sans compter le Jardin Zenea où, lors de mon passage, un orchestre soufflait des airs d’antan sous une gloriette pendant que des couples, pour la plupart âgés, dansaient joue contre joue. Ils avaient pour la plupart pris soin d’enfiler leur habit du dimanche.

Dans les rues, des amuseurs publics offraient des performances clownesques ou des acrobaties au son d’une musique encore une fois tonitruante. À ma grande surprise, ce sont surtout des Mexicains qui s’agglutinaient pour les encourager.

J’ai eu un coup de cœur énorme pour la magnifique statue du danseur Conchero, près de l’église Saint-Francis.

J’ai eu un coup de cœur énorme pour la magnifique statue du danseur Conchero, près de l’église Saint-Francis, juste en face du Jardin Zenea, qui rend hommage à une danse rituelle où les hommes arborent une coiffe surmontée de très longues plumes.

En réalité, j’ai tout aimé de Querétaro qui, dit-on, est reconnue pour la qualité de ses restaurants. Les plus traditionnels, en périphérie du centre historique, fourmillaient tellement d’activité qu’il était impossible d’y trouver une place assise.

Les plus grands, orientés vers les visiteurs, ne négligeaient pas la qualité non plus. S’il ne s’agit pas nécessairement de plats traditionnels de Santiago de Querétaro, la salade de nopal, un cactus mexicain, ou les chiles en nogada, des piments farcis de viande, de fruits et de noix, y étaient aussi excellents.

Pour le côté plus ludique, près de la Plaza de la Corregidora, à la tombée de la nuit, une dame installe un kiosque sur lequel sont posées trois cages d’oiseaux. Pour une trentaine de pesos, soit deux dollars, un des petits volatiles vous lira votre bonne fortune.

Dans une boîte de bois, des centaines de petits papiers pliés en quatre sont empilés. Quand la dame ouvre la porte de la cage, elle présente la boîte au petit oiseau. Celui-ci attend de connaître votre nom avant de procéder. À quatre occasions, il choisira un bout de papier vous représentant. Carrière, amours, succès, chacun aura son propre thème.

Enfin, de coup de cœur en coup de cœur, impossible de passer outre le Musée d’art contemporain de Querétaro. De taille moyenne, gratuit, il présente une collection d’art accessible qui nous donne envie d’en voir plus. La réplique de l’Éléphant spatial de Dali, devant l’entrée, m’avait déjà conquis. Et que dire du portrait d’Einstein réalisé avec les pièces de plusieurs jeux d’échecs.

Lonely Planet décrit Santiago de Querétaro comme une ville mal-aimée des touristes. Pourtant, c’est là que je me suis senti le plus à mon aise. Une journée ne m’a pas suffi. J’y serais resté plusieurs jours, simplement pour la regarder.

Correction : La semaine dernière, j’ai écrit qu’en visitant Chichén Itzá, dans le Yucatan, on pouvait en apprendre sur un sport de balle traditionnel qui se soldait avec le sacrifice du capitaine de l’équipe perdante. Il s’agit plutôt du capitaine de l’équipe gagnante, qui y voyait un grand honneur.

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