L’éventail de l’orientation sexuelle

CHRONIQUE / Propagande, endoctrinement, persuasion, apprentissage malsain! Souvent la réaction démontrée lorsque certains découvrent que les enfants, dès leur jeune âge, sont au fait de l’éventail que propose la diversité de genre et d’orientation sexuelle.

Effectivement, de savoir que nos petits comprennent qu’il existe plus que ce modèle binaire restreint au monde des hommes et des femmes, qu’il est possible en 2019 de dire non aux stéréotypes de genre et que l’hétérosexualité ne représente pas la seule avenue émotionnelle et/ou sexuelle fout la berlue à plus d’un.

Et s’ils sautaient sur l’opportunité d’être «non conformes»?

Fréquemment que l’on me témoigne cette crainte de faire émerger en eux la possibilité d’une orientation sexuelle autre que la sacro-sainte hétéronormativité.

Cette angoisse de susciter cette « envie » farfelue de transformer, comme à la télé, ce corps féminin en version masculine ou vice versa.

Cette inquiétude liée au fait d’endosser ces allures troublantes où messieurs arborent le vernis à ongles et mesdames congédient leurs brassières pour cette poche communément appelée coton ouaté.

« Dans quel monde vit-on? », m’affirmeront même quelques-uns.

Appel au calme

Je vous rassurerai d’entrée de jeu en vous précisant qu’il existe un monde entre l’univers des connaissances et celui que je nommerai, pour les besoins de la cause, «l’intérêt-à-mettre-en-application-les-contenus-appris».

Ici comme dans le reste, être informé sur un sujet précis n’allume en rien ce feu ardent à vouloir appliquer, net fret sec, les données relatives au thème du jour, à moins que l’étincelle y soit déjà!

En ce sens, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec rapporte qu’un jeune éduqué est en mesure de mieux se comprendre, d’établir des relations affectives respectueuses pour lui-même et les autres et de développer son esprit critique, son bon jugement et son sens des responsabilités. Voilà tout.

Dans un contexte préventif, le principe reste toujours le même, soit de prévenir au lieu de guérir, tel que le précise le dicton.

Pour ce faire, agir avant qu’un enfant vive personnellement un malaise face à son identité de genre, mais aussi à son orientation sexuelle, demeure primordiale pour assurer son bien-être et sa santé psychologique. Des dommages que j’appelle collatéraux passant du désarroi par les comportements problématiques jusqu’à l’extrême, soit le suicide, une réalité souvent tue, malheureusement.

Voici ce que propose l’organisme Enfants transgenres Canada. Parce que les causes d’intimidation sont trop souvent liées aux enjeux touchant l’homophobie et la transphobie, il y a lieu de sensibiliser nos jeunes à ce fléau en apportant un regard juste sur les mots qu’ils répandent pour que cesse le harcèlement.

Arrêter avant même que ça commence impose certainement l’éducation, l’éducation et encore l’éducation.

Et si c’était le vôtre?

L’une des premières caractéristiques du bon parent consiste assurément d’espérer la voie le plus facile pour son enfant. Qui met un bébé au monde en lui souhaitant un chemin de croix?

Bien que non souhaitée, une réalité pourtant possible pour vos petits comme pour les miens. Statistiquement parlant, le saviez-vous qu’entre 2 et 6 % des garçons et entre 5 et 12 % des filles s’identifient à un genre différent de leur sexe assigné de naissance (Moller, Schreier, Li et Romer, 2009) et qu’autour de 10% de la population canadienne est issue de la communauté LGBT (Fugues).

Souvent cachés, ces chiffres ne révélant qu’une pointe de l’iceberg de la factualité, permettez-moi de croire qu’il est fondamental que tous les enfants sachent, pour eux comme les autres, que la diversité de genre et d’orientation sexuelle existe et qu’elle est acceptable. Point final.