Le Tour de France dans son verre

CHRONIQUE / Dans la frénésie de la Coupe du monde de soccer, disons que le Tour de France est un peu passé sous le radar. Si vous avez perdu le fil vous aussi, pas de souci, il n’est pas trop tard pour un dernier sprint. Voici un résumé en quatre vins de cette 105e édition (ou la belle excuse pour s’envoyer quelques bonnes bouteilles sans raison apparente!).

VALLÉE DE LA LOIRE
Menetou-salon 2015, Clos du Pressoir, Joseph Mellot
(SAQ : 12 571 599 — 26,10 $)
Début juillet, le peloton quitte le Val de Loire — cette région qui fait rêver pour ses châteaux et ses charmants blancs de chenin et de sauvignon blanc. Cependant, on pense trop peu souvent à la Loire pour ses rouges, et encore moins pour ses pinot noir. Et pourtant! À quelques coups de pédales, au sud de sancerre, Catherine Mellot révèle le pinot de très belle façon sur les sols calcaires de l’appellation menetou-salon. Dans le verre, de fines notes minérales, de kirsch et de fleurs se présentent joliment au nez. De la souplesse, des tanins fondus et une finale qui s’accroche longuement aux papilles.

VALLÉE DU RHÔNE
Côtes du rhône 2016, Réserve de Bonpas, Bonpas
(SAQ : 12 383 352 — 13,65 $)
La course à travers l’Hexagone passant par le verger de la France, un côtes du rhône semble tout indiqué pour se garder en haleine. Cet assemblage de grenache (75 %), syrah et mourvèdre du sud de la Vallée du Rhône démontre que la région est aussi bien capable de faire des vins de soif que des vins puissants et charpentés. Son fruité généreux et joufflu diffuse d’agréables notes de cassis et de mûres, agrémenté d’un soupçon de violettes et d’épices. En bouche, le fruit poursuit sur sa lancée, soutenu par une agréable souplesse et une certaine puissance. Un petit prix qu’on boit sans se casser le bicycle et sans négliger son plaisir!

LANGUEDOC
Minervois 2017, Le Régal, Le Loup Blanc (bio)
(SAQ : 12 883 429 — 19,50 $)
Ce rosé descend comme une limonade par une chaude journée d’été. Mené en biodynamie par le restaurateur montréalais Alain Rochard et ses partenaires, le domaine Le loup blanc s’enracine dans le vignoble minervois. Ce respect du terroir se prolonge à la cave où la fermentation se concrétise sous l’action des levures indigènes, sans ajout de produits œnologiques. 

Dans la bouteille, le duo grenache-cinsault s’exprime avec délicatesse et candeur. Le caractère floral et rafraîchissant du Régal pose efficacement les bases d’un apéro avec les copains. Quelques gaspachos servis dans des verres à shooter et le tour est joué!

ROUSSILLON
Collioure 2016, La Pinède, Domaine La Tour Vieille
(SAQ : 13 638 513 — 26,15 $)
La grande boucle se poursuit à l’ombre des Pyrénées, sous les chauds rayons du soleil du Roussillon. Le port éponyme a donné son nom à l’appellation collioure, organisée en feches (terrasses en catalan) et naturellement 100 % non mécanisable. Surplombant la Méditerranée, le Domaine de la Tour Vieille opère en agriculture raisonnée, avec très peu d’interventions phytosanitaires, et exclusivement en travail manuel. Le grenache, cépage roi de la côte Vermeille, domine ici l’assemblage et est complété par le mourvèdre et le carignan. 

Voilà qui est fichtrement bien roulé! Le nez gorgé de soleil évoque le cassis et la confiture de bleuets. C’est bien structuré, fougueux, épicé, généreux et doté d’une finale persistante. Bonheur assuré avec une escalivade, une délicieuse spécialité catalane de légumes — à base d’aubergines et de poivrons rouges — d’abord rôtis puis arrosés d’huile d’olive et servis en accompagnement.