Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
« C’est capotant là-bas : les falaises, les parois, les chutes, les canyons, les marais... L’île est vraiment un monde unique, c’est notre Galapagos à nous. C’est un monde à part », fait valoir Yves Tremblay au sujet de l’île d’Anticosti. Ci-dessus, la chute Vauréal.
« C’est capotant là-bas : les falaises, les parois, les chutes, les canyons, les marais... L’île est vraiment un monde unique, c’est notre Galapagos à nous. C’est un monde à part », fait valoir Yves Tremblay au sujet de l’île d’Anticosti. Ci-dessus, la chute Vauréal.

Le Québec tout en hauteur

CHRONIQUE/ Du haut des airs, le photographe aérien Yves Tremblay a le privilège de découvrir notre Québec autrement. En parcourant ses photos d’Anticosti, j’ai l’impression de m’imprégner de la beauté des lieux par procuration. Pour l’Estrien adepte de plein air, la photo est le prolongement professionnel de cet amour de la nature.

Son Québec, Yves Tremblay le connaît bien, très bien. Au sol ou en altitude. 

« Quand je décolle de Montréal et que je vais à Gaspé, on longe le fleuve : chaque village, chaque rivière, chaque pont, chaque église, chaque fois que je vois quelque chose de beau, je prends des photos. J’ai monté une banque de 555 000 photos aériennes en 20 ans », raconte le président-fondateur de l’agence Les yeux du ciel.

Il caresse d’ailleurs le projet de regrouper les beautés du Québec vues du haut des airs dans un livre, qui doit paraître en décembre 2022. Les clichés des beautés naturelles et architecturales seront aussi présentés en grand format. « On est supporté par de grandes corporations qui veulent faire connaître le Québec du haut des airs. Le lancement du livre sera accompagné d’une exposition de grandes photos. » 

Parmi ces œuvres naturelles grandioses, Anticosti, qu’il a été invité à survoler par Safari Anticosti, pourvoirie de l’île et partenaire du projet de bouquin.

« Ça fait deux fois que je vois Anticosti en vol. Tu ne peux pas passer à côté d’Anticosti, comme tu ne peux passer à côté du rocher Percé ou de Manic 5. Le propriétaire de Safari Anticosti m’a invité. On est allé l’automne passé et on est retourné cet été. On a deux saisons d’images aériennes. C’est capotant là-bas : les falaises, les parois, les chutes, les canyons, les marais... L’île est vraiment un monde unique, c’est notre Galapagos à nous. C’est un monde à part. »

La réalité de la photographie en hélicoptère fait en sorte qu’Yves Tremblay, qui agit comme copilote et photographe, doit prévoir plusieurs jours au même endroit. 

Yves Tremblay, président-fondateur de l’agence Les yeux du ciel.

« Pour chaque zone éloignée, on prévoit une semaine à 10 jours. On peut être cloué au sol par la météo. Que ce soit les alpinistes ou les randonneurs, il faut qu’ils prévoient ça. Justement, lorsqu’on est allé cet été, on a été cloué au sol trois jours par la brume, la pluie fine, et une autre journée à cause du vent. » 

La contrainte météorologique s’est toutefois transformée en série de découvertes. Quand le soleil s’est pointé, l’équipe était prête.

Ces aperçus aériens sont souvent un prétexte pour revenir là où il n’a fait que passer.

« Quand je survole un site, je veux y retourner au sol. Je veux amener ma blonde ou un de mes quatre gars, qui viennent souvent avec moi en vol. On découvre des affaires qui me donnent juste le goût d’y retourner. »

Devenir touriste en travaillant 

Si la météo collabore dès les premiers jours de son mandat, Yves Tremblay en profite ensuite pour découvrir les environs en jogging, en randonnée, en vélo de montagne ou en kayak. « Tant qu’à être dans le coin une semaine... Je deviens un touriste », lance-t-il. 

Les grands espaces occupent de plus en plus de place dans les mandats qu’on lui confie.  

« Encore plus avec le confinement, on veut faire connaître les beautés naturelles du Québec et bien sûr, les préserver », dit celui qui reçoit notamment des mandats d’organisations comme la Sépaq.

« Quand j’ai commencé il y a 20 ans, c’était beaucoup les parcs industriels, les Cascades et Bombardier de ce monde, ensuite ça a été les infrastructures. Le pont Champlain, je l’ai fait tous les mois pendant quatre ans, pour suivre l’évolution de la construction du nouveau pont. J’en fais des infrastructures, des industries, même des universités et des hôpitaux. » 

Derrière sa lentille, l’entrepreneur ne voit pas que la beauté du paysage ou la magnificence d’une ancienne résidence officielle devenue musée : il y voit, également, le devoir de mémoire et de préservation.

Yves Tremblay s’attendait à ce que les activités ralentissent avec la COVID, mais le contexte pandémique est un prétexte pour mettre en lumière les beautés de la province. « La nature, elle ne change pas. Notre plus grande richesse au Québec, c’est nos saisons. Peu importe le paysage, que ce soit le fleuve, nos montagnes, nos rivières, nos lacs, ils changent. 

Ça, du haut des airs, j’ai le privilège de le voir. »   

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