Sébastien Roulier lors de sa participation au Défibrose l'an dernier.

Le mont Orford pendant 24h pour Roulier

Joindre l'utile à l'agréable. Le Sherbrookois Sébastien Roulier n'est pas du genre à accepter une présidence d'honneur les bras croisés. Il le prouvera une fois de plus en s'attaquant pendant 24 heures au mont Orford dans le cadre du Défibrose Mont Orford ce samedi. Un exploit qu'il signera pour la troisième fois en autant d'années.
Alors que la population pourra participer à l'événement-bénéfice ce samedi à compter de neuf heures en s'élançant dans la piste 4 km en marchant ou en courant le nombre de fois qu'ils se sentiront capables de le faire, Sébastien Roulier aura amorcé son 24 heures du Défibrose la veille, plus précisément sur le coup de 15 heures. Dans un cas comme dans l'autre, l'aventure se terminera samedi à 15 h à la base du mont Orford.
Cette année, Roulier tentera d'abaisser sa marque de 27 montées-descentes en 24 heures établie en 2016.
« Je sais que je peux me rendre à 28. L'an dernier j'avais encore 15 minutes devant moi et j'avais pris du temps dans les dernières montées pour jaser et faire des entrevues. Pour le moment, je suis confiant que ça se déroule bien. Il n'y aura pas d'échec, car tout ce que je fais est le passage vers un autre défi », mentionne l'ultramarathonien.
La nuit
Celui-ci se méfie toujours un peu plus de la nuit. « Autour de deux ou trois heures du matin, mon corps réclame du repos et je suis plus lent. Le jour, je n'ai aucun problème à être seul dans la montagne, mais la nuit c'est un peu plus difficile. Heureusement, dès que le soleil se pointe, j'ai un regain de vie. »
Le message est passé et si vous désirez accompagner Sébastien Roulier dans la nuit, vous êtes les bienvenus. Mais seul ou pas, ce dernier apprécie tous ses allers-retours dans la montagne et son enthousiasme n'en souffre point. « C'est le même paysage pendant 24 heures, mais il y a quand même des différences comme l'éclairage et les rencontres que je fais. Ce que j'aime par-dessus tout, c'est de trouver mon rythme, être en mouvement. Me laisser imprégner par ce que je vois, je sens ou je ressens. Il n'y a pas une montée-descente qui se ressemble », jure-t-il.
À savoir si Sébastien Roulier se sent en forme pour relever ce nouveau défi en fin de semaine au mont Orford, celui-ci a sa réponse déjà toute prête. « Au mois d'août j'ai conquis les 48 plus hauts sommets (4000 pieds et plus) des Montagnes blanches au New Hampshire. J'ai réparti ça en quatre sorties sur huit jours qui ont totalisé 87 heures de randonnées et de courses. Cela représente un total de 368 kilomètres et 22 000 mètres de dénivelé positif pour atteindre tous ces sommets », fait-il valoir.
Pour son mot de la fin, le pédiatre-intensiviste a parlé de cette cause qu'il épouse avec le Défibrose. « Quand une cause médicale propose un événement sportif ça me rejoint doublement. Si vous passez par le mont Orford durant l'événement, je vous invite à donner généreusement pour financer la recherche. Cela aidera des personnes atteintes de la fibrose kystique avec des soins individualisés de grande qualité. »
Que ce soit pour admirer l'exploit de Sébastien Roulier, appuyer le comité régional de l'Estrie de Fibrose kystique Québec avec un don ou profiter de la Flambée des couleurs qui se déroule simultanément, le mont Orford devient un passage obligé en fin de semaine.
À la mémoire de Louis Plante
L'an dernier, une soixantaine de personnes avaient relevé le défi lancé par le comité régional de l'Estrie de Fibrose kystique Québec.
Grâce à cet événement-bénéfice, plus de 8000 $ ont été amassés afin de financer la découverte éventuelle d'un traitement pour guérir la fibrose kystique.
La première édition du Défibrose Mont Orford s'était tenue en l'honneur de Sarah-Eve Fontaine, cette jeune Windsoroise atteinte de fibrose kystique qui est décédée en juin 2016 après avoir reçu de nouveaux poumons et combattu un cancer.
Pour la 2e édition, un hommage sera rendu à Louis Plante, décédé cette année de la fibrose kystique, à l'âge de 40 ans. M. Plante est l'inventeur du Frequencer, un appareil qui permet à des milliers de personnes souffrant de problèmes respiratoires chroniques de dégager leurs voies respiratoires.
Considérée comme la maladie génétique mortelle la plus répandue chez les enfants et les jeunes adultes, la fibrose kystique touche plus de 1400 familles au Québec. Avec la collaboration d'Alain Goupil
Il y aura plusieurs bonnes raisons de se rendre au mont Orford ce week-end, tant pour la tenue de Défibrose que pour la flambée des couleurs.
Les conseils d'un ultramarathonien
L'ascension du mont Orford à la portée de tous, Sébastien Roulier y croit fermement. Que ce soit à l'occasion de la Flambée des couleurs ou lors du Défibrose ce samedi et même en dehors de ces périodes, le mont Orford est devenu un lieu de plus en plus fréquenté pour bouger et respirer l'air pur.
L'ultramarathonien Sébastien Roulier y va quand même de ses conseils pour ceux et celles qui seraient tentés par une première expérience.
« Pour une première visite à Orford, la 4 km est une valeur sûre. Il faut trouver son rythme, car ça monte dès le départ. Ça peut surprendre le débutant, mais il ne faut pas se décourager par les premières tensions, car ça finit pas s'estomper. Pour rendre une première montée agréable et avoir envie de répéter l'expérience, prévoyez des pauses et il faut bien s'hydrater », prévient l'homme de fer.
À sa grande surprise, Roulier remarque que très peu de personnes utilisent des bâtons conçus pour la marche. « C'est tellement utile pour la personne novice. En allongeant bien les bras, ça permet de répartir la charge de travail. En descente, c'est comme si nous avions un appui sur quatre jambes pour se soutenir. C'est tellement moins dommageable pour les jambes, les genoux, les chevilles. En utilisant des bâtons, c'est tout le haut du corps aussi qui est sollicité. C'est beaucoup plus complet. »
Habitué des montagnes et notamment du mont Orford, ce dernier endroit continue d'émerveiller Roulier.
« Je découvre encore des sentiers. Le XMan m'a mis en contact avec des sous-bois qui m'étaient méconnus. J'ai aussi découvert le sentier perdu au sommet d'Alfred-Desrochers, un sentier qui mène au Pic de l'Ours. »
« Chaque sortie est unique. Le moment choisi aussi. J'apprécie tout le temps passé dans cette montagne. »