Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
La Via Ferrata du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait être l’une des plus impressionnantes au monde.
La Via Ferrata du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait être l’une des plus impressionnantes au monde.

Saguenay-Lac-Saint-Jean, royaume du fjord et du bleuet

CHRONIQUE / Quand on parle du Royaume, au Québec, on pense forcément au Saguenay-Lac-Saint-Jean. On imagine ses bleuets, son fjord grandiose et sa petite maison blanche, qui a héroïquement fait un pied de nez au déluge qui menaçait de l’emporter en 1996.

Je suis de ceux, coupables, qui n’ont pas encore vu La Fabuleuse histoire d’un Royaume, cette fresque historique qui attire quelque 35 000 visiteurs annuellement. Mais il faudra attendre à l’an prochain pour ce bain de culture incontournable, ce qui ne sera certainement pas un frein à une visite vers Saguenay, Alma ou Saint-Félicien, parce qu’il y a fort à faire au grand air, sur l’eau ou en montagne.

Si en plus on se fie aux bonnes adresses que nous donne Julie Dubord, directrice générale de Tourisme Saguenay–Lac-Saint-Jean, c’est tout un mois qu’il faudra prendre pour commencer à explorer la région et ses trésors plus ou moins bien cachés.

Bien entendu, avant de prendre la route, cet été, assurez-vous de suivre les recommandations de la Santé publique et vérifiez que les lieux qui vous intéressent sont ouverts et disposés à vous recevoir.

Q Quelles sont les attractions les plus populaires au Saguenay-Lac-Saint-Jean?

R Notre produit qui est clairement une locomotive pour les autres est le Zoo sauvage de Saint-Félicien. Il faut prévoir une journée pour la visite. Même le soir on y propose des activités. Qu’on ait des enfants ou non, on y a du plaisir. À 35 km de là se trouve le village historique de Val-Jalbert, le site d’une ancienne usine de pâte à papier qui est devenu un village fantôme. On peut y dormir dans une auberge ou en camping, dans une ambiance d’autrefois, avec le confort d’aujourd’hui. Il y a même une chute qui est plus haute que celles de Niagara.

Nous avons aussi trois parcs nationaux et un parc marin, soit le parc national de la Pointe-Taillon, avec des kilomètres de plage, du camping sauvage et du vélo, et le parc du Fjord-du-Saguenay, avec la plus belle Via Ferrata. Celui qui crée ce genre de circuit croit qu’il s’agit du site le plus beau et le plus adapté à la Via Ferrata. L’autre parc serait celui des Monts-Valins, avec des montagnes, des occasions de randonnée et d’excursion.

Justement, les occasions de plein air ne manquent pas chez vous.

R Nous sommes la région avec la plus forte concentration d’entreprises reconnues en écotourisme au Québec avec un éventail complet de tout ce qu’on peut faire en aventure, comme du kayak de mer. On peut aussi faire le tour du lac Saint-Jean en vélo.

La Chocholaterie des Pères Trappistes est reconnue pour ses bleuets dans le chocolat. - Photo fournie par Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean

Q Du point de vue de la gastronomie, on peut présumer que les petits fruits sont rois au Saguenay-Lac-Saint-Jean?

R Nous avons un climat particulier. Tout le monde a déjà entendu parler de nos bleuets. Le caractère boréal nous permet aussi de cueillir la camerise et la canneberge, des produits avec une valeur antioxydante. La table traditionnelle compte bien sûr la fameuse tourtière, la soupe aux gourganes. Mais nous avons une nouvelle modernité avec le réseau des chefs de la Zone Boréale. Ce sont des tables avec des produits du Saguenay. Parmi les entreprises incontournables, la Chocolaterie des Pères Trappistes, à Dolbeau-Mistassini, fabrique des fruits frais trempés dans le chocolat qui sont à tomber par terre.

Délices du Lac-Saint-Jean est une entreprise qui est passée aux Dragons et qui propose des produits dérivés du bleuet. C’est aussi un économusée. Et bien sûr, on pense à la Fromagerie Boivin. Je suggère d’y aller le dimanche matin et de faire la file pour les produits frais. Notre classique, c’est le fromage avec un chips au ketchup et une liqueur aux fraises.

Q Et si jamais il pleuvait, auriez-vous des musées à recommander?

R J’ai un coup de cœur pour le Musée du fjord, à La Baie. Le musée est au bord de la rivière Saguenay. À marée basse, on peut aller cueillir les crustacés et les invertébrés.

J’aime aussi le côté bâtisseur de notre région. Nous sommes passés à travers plusieurs épreuves, dont le déluge. Je recommande la Pulperie de Chicoutimi et l’Odyssée des Bâtisseurs à Alma.

Q Pour ceux qui voudraient fuir les grands centres, quels villages valent le détour?

R L’Anse-Saint-Jean! C’est vraiment une incursion dans le fjord. Souvent, les gens qui s’y rendent ne veulent plus partir. On y trouve la Cabane à glaces, des boutiques d’artisans et le Bistro de l’Anse est une super table qui offre des spectacles.

Il faut aussi voir Sainte-Rose-du-Nord, qui offre tout un point de vue sur le fjord. Quand on arrive par la route, on se sent presque en Suisse à cause du dénivelé.

Q Quel serait le secret bien gardé qu’il faut découvrir?

R Je dirais Cristal du lac à Métabetchouan–Lac-à-la-Croix. M. Belley et ses filles ont une expertise en géologie. L’entreprise se trouve sur un gisement de quartz de plusieurs couleurs. Mon coup de cœur est pour la famille elle-même. Notre secret bien gardé, c’est les gens dans les entreprises.

Le parc national du Fjord-du-Saguenay offre des points de vue qui n’ont rien à envier aux grandes destinations internationales.

Q Où la population locale devrait aller pour redécouvrir sa région?

R Autant au Zoo de Saint-Félicien qu’au village de Val-Jalbert, pour redécouvrir nos produits principaux. Ils changent avec le temps.

Q Qu’en est-il du tourisme autochtone?

R À Mashteuiatsh, à quelques pas de Roberval, on trouve le Musée amérindien de Mashteuiatsh. On peut faire du camping ou dormir dans une auberge. C’est très prisé par la clientèle internationale. Pour moi, le propos touristique est secondaire. On nous y présente des valeurs dont on devrait tous s’inspirer. C’est une chance d’avoir une communauté autochtone très vive.

Q En terminant, auriez-vous un mythe que vous voudriez défaire à propos de votre région?

R L’élément qui revient souvent, c’est qu’on est loin. Je ne suis pas d’accord. Nous sommes à deux heures de Québec. La route 175 est très sécuritaire. Nous sommes reconnus comme étant des bons vivants. Nous sommes fiers de notre chauvinisme. Et j’oserais dire que s’il y a un endroit où on peut retomber en amour avec l’hiver, c’est ici! Nous avons 3600 km de sentiers de motoneige.