À l'issue de ma promenade à Sigulda, j'ai visité ce château aux allures médiévales

Le conseil de l'étranger

Il y en a des clichés quand on annonce qu'on bouclera ses valises pour abandonner son accent québécois le temps des vacances. « Les voyages forment la jeunesse », lancent les uns. « Il faut en profiter pendant qu'on peut », ajoutent les autres.
<p>En explorant à Sigulda, je suis tombé par hasard sur ces étranges sculptures contemporaines.</p>
Il y a aussi ceux qui disent fuir les grandes villes, qui assurent manger chez l'habitant et s'imprégner de la culture locale une seconde à la fois jusqu'à en être complètement imbibés. Parce que c'est plus vrai comme ça. Parce que là, on peut dire qu'on a vraiment voyagé.
Il est vrai qu'un tête-à-tête avec un Brésilien ou une Japonaise, dans leurs contrées respectives, promet des surprises, du dépaysement et un (gros) soupçon d'authenticité.
Si j'emprunte parfois cette technique pour m'égarer et garder mes distances avec les foules un peu trop compactes, j'aime aussi oublier mes livres de voyage entre deux chemises sales, tout au fond de mon sac à dos. J'aime bien leurs cartes géographiques qui me permettent de m'y retrouver quand je tourne en rond depuis des heures. Mais j'aime aussi tourner en rond pendant des heures...
Quand l'aventure m'appelle, j'engage la conversation avec les autres voyageurs que je rencontre. Je leur demande d'où ils viennent, où ils vont, et je m'intéresse surtout à leurs découvertes. Parce que je leur concède d'emblée une certaine compétence dans la capacité à s'émerveiller, à débusquer des trésors, à retenir les détails saugrenus qui font les bonnes histoires et qui méritent d'être racontés.
Vous avez vu la dernière toile que Van Gogh a peinte avant de mourir? Bien! Mais le musée me détaillera tout ce que je dois savoir. Vous avez trouvé un café rempli de chats abandonnés, où les locaux se rendent pour avoir la compagnie d'un animal à défaut de pouvoir s'en procurer un? Veux voir! Adresse s'il vous plaît.
J'ai eu cette lubie d'explorer les pays baltes. Loin des grandes tours et des cathédrales majestueuses que tout le monde connaît, il me faudrait bien être créatif. Trouver mon rythme. Regarder passer la vraie vie pendant qu'on ne m'attendait nulle part. Et que je ne m'attendais à rien.
La Lettonie, donc. Que j'aime de nom. Idem pour sa capitale. Riga! Y'a quelque chose d'exotique là-dedans.
Installé dans mon dortoir, un étage au-dessus d'un McDonald's, à un jet de pierre de la vieille ville, je me cherchais un chouïa d'inspiration. J'ai secoué un peu le premier étranger rencontré pour connaître les suggestions qui en tomberaient.
On m'a aussitôt recommandé Sigulda, que je ne connaissais ni d'Ève ni d'Adam. À 53 km de la capitale, elle promettait une sympathique balade dans un vieux train.
Là, la petite ville de 10 000 habitants, toute paisible, offrait la possibilité d'une randonnée entre ses allées verdoyantes. Mettant les mollets à contribution, j'ai parcouru la cour d'un manoir, devant lequel se trouvait un jardin original de sculptures contemporaines.
Je me suis laissé tenter par son téléphérique qui survole la rivière de Gauja, à défaut de vouloir investir dans une descente de bobsleigh. Entre les broussailles où je déambulais, j'ai fait un arrêt à un petit kiosque au milieu de nulle part. Ma dent sucrée s'est laissé tenter par des bonbons faits maison, des canneberges enrobées de sucre et d'épices cueillies à même le champ qui m'entourait. Achetez local qu'ils disaient!
Tout en vidant ma boîte de bonbons, j'ai abouti dans un ancien château, à des lieues des monstruosités artificielles et retapées qu'on voit par centaines dans les capitales européennes. Ça et encore des jardins modestes... Je me suis attardé. Je me serais incrusté pour une nuit s'il ne m'avait pas fallu rentrer à Riga.
L'étranger ne s'était pas trompé. J'ai ajouté à ma liste d'endroits visités une ville que je n'aurais jamais pensé explorer. Et j'ai comme cette envie de me perdre encore dans les hameaux lettons.
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