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La Tribune au Pérou
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L’accouchement de Virginia Saringabeni Pangoa au centre de santé de Timpia a permis d’éviter le pire pour son enfant maintenant âgé de deux ans qui avait le cordon ombilical enroulé autour du cou.
L’accouchement de Virginia Saringabeni Pangoa au centre de santé de Timpia a permis d’éviter le pire pour son enfant maintenant âgé de deux ans qui avait le cordon ombilical enroulé autour du cou.

Sauver la vie de son bébé

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
ALTO TIMPIA, Pérou – Si Virginia Saringabeni Pangoa n’avait pas accouché au centre de santé de Timpia au cœur de la jungle péruvienne, son dernier enfant serait mort en couche.

« Mon garçon avait le cordon ombilical autour du cou. Si j’avais accouché à la maison, mon bébé serait mort » , affirme Virginia Saringabeni Pangoa.

L’un des objectifs principaux du projet de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants financé par le gouvernement du Canada dans les communautés autochtones machiguengas est de réduire la mortalité maternelle et infantile.

Le changement graduel dans les mentalités de se rendre dans les centres de santé pour accoucher est possible grâce à un travail de sensibilisation auprès du personnel médical.

Pour Virginia Saringabeni Pangoa, le fait que le centre de santé respecte la façon traditionnelle d’accoucher à la verticale sur un tapis en paille alors qu’elle se tient par une corde, qu’on lui permette de prendre une infusion d’herbe médicinale traditionnelle appelée « piri-piri » pendant les contractions et qu’elle puisse prendre un bain après l’accouchement, ont été des éléments majeurs dans sa décision.

« Nous n’oublierons jamais nos coutumes. C’est notre droit d’accoucher comme on le souhaite », fait valoir cette mère de trois enfants de deux, sept et neuf ans.

Elle est catégorique, si les traditions machiguengas n’étaient pas respectées lors de l’accouchement au centre de santé, elle resterait chez elle.

Une décision qui aurait été fatale pour son dernier-né maintenant âgé de deux ans.

Agente de santé

Comme agente de santé, Virginia Saringabeni Pangoa contribue à sensibiliser les femmes à faire un suivi de grossesse et à accoucher sous supervision médicale. 

Il faut faire une heure de « péké-péké », un canot à moteur, et une heure de marche dans la jungle, pour atteindre Alto Timpia, une communauté autochtone éloignée.

Pas de modernité, pas d’électricité, simplement le mode de vie traditionnel machiguenga dans cette petite localité d’à peine 80 personnes.

« Les femmes qui restent trop loin du centre de santé vont à la maison maternelle une ou deux journées avant la date de leur accouchement. Avant, elles restaient à Alto Timpia. S’il y avait des complications, elles étaient trop loin pour recevoir les soins nécessaires », signale la femme de 28 ans.

La mise en place de maisons de naissances, casa materna, représente un catalyseur pour convaincre les femmes des communautés éloignées de se rendre près des centres de santé pour leur accouchement.

Ces maisons aménagées dans les communautés autochtones ont été financées par le gouvernement canadien à raison de 15 000 Soles, soit environ 6000 $ canadiens.