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La Tribune au Pérou
La Tribune au Pérou
Lorsqu’on lui demande combien de femmes elle a aidées à accoucher, Maria Rosa Gomez Olarta se souvient de chacune d’entre elles.
Lorsqu’on lui demande combien de femmes elle a aidées à accoucher, Maria Rosa Gomez Olarta se souvient de chacune d’entre elles.

Donner naissance d’après ses coutumes

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
TIMPIA, Pérou — « Ici, on t’aide à faire ton accouchement selon tes coutumes. »

L’affiche installée devant les centres de santé de Timpia et Camisea invite les femmes machiguengas à ne pas hésiter à se rendre dans les services de santé pour leur suivi de grossesse et ultimement leur accouchement.

Le bâtiment bleu et blanc pratiquement à aire ouverte est typique des régions éloignées du Pérou.

Toutes les routes en terre et en galets mènent d’une certaine façon à ces centres de santé.

Cependant, ce ne sont pas toutes les femmes qui s’y rendent.

Un travail pour convaincre les femmes autochtones machiguengas a été fait, mais certaines hésitent encore.

L’obstétricienne du centre de santé de Timpia, Natalhi Mortencia Quispe Oporto, est bien consciente que le respect des traditions machiguengas est important.

« J’ai vu des femmes être complètement démunies sur une table pour accoucher à l’horizontale. Il faut gagner leur confiance en acceptant qu’elles accouchent selon leur culture », indique l’obstétricienne qui a reçu La Tribune dans son bureau du centre de santé de Timpia.

Elle signale que depuis la mise en place du projet sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, les accouchements réalisés au centre de santé ont augmenté.

« L’année dernière, il y a seulement cinq accouchements à la maison qui nous ont été rapportés comparativement à 36 au centre de santé. En 2015, c’était environ quatre accouchements sur dix qui se passaient à la maison », mentionne l’obstétricienne.

Des sages-femmes près des mères

Lorsqu’on lui demande combien de femmes elle a aidées à accoucher, Maria Rosa Gomez Olarta se souvient de chacune d’entre elles.

« Nous pouvons identifier les problèmes et recommander aux femmes de faire un suivi au centre de santé », explique celle qui est mère de cinq enfants et grand-mères à neuf reprises.

Maria Rosa Gomez Olarta s’est assurée de bien dégager le plancher en terre battue de l’aire de vie principale avant de discuter avec La Tribune de ses fonctions dans le cadre du projet du Carrefour de solidarité internationale de Sherbrooke.

Cette dernière reste dans une cabane où la table de bois de la cuisine en plein air est placée sous un toit en tôle et en feuilles de palmier. Les poules, les dindons ainsi que les chiens et chats ne sont jamais bien loin.

« Je rencontre des groupes de femmes pour discuter entre autres de malnutrition. Nous pouvons identifier les problèmes d’hygiène pour aussi limiter les maladies », mentionne Mme Gomez Olarta.

Selon le directeur du service de santé de la Province de La Convencion, le Dr Carlos Valer Valdivia, le taux de malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans atteint 75 pour cent dans ce district machiguenga.

« Le travail doit se poursuivre », insiste le Dr Valdivia. 


Ce reportage a été réalisé grâce à l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.