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La Tribune au Pérou
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Des promoteurs de santé de divers horizons discutent des enjeux de santé lors d’une réunion du comité de vigilance à Camisea au Pérou.
Des promoteurs de santé de divers horizons discutent des enjeux de santé lors d’une réunion du comité de vigilance à Camisea au Pérou.

Des promoteurs de santé à l’affût

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
CAMISEA, Pérou — En ce samedi matin, le puissant soleil de l’Amazonie commence à faire sentir son effet. Des hommes et des femmes des communautés autochtones machiguengas arrivent peu à peu dans un restaurant de Camisea en passant devant des adolescents qui s’amusent avec un perroquet.

Des fillettes s’arrêtent quelques instants en buvant leur Inca Kola, une boisson gazeuse jaune au goût de popsicle à la banane, devant la réunion avant de poursuivre leur chemin.

Une quinzaine de personnes prennent place dans une pièce de béton à aire ouverte peinte en vert avec des tables de bois qui ont été remisées sur le côté pour discuter des enjeux liés à la santé de leur communauté.

C’est la présidente du comité de vigilance, Barbara Toribio, qui anime cette réunion qui se déroule entièrement dans le dialecte machiguengas.

La sage-femme de Camisea, Nidia Perez Mekerviva, vêtue en rose avec un large chapeau, sert de traductrice de l’espagnol vers la langue autochtone afin que tous puissent bien saisir les messages.

L’obstétricienne du centre de santé de l’endroit, Aydene Quispe Guzmán, explique qu’il est important de planifier les naissances, surtout rendues à un âge plus élevé. 

« Les sages-femmes vous faites partie de la solution. Il faut parler de femme à femme et dire à celles moins en forme de ne pas avoir d’autres enfants. Il est aussi important d’attendre deux ans entre chacun des accouchements », ajoute l’obstétricienne.

Cet exercice est répété dans chacune des cinq communautés d’intervention en Amazonie par le personnel de l’ONG péruvienne Ayni Desarrollo dans le cadre du projet de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.

 « Dans les régions éloignées de notre pays, la violence passe souvent inaperçue. Ton mari n’a pas le droit de lancer des choses dans la maison. Ce n’est pas une invention, c’est la loi. Avoir une relation sexuelle avec une adolescente de moins de 14 ans, c’est criminel. Toutes les personnes dans une maison possèdent des droits », lance en rafale Gabriela Ruby Delgado Eriori de l’ONG Ayni Desarrollo aux femmes du groupe en conclusion d’une rencontre à Timpîa, un autre le village de la zone d’intervention.

« Au début du programme, les femmes parlaient peu et ne s’impliquaient pas. Maintenant, elles s’informent entre elles et donnent même des formations », explique une autre agente-terrain d’Ayni Desarrollo, Katty Félicita Lagos Reyes. RenÉ-Charles Quirion

Ce reportage a été réalisé grâce à l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise d’Affaires Mondiales Canada.