Contenu commandité
La Tribune au Pérou
La Tribune au Pérou

De l’argent aux effets négatifs

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
CAMISEA (Pérou) — L’extraction de gaz naturel a amené de l’argent dans les communautés autochtones machiguengas du Pérou, mais aussi son lot de problèmes sociaux et environnementaux.

 « Les communautés doivent être impliquées pour recevoir des redevances de ces ressources naturelles, mais aussi pour s’assurer que le développement se fait correctement. Les impacts pour la qualité de l’air, des rivières et de la jungle vont rester une fois que l’entreprise sera partie. Si aucun contrôle n’est fait, nos communautés ne pourront pas survivre », soulève le nouveau maire du district de Megantoni, Daniel Rios Sebastian. 

Il mentionne que de grandes quantités d’argent sont tirées du sol de Megantoni, mais cette exploitation des ressources naturelles cause plusieurs conséquences négatives.

« Ce qui va développer la communauté ce ne sont pas les ponts ou les infrastructures, mais c’est le développement fondamental comme l’éducation, les services de santé et l’environnement. Nous n’avons pas besoin d’un supermarché parce que nous avons la rivière. Si nos cours d’eau ne sont pas en santé à cause de la pollution, c’est dommageable. Les gens de Cusco et de Lima bénéficient de la présence du gaz, mais dans nos communautés, ça nous fait plus de mal que de bien », estime Daniel Rios Sebastian.

Renforcement des capacités

Jackeleen J. Beltran Gonzales et Juan Zans Loayza du ministère de la Culture du Pérou ont franchi les Andes, suivi le fleuve Urubamaba par la route à flanc de montagnes pour traverser les rapides du Pongo avant d’atteindre l’Amazonie, puis Camisea, pour donner des sessions de formation du renforcement des capacités aux communautés machiguengas.

« Nous faisons de la politique publique interculturelle afin que l’État et les services publics donnent des services égaux à tous les citoyens du Pérou peu importe leur origine », explique Juan Zans Loayza.

Une quarantaine de personnes, dont plus de femmes que d’hommes, sont venues de partout dans le district de Megantoni pour assister à ces formations.

Les deux s’entendent pour dire que la déclaration de l’ancien président du Pérou Allan Garcia en 2009, qui avait qualifié les autochtones de peuples de deuxième classe, était malheureuse.

« Il faut venir rejoindre ces populations qui ont les mêmes droits, mais où l’État se rend très peu étant donné leur éloignement. En renforçant leurs capacités, ils seront davantage en mesure de faire reconnaître leurs droits », soutient Jackeleen J. Beltran Gonzalez.

Ces représentants du ministère de la Culture sont conscients que l’exploitation gazière de Gaz Camisa est venue transformer le mode de vie traditionnel et y apporte plusieurs éléments des sociétés modernes.

« Le but de protéger leur culture n’est pas de faire en sorte qu’ils restent comme dans le passé. En renforçant leurs capacités, nous voulons que les communautés autochtones construisent une société moderne tout en respectant leur culture et leur identité », ajoute Mme Beltran Gonzalez.

Pour eux, le travail fait dans le cadre du projet de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants financé par le gouvernement canadien vient combler une brèche.

« C’est clair qu’en connaissant leurs droits, les femmes sont en mesure de mieux les faire respecter lorsqu’elles se rendent dans les centres de santé. Il est essentiel de respecter les différences culturelles », estime Jackeleen J. Beltran Gonzalez.