La cuisine passe au vert

CHRONIQUE / La blancheur glaciale de novembre nous amène peut-être à oublier qu’encore dernièrement, le taux d’humidité faisait grimper le mercure. Le mercure frisait au Québec les 35 degrés… en septembre?! L’été a duré longtemps et s’est donné des airs de climat tropical.

La planète se réchauffe, les scientifiques nous le disent depuis longtemps. On fait collectivement l’autruche depuis tout aussi longtemps. Pour freiner l’escalade des degrés Celsius, chaque petit geste compte, nous répète-t-on sur moult tribunes. C’est aussi ce qu’avance le Pacte pour la transition lancé par une impressionnante brochette de personnalités québécoises. Artistes, économistes, scientifiques et autres rêveurs de mieux se sont donné la main pour interpeller le gouvernement et inviter tout un chacun à faire un peu plus, un peu mieux pour l’environnement. Sans prêchi-prêcha, sans faire la morale, sans jouer la carte de la perfection et sans se poser en donneurs de leçons.

Entre les faux débats sur différentes tribunes, et les tirs pas très édifiants à l’endroit des porteurs du message, plusieurs ont signé ledit pacte. D’autres ne l’ont pas fait, mais ont promis d’agir, eux aussi. On peut difficilement être contre la vertu. Protéger la planète collectivement en agissant individuellement, chacun à son échelle, selon ses moyens et ses possibilités, c’est après tout une noble idée. Un appel à la solidarité autant qu’une vision pleine de gros bon sens pour un avenir environnemental qu’on espère un peu plus rose, un peu plus vert. Je vois mal comment on peut s’élever contre ça… Mais bon, c’est une autre histoire.

Reste que, aujourd’hui, c’est la journée internationale sans achats, justement. Un mois pile-poil avant la veille de Noël, celle-ci se veut un 24 heures symboliques de réflexion sur l’impact social, économique et écologique du niveau de consommation des pays riches sur l’ensemble de la planète.

Dans notre hémisphère, le constat est à peu près toujours le même. On peut consommer moins et mieux. Dans la cuisine comme ailleurs.

Il est possible de viser le vrac, miser sur le compost, choisir des aliments bios cultivés localement lorsque c’est possible, diminuer sa consommation de viande, tout ça. On peut aussi choisir de réduire un tantinet son empreinte carbone en changeant de toutes petites choses, au quotidien. Regard sur quelques items parmi d’autres qui ont fait leur chemin dans ma cuisine, et peut-être dans la vôtre.

Dans le sac

C’est Dans le sac

Pour conserver les pains maison qui sortent de mon four chaque semaine, j’avais l’habitude de les glisser dans des sacs de plastique. Même en les réutilisant encore et encore, le nombre de sacs de plastique qu’on passait chaque mois était effarant. Jusqu’à ce que je découvre la compagnie québécoise Dans le sac. Ses formidables écrins à pains, conçus tout spécialement pour le transport et la conservation des miches et baguettes, sont devenus des essentiels chez nous. Fabriqués en coton naturel, ils ont un format parfait, autant pour les grosses couronnes de pain que pour la douzaine de bagels, qu’ils gardent bien frais.

Les deux entrepreneures montréalaises derrière le concept et la boutique en ligne tiennent aussi un blogue et ont lancé leur chaîne YouTube qui se veut une inspiration pour qui souhaite se lancer dans l’aventure du zéro déchet. Elles ont aussi élargi leur gamme de produits en offrant des sacs pour le vrac et des serviettes de table, notamment. Ça vous intéressera peut-être : elles ont lancé tout récemment une collection spéciale pour le temps des Fêtes.

Pour en savoir plus : danslesac.co

L’essuie-tout réutilisable Kliin

Spongie pochette a eu beau nous vanter les mérites de son papier ultra-absorbant sur tous les tons, costume à l’appui (allo François Massicotte?!), au chapitre de l’essuie-tout, moins, c’est toujours mieux. L’entreprise Kliin, lancée par la Québécoise Marie-Pierre Bérubé, propose justement une alternative écolo aux dizaines de rouleaux qui traînent sur le comptoir de la cuisine et finissent à la poubelle. Inspirée par ce qui se fait en Europe, elle a créé un essuie-tout lavable en machine ou au lave-vaisselle (jusqu’à 300 fois). Fait à cent pour cent de fibres naturelles, cet essuie-tout 2.0 absorbe jusqu’à 15 fois son poids et remplacerait rien de moins que 17 rouleaux de papier absorbant, en moyenne. Lorsqu’il arrive au bout de sa vie utile, on le glisse au compost avec les restes de table, tout simplement. Le petit plus : orné de différents imprimés signés par des illustrateurs québécois, l’essuie-tout Kliin est vraiment mignon et ne détonne pas dans le décor.  

Pour en savoir plus : kliin.co

Boîte à lunch intelligente

Pour une boîte à lunch sans déchet, cuisiner soi-même les collations et utiliser des contenants lavables font partie des habitudes relativement faciles à intégrer. Mais j’avoue que les boîtes à jus en plastique ont longtemps travaillé ma patience. Chaque soir, dans au moins une des quatre boîtes à lunch de ma marmaille, c’était le grand déversement. Intérieur collant, désastreux muffin détrempé. Une belle gibelotte… qui faisait rebelote le lendemain (et qui engendrait passablement de gaspillage alimentaire dans la foulée). Jusqu’à ce que je mette la main sur les boîtes à jus réutilisables Drink in the box. Leur étanchéité a été mise à rude épreuve plusieurs fois par mon quatuor écolier, mais elles n’ont jamais failli. Ces très résistantes petites bouteilles rectangulaires faites de Tritan ont un format parfait et vont au lave-vaisselle. On les trouve en ligne et dans certains magasins.

Tout bambou

Parce que le bambou pousse à vitesse grand V et sans traitement chimique, il est considéré comme une ressource verte, de celles qu’on devrait préférer au plastique lorsque c’est possible. Plusieurs articles de cuisine sont désormais offerts dans ce matériel. Je pense ici au bol à salade, aux cuillères à touiller, aux ustensiles de cuisson, aux petites planches à découper.

Silicone tout terrain

Pour éviter d’utiliser quantité de papier parchemin, les tapis de cuisson en silicone n’ont pas leur pareil. Ils facilitent le nettoyage de la plaque après utilisation et ne nécessitent aucun enduit de corps gras. En pâtisserie, en boulangerie, pour la confection de confiserie autant que pour la cuisson d’aliments sur la plaque, ils font des merveilles, rien ne colle dessus. La compagnie européenne Silpat commercialise ses tapis de pâtisserie depuis plusieurs années déjà ici, mais on trouve désormais plusieurs autres produits similaires propulsés par des bannières québécoises ou nord-américaines.

Kliin

Pour faire le plein de nouvelles idées

Traiteure et cantinière pendant de nombreuses années sur différents plateaux de tournage, Florence-Léa Siry a plus d’un tour dans son sac (recyclé) pour réduire le gaspillage alimentaire à la source. Dans La consommation dont vous êtes le z’héros (Éditions de l’Homme), elle partage son savoir et différents trucs pour tendre un peu, beaucoup, passionnément ou à la folie vers un mode de vie sans déchet.

L’auteure du blogue Chic frigo sans fric fait grande place aux astuces qui s’appliquent en cuisine, mais pas que. Le guide qu’elle a bricolé, bien garni d’idées et d’infos, est parfait pour mettre nos bonnes intentions en pratique. Bon à savoir à l’approche du temps des Fêtes : la Montréalaise y va de quelques suggestions de cadeaux zéro déchet et nous enseigne les bases du furoshiki, cette technique japonaise utilisée pour emballer des objets de tous formats dans un carré de tissu.

Dans la même famille d’ouvrages pratiques, il y a aussi le petit grimoire de cosmétiques maison des trappeuses (À fleur de pots, aux Éditions de l’Homme) qui a été récemment lancé. Les recettes proposées ne se mangent pas, mais elles se concoctent souvent avec des produits qu’on a sous la main, dans la cuisine. Crèmes, cosmétiques et autres produits pour le corps faits maison à partir d’ingrédients sains n’auront plus de secrets pour vous après avoir parcouru le guide signé Marie Beaupré, Mariane Gaudreau et Audrey Woods.

Calendriers de l’avent sans allergènes

Tous les parents d’enfants allergiques vous le diront : il n’y a pas si longtemps, trouver un calendrier de l’avent sans allergènes, ce n’était pas de la tarte.

On pouvait bien sûr en fabriquer un soi-même ou se rabattre sur ceux qui misaient sur une surprise plutôt qu’une friandise, mais c’était à peu près les seules options envisageables. Deux entreprises d’ici changent un peu la donne et proposent des calendriers sécuritaires pour les petits lutins allergiques. 

Située à Saint-Hubert, la pâtisserie végane et sans allergènes Foubrak confectionne cette année un calendrier dans lequel se cachent six variétés de douceurs. Également spécialisée dans l’offre alimentaire végane et sans allergènes, l’entreprise québécoise Bonbon Collections offre de son côté la possibilité de personnaliser son calendrier en choisissant parmi trois options de délices sucrés qui incluent meringues, bonbons, biscuits et bonbons à l’érable. Dans les deux cas, on peut commander en ligne via les sites : foubrak.ca et www.bonboncollections.com.

Calendrier de l'avent