Cultiver des plantes à l’intérieur est bon pour votre santé physique et mentale, mais il faut leur offrir une ambiance humide en échange de ces services.

Les plantes d’intérieur aiment l’air humide

L’automne et l’hiver sont difficiles pour les plantes d’intérieur.

La qualité et la quantité de lumière, leur seule source d’énergie, sont à la baisse et l’humidité dans nos demeures varie entre sèche et archisèche. Pour la lumière, au moins, la plupart des plantes sont capables de tolérer quelques mois de disette et de récupérer quand les journées rallongent au printemps. Toutefois, l’air sec a des effets plus profonds et plus durables. Souvent, les feuilles s’enroulent, jaunissent, brunissent et tombent. Ou la plante meurt, tout simplement. De plus, l’air sec encourage la présence d’araignées rouges (tétranyques) qui font encore davantage jaunir, brunir et assécher les feuilles.

L’humidité atmosphérique dans la plupart des demeures est à moins de 20% pendant les «mois de chauffage». Les experts en systèmes de chauffage et d’humidification préconisent une humidité de 40 % durant cette période… parce qu’ils ont de la difficulté à en offrir plus. L’idéal pour la santé des humains est plutôt 60%. Et pour les plantes, 70% à 90%.

Pour respirer et absorber le CO2 nécessaire à leur croissance et pour ventiler l’oxygène qu’elles produisent en trop, les plantes doivent ouvrir leurs pores de respiration, appelés stomates. Mais si les stomates s’ouvrent par une humidité relative de 20%, les plantes perdront rapidement leur eau par transpiration. Ainsi, quand l’air est sec, elles gardent leurs stomates fermés ou ne les ouvrent que partiellement. Cela prévient en partie l’assèchement, mais la plante ne respire pas bien. Et la photosynthèse s’en trouve gênée, affaiblissant la plante.

Le bassinage est un geste populaire, mais totalement inutile.

Pourquoi l’air est-il si sec dans nos demeures?

Si l’on parle d’humidité relative, c’est parce que la quantité d’eau que l’air peut contenir est relative à la température. Quand l’air froid rentre de l’extérieur, il a souvent un taux d’humidité de 80% ou plus, mais quand on le chauffe, sa capacité de retenir l’humidité augmente alors dramatiquement et l’humidité relative diminue tout autant. Plus on chauffe l’air sans ajouter d’eau, plus l’humidité relative baisse.

Le bassinage: perte de temps totale!

Quand j’étais jeune jardinier, on nous recommandait de bassiner les feuilles de nos plantes pour augmenter l’humidité. Et cela paraissait logique. Mais on sait aujourd’hui que cela ne donne strictement rien. L’effet ne dure pas cinq minutes! Les plantes n’ont même pas le temps d’ouvrir leurs stomates pour en profiter. Ainsi, bassiner est une pure perte de temps. De plus, les gouttes tombent sur les feuilles, meubles, rideaux et murs, laissant des taches.

Que peut-on faire?

La solution la plus évidente est de faire fonctionner un humidificateur. Plusieurs systèmes de chauffage incluent un tel appareil, mais il faut alors le programmer. Visez un taux de 60%. Vous ne vous y rendrez sans doute pas, mais plus vous approchez ce chiffre magique, mieux les plantes poussent.

On peut aussi grouper les plantes ensemble. Les plantes dégagent beaucoup d’humidité en respirant. En les regroupant, vous pouvez créer un effet de serre très local. Entourez les plantes les plus fragiles à l’air sec (fougères, plantes-araignées, calathéas, etc.) de plantes plus résistantes (cactées, succulentes et autres plantes à feuillage épais) et l’effet sera décuplé.

Les plantes adorent la vie de terrarium, car l’humidité y est toujours très 
intense.

On peut aussi placer les plantes sur un plateau humidifiant. Il s’agit d’un récipient rempli de gravier ou de pierres. Versez régulièrement de l’eau dans son fond de façon à ce que la base des pierres baigne toujours dans l’eau, et cette eau montera sur les pierres d’où elle s’évaporera, créant un milieu localisé à l’air plus humide.

On peut aussi placer les petites plantes dans un terrarium fermé, où souvent l’humidité frise le 100%. Vous n’aurez jamais vu des plantes aussi saines!

Certaines plantes exigent tellement d’humidité que même ces efforts demeurent vains. Je cultive, par exemple, une fougère arborescente (une fougère qui forme un tronc) qui est très heureuse sur ma terrasse pendant l’été. Mais l’hiver, je dois l’enfermer dans un sac de plastique transparent (sac de nettoyeurs). C’est l’équivalent de lui donner son propre terrarium.

Cela dit, certaines plantes tolèrent bien l’air sec, soit celles à feuilles épaisses, notamment les cactus et les succulentes. Pour rendre les autres plantes heureuses cependant, faites quelques efforts, car une bonne humidité est essentielle à leur santé!

Au revoir et à l’an prochain!

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RÉPONSES À VOS QUESTIONS

> La bonne technique pour planter un arbre

Q Nous avons fait l’acquisition d’un érable de l’Amour. Après avoir suivi les conseils du conseiller à la serre, je demeure sceptique. Dans le trou de plantation, il nous a fait mélanger du fumier de poule et un terreau de plantation avec la terre d’origine. Le trou est situé près d’un petit boisé où la terre semble bonne. Notre érable va-t-il bien s’enraciner et pousser en santé?  —Nancy

R Probablement que votre arbre réussira, mais l’information qu’on vous a donnée sur la méthode de plantation est passablement dépassée. De nos jours, il n’est plus recommandé d’améliorer le sol lors de la plantation d’un arbre. On a découvert que quand le sol est meilleur dans l’environnement immédiat des racines que tout autour, les racines tendent à rester dans ce sol et tournent alors en rond, ce qui nuit à la croissance future de l’arbre et peut même mener à sa mort prématurée. Voici la méthode préconisée aujourd’hui :

  • Creusez un trou de la profondeur de la motte de racines et deux à trois fois plus large. Le collet de racines (la partie où les racines rejoignent le tronc) doit être au même niveau que le trou ou légèrement au-dessus. N’ameublissez pas le sol sous la motte : elle doit avoir une assise solide.
  • Saupoudrez la motte de mycorhizes pour arbres.
  • Remplissez aux deux tiers avec la terre prélevée. Ne l’améliorez pas, n’ajoutez pas d’engrais. Tassez bien.
  • Remplissez d’eau le trou et laissez drainer pour assurer que les racines inférieures soient humidifiées.
  • Comblez le trou avec la terre prélevée et tassez.
  • Formez une petite digue de 10 à 15 cm autour du trou de plantation pour créer une cuvette d’arrosage.
  • Remplissez la cuvette d’eau et laissez drainer.
  • Couvrez la surface de 5 à 10 cm de paillis.
  • N’utilisez pas de tuteur, à moins que l’arbre soit exposé aux vents forts. Retirez tout tuteur posé après un an.
  • N’appliquez pas d’engrais avant un an.
  • Arrosez régulièrement, remplissant la digue d’eau, pendant les 12 premiers mois.
La technique pour planter les arbres a beaucoup changé depuis 50 ans.

> Palmier à sauver du froid

Q Ma voisine m’a offert sa plante, qui a passé l’été dehors. Est-ce possible de la garder à l’intérieur pour l’hiver et de la ressortir au printemps? Est-ce difficile à garder?  —Rachel

R C’est un palmier majesté (Ravenea rivularis). Ce n’est pas le palmier le plus facile au monde, mais on peut normalement le sauver en le cultivant à l’intérieur pendant l’hiver. Ce qui m’inquiète toutefois est la date. Si la plante a passé septembre et octobre en plein air, elle a probablement été exposée au froid et même à une touche de gel. Or, ce palmier est une plante tropicale et ne tolère pas le froid. Donc, il est peut-être mourant même si cela ne paraît pas encore.

Mais qui ne risque rien n’a rien. Rentrez-le à la chaleur (18 °C et plus), offrez-lui le plein soleil, une atmosphère humide et des arrosages dès que le terreau commence à sécher. Une douche mensuelle aidera à prévenir les araignées rouges qui l’attaquent souvent quand il est dans la maison. Aussi, votre palmier est dans un pot beaucoup trop petit, mais attendez au printemps prochain avant de le rempoter, sans doute dans un pot deux fois plus large. Enfin, ne lui donnez pas d’engrais avant le printemps et, même là, seulement s’il paraît rependre.

Un palmier à rentrer pour l’hiver.

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CALENDRIER HORTICOLE

Pivoines

La Société d’horticulture de Sainte-Foy vous invite à une conférence intitulée Les pivoines : un charme rétro et nouveau avec Rock Giguère. Elle se tiendra le mardi 29 octobre, à 19h30, à la Sacristie de la Visitation située au 801, route de l’Église, à Québec (entrez par la rue Du Chanoine--Martin.) Coût: 8 $ pour les non-membres.

Info: 581 981-4441 et facebook.com/societe.horticulture.ste-foy

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à LLarouche@lesoleil.com.

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ENTRETIEN HORTICOLE

À faire cette semaine

> Si vous cultivez des plantes de zone 5 ou plus, les entourer d’une cage de broche remplie de feuilles mortes peut aider à les protéger du froid.
> Il peut être utile de couvrir de paillis les bulbes d’automne fraîchement plantés. Cette protection ne les empêchera pas de fleurir au printemps.
> Il est parfaitement permis d’utiliser des feuilles atteintes de maladies dans le compost.
> Décorez vos pots et balconnières pour l’hiver de branches colorées, de branches portant des fruits et de fleurs séchées.

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À l’an prochain!

Vous venez de lire la dernière chronique horticole du Soleil pour l’année 2019. Elle reprendra au mois d’avril. Entre-temps, suivez le blogue quotidien de Larry Hodgson sur le jardinage au jardinierparesseux.com