Stéphane Ouellette, copropriétaire du Pain voyageur

Une poutine… dans un pain

CHRONIQUE / C’est un classique qui a été réinventé 1000 fois. En osant d’audacieuses combinaisons, les restaurateurs ont revampé la poutine encore et encore. Tantôt en ajoutant d’originaux ingrédients, tantôt en variant la base sauce-fromage-patates.

On pensait que tout avait été dit, tout avait été mis dans la poutine. Mais voilà, la nouveauté arrive parfois là où on ne l’attend pas. Une boulangerie qui marie sa mie à notre plat national, c’est franchement inusité. Et c’est ce qu’ont fait les inspirés propriétaires du Pain voyageur.

La semaine de la poutine (qui prenait fin vendredi) a donné une appétissante idée aux créateurs de miches. Ils ont donné une saveur poutinesque à leur emblématique torsade au fromage. 

« Quand on a commencé en boulangerie, il y a 14 ans, on n’avait pas ouvert le café, on ne faisait que des événements sur la route. La torsade était notre produit signature », explique Stéphane Ouellette, copropriétaire (avec sa conjointe Julie Grenier) de l’entreprise qui a pignon sur la rue King Est depuis quatre ans. 

La popularité de la torsade n’a depuis jamais faibli.

« On fait encore beaucoup de festivals en été et ça demeure une grande favorite. »

Au cheddar mi-fort qui fait déjà partie de la recette et qui sert à feuilleter la pâte (un peu à la façon des croissants), les artisans ont, cette fois, eu la bonne idée d’amalgamer de la patate grillée râpée et du fromage en grains. La pâte à pain ainsi « poutinée » est façonnée et cuite comme à l’habitude. 

« Une fois chauffé, le fromage en grains dans la torsade devient fondant, ça donne une texture vraiment intéressante et un goût délicieux, bien sûr. »

Le secret est dans ce détail… et dans la sauce?! Parce qu’on ne peut pas vraiment penser poutine sans le traditionnel nappage salé qui rehausse la patente (et la patate). La torsade façon poutine vient donc avec un petit bol de sauce dans lequel elle fait trempette. Le résultat est tout à fait la hauteur de l’emblématique mets québécois. La friture en moins. C’est vraiment bon. Et ça séduit les papilles des Sherbrookois. 

« Depuis qu’on l’a lancée, il y a seulement quelques jours, la torsade poutine est la vedette du café », confirme Stéphane Ouellette.

Torsade à la poutine du Pain voyageur avec Stéphane Ouellette co-proprio du Pain voyageur.

Ça vous met en appétit? La proposition gourmande restera au menu du Pain voyageur tout le mois de février avant de céder sa place à d’autres combinaisons de saveurs, qui changent mensuellement. D’ici l’été, les créatifs boulangers proposeront notamment une torsade indienne, une autre à saveur de pizza et une autre, pensée spécialement pour Pâques, qui mariera chocolat et fromage.   

Une nouveauté ne vient jamais seule : le café innove aussi en lançant cette semaine un original service de commande sur le web. La formule est simple, on choisit son plat, on paye en ligne, on vient chercher à l’heure convenue en s’évitant l’attente. 

« On vient juste de lancer le tout. La file au comptoir sera ainsi moins longue pour les clients qui mangent sur place. Ceux qui veulent seulement un plat pour emporter et qui auront commandé d’avance sur internet n’auront pas à patienter. Tout le monde est gagnant. »

À découvrir

Le fruit du jacquier, pour varier

Effet collatéral de la popularité grandissante des repas végés : le tofu est un nouveau chouchou des paniers d’épicerie. Il disparaît donc des tablettes à la vitesse de l’éclair. Pour contrecarrer la périodique pénurie, pas de panique. On se tourne vers d’autres options. Vers le fruit du jacquier, par exemple, qui se trouve en conserve et, depuis quelque temps, au rayon des produits réfrigérés, dans un emballage de carton. 

La texture fibreuse de ce fruit qui nous vient d’Asie rappelle un peu la viande effilochée, d’où l’intérêt que plusieurs lui trouvent dans la confection de plats sans viande (même s’il ne fournit évidemment pas le même apport protéiné qu’un bloc de tofu). 

On le cuisine en cari, notamment. Ou bien on le cuit à la poêle avec oignon, ail et sauce barbecue avant de le servir en sandwich, façon porc effiloché. 

Le sel noir (kala namak)

Avec la cuisine végétalienne qui gagne des galons ces derniers temps, vous avez peut-être remarqué le sel noir (ou kala namak) dans la liste d’ingrédients de certaines recettes. 

Provenant de l’Inde, le sel noir (qui est en fait plutôt rougeâtre) est utilisé là-bas dans divers plats. 

Son odeur de soufre caractéristique annonce un peu ses couleurs. On ouvre le pot et tout de suite, un parfum d’œufs nous monte aux narines. Je vous le donne en mille : il est souvent ajouté dans les versions véganes de plats qui contiennent habituellement des œufs. À la maison, on l’emploie notamment dans une somptueuse recette végétalienne de tofu bénédictine qui n’a franchement rien à envier à la version originale. 

On l’achète en petites pépites, qu’on écrase au mortier juste avant l’utilisation.