Julie Durand propose avec Sophia cuisine des repas sains, sans aucun des allergènes prioritaires reconnus au pays.

Petits plats sans allergènes et sans soucis

CHRONIQUE / Quand Julie Durand a repris le travail après la naissance de sa fille, le défi a été double. Sa petite Sophia avait de multiples allergies alimentaires, ce qui compliquait la gestion des repas à la maison, mais aussi à l’extérieur de celle-ci.

« À l’époque, Sophia était notamment allergique aux produits laitiers, aux œufs, aux noix, aux arachides, au soya, aux petits pois et au sésame. Les premiers temps après sa naissance, elle a pleuré sans arrêt. Elle faisait de l’eczéma, des crises d’urticaire. On cherchait ce qu’elle avait, sans trouver. »

Le diagnostic est tombé lorsqu’elle avait sept mois : la petite fille était polyallergique. Les aliments en cause devaient être éliminés du menu. Ça a l’air simple, dit comme ça. Mais ça ne l’était pas. Il fallait apprendre une nouvelle façon de cuisiner sans allergènes. Et il fallait y mettre du temps. Beaucoup de temps.

Quatre mois plus tard, la nouvelle maman retournait sur le marché du travail. 

« Pour s’assurer que ce que Sophia mangeait était sécuritaire, on devait tout cuisiner. En plus de fournir les repas et les collations au service de garde qu’elle fréquentait. C’était une période super chargée. Je cherchais des raccourcis pour gagner du temps dans la cuisine, des plats tout prêts qui auraient pu nous dépanner, et je n’en trouvais pas. »

Le rythme était essoufflant. Avant comme après le boulot, Julie Durand se retrouvait le nez dans les casseroles. Les fins de semaine, c’était le même scénario. Les heures manquaient pour tout faire. Alors représentante dans le milieu pharmaceutique, la mère de famille s’est dit qu’il y avait quelque chose à créer. Une solution à trouver. Une compagnie à mettre sur pied pour aider toutes ces autres familles qui, comme la sienne, doivent composer avec des allergies alimentaires.   

Le projet l’a habitée longtemps avant qu’elle ne fasse le plongeon. Le premier janvier 2018, elle se lançait. Après trois mois de labeur dans la cuisine familiale, elle était prête et ouvrait sa boutique en ligne, Sophia cuisine.

Le besoin qu’elle avait pressenti était bien là. Les commandes ont afflué et ont vite pris du coffre. Tant et tellement que l’entrepreneure sherbrookoise a dû envisager une expansion. 

« J’ai regardé pour louer un local avant de décider d’aménager une deuxième cuisine dans mon sous-sol. »  

L’endroit a été conçu sur mesure. Tout est conforme aux normes du MAPAQ, en plus de respecter des règles strictes. 

Aucun des allergènes prioritaires reconnus au pays n’entre dans les locaux de Sophia cuisine. Soya, lait, œufs, noix, arachides, poissons, crustacés, sésame, moutarde, blé et sulfites sont donc frappés d’interdit. Le gluten n’est pas davantage admis. Et aucun aliment transformé ne franchit le seuil des installations. 

« Juste trouver les bons fournisseurs, c’est un vrai défi. Il faut que les compagnies auprès desquelles je m’approvisionne garantissent que leurs aliments n’ont pas été en contact avec des allergènes. C’est parfois compliqué, mais c’est essentiel. »

L’entrepreneure fait toutes ses bases et ses bouillons maison. Elle déshydrate elle-même les fruits qui garnissent ses barres. Elle fabrique son beurre de tournesol à partir des graines qu’elle achète en quantité. Tout, tout, tout est fait maison. Aucun agent de conservation n’est ajouté.

Sophia, qui a maintenant 6 ans et demi, et Louis, son petit frère de 5 ans, sont les premiers goûteurs : les délicieuses recettes que confectionne Julie Durand passent le test du goût à sa table avant de gagner celle des clients toujours plus nombreux qui commandent des repas sur son site. Pâtes et pâtés variés, satays et sautés, caris et falafels sont quelques exemples de ce qu’on peut y trouver. La demande est à ce point croissante que l’embauche d’une aide-cuisinière a été nécessaire. 

« On fait toutes sortes de plats, en format individuel et familial ainsi qu’en portion pour enfant. Je varie le menu chaque mois, en m’inspirant des produits de saison. Je propose des soupes, des muffins, des collations autant que des plats principaux. Les mets traditionnels, la sauce bolognaise, le pâté chinois et le pâté au poulet sont toujours très populaires. » 

Pour garantir la fraîcheur des mets, tout est congelé immédiatement après la cuisson et emballé sous vide. Les commandes sont, lorsque la distance l’exige, expédiées dans une glacière garnie de glace sèche.  

« On livre à domicile, dans un rayon de plus de 500 km. J’ai des clients à Québec, au Témiscamingue, à Gatineau, dans les Laurentides. Ma clientèle est très fidèle. Il y a des familles qui commandent chaque semaine, d’autres qui préfèrent plutôt une grosse livraison chaque mois. J’ai beaucoup misé sur le service, je suis toujours très disponible pour répondre aux questions des gens. »

Parce que des questions, elle sait qu’il y en a lorsque les allergies se pointent. 

« Les allergies alimentaires font naître des inquiétudes et génèrent souvent un grand stress, en plus de commander des changements dans l’alimentation. Ces changements-là sont importants, il faut revoir tout le contenu de son garde-manger, il faut réapprendre à cuisiner autrement. Et dans tout ça, l’entourage ne saisit pas toujours la gravité d’une possible réaction. Il faut parfois expliquer et expliquer encore qu’une simple trace d’allergène peut suffire à déclencher une réaction grave. »

Les repas sont au cœur des rencontres de familles, des activités entre amis, des fêtes de toutes sortes.

« Mais lorsque notre enfant ne peut pas manger la même chose que les autres et que ce qu’il y a sur la table peut mettre sa vie en danger, c’est difficile, ça impose des choix. Ça fait en sorte qu’on refuse certaines invitations. Ça peut mener à un isolement social », exprime Julie Durand. 

Grâce à ses plats tout prêts, celle-ci veut justement offrir un peu de répit dans la cuisine ainsi qu’une précieuse paix d’esprit. 

« Le service que j’offre peut être utile aux familles qui vivent avec des allergies, mais aussi à leurs proches qui souhaitent les recevoir sans soucis, sans inquiétudes. Mon entreprise vient en aide aux gens et ça, pour moi, c’est vraiment important. Ce que je fais a un sens. » Et beaucoup de goût.

Populaires barres

Chaque semaine, les barres énergisantes sans allergènes de Sophia cuisine s’envolent à un rythme fou.

« On en vend sur le web, on a quelques points de vente dans la région et on commence à regarder pour en ajouter à l’extérieur. Il y a une réelle demande pour ce genre de produit sans gluten et sans sucre ajouté, mais riche en protéines », explique Julie Durand. 

Les barres qu’elle a développées se déclinent en quatre saveurs : choco-canneberges, ananas-coco, pépites de chocolat et bleuets-canneberges. Chacune contient 9 grammes de protéines végétales. Miel, dattes, graines de tournesol, graines de citrouille, chanvre et avoine entrent notamment dans la composition des saines collations. 

« Elles ne contiennent pas de noix, mais elles sont riches en nutriments. Elles soutiennent longtemps et elles plaisent autant aux adultes qu’aux enfants. Je remarque que, de plus en plus, les gens sont à la recherche d’aliments dont la liste d’ingrédients est courte. Ils n’ont pas envie de manger des trucs remplis d’ingrédients dont ils ne sont pas capables de prononcer le nom. Comme mes plats sont faits maison et qu’ils ne contiennent pas d’agents de conservation ni de sulfites, ils constituent de bonnes options pour ceux qui veulent bien s’alimenter, même s’ils n’ont pas d’allergies. »

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https://sophiacuisine.com