Karine Tremblay
La Tribune
Karine Tremblay
Pour garnir la boîte à idées culinaires de ses lecteurs, Mitsou a revampé et bonifié l’onglet cuisine de son magazine web.
Pour garnir la boîte à idées culinaires de ses lecteurs, Mitsou a revampé et bonifié l’onglet cuisine de son magazine web.

Micro, fourneaux et osso buco

CHRONIQUE / Mitsou travaillait depuis quelques mois déjà sur l’onglet gourmand de son magazine web, avec l’intention de le bonifier, de le faire vivre davantage. Et puis la pandémie a renvoyé tout le monde à la maison.

« La fiche cuisine existe depuis trois ans sur le site, mais elle était un peu silencieuse, moins organisée que d’autres onglets. Il suffisait de mettre un peu plus d’énergie là-dessus. J’étais en train de le faire, on allait présenter la plateforme au grand public ce printemps, mais c’était le bon moment de le faire pendant le confinement, alors que les gens avaient besoin de conseils et réapprenaient cet art de cuisiner. »

Pour donner du coffre à sa section, la femme d’affaires s’est adjoint un trio de plumes gourmandes.

Marie-Élaine Thibault comptait déjà parmi les collaboratrices. La blogueuse (Marie l’Enfer) a déjà manié spatule et casseroles dans différents restaurants de Montréal (notamment Le Pied de cochon).

« Elle est aussi photographe, alors ce qu’elle présente est vraiment appétissant. C’est une créative, sur tous les plans. Sa cuisine est belle et goûteuse », explique Mitsou.

Celle-ci peut aussi compter sur le coup de fourchette d’Effy Ligris, amie précieuse depuis l’âge de 18 ans et Montréalaise d’origine grecque qui a racheté il y a quelques années l’oliveraie de son père pour se lancer dans la production d’huiles d’olives grecques (huile Kalikori).

« Elle cuisine merveilleusement bien. Ensemble, on filmait une vidéo de temps en temps en faisant quelques recettes classiques grecques. Au Québec, on est très chanceux, il y a beaucoup d’Italiens qui partagent leur savoir-faire, mais on a moins souvent l’occasion de mettre en vitrine les spécialités grecques. Or, c’est une cuisine méditerranéenne, santé, parfumée, vraiment agréable à découvrir. »

Geneviève Plante (qui signe le blogue Vert couleur persil) a joint les rangs du Mitsou Magazine plus récemment. C’est une autre créative qui ose d’étonnantes fusions gustatives. Jugez vous-mêmes : son blogue propose du chou-fleur rôti nappé d’une sauce au chocolat blanc et à la betterave, du maïs façon mac’n cheese, de la croustade aux pommes aux noisettes et au… miso.

« Elle est inventive, c’est débile! Chaque fois qu’elle nous envoie de nouvelles recettes, on se dit : quel mélange d’ingrédients! On se demande si elle va trop loin, puis on les essaie, et c’est toujours vraiment bon. Elle propose des trucs simples, qu’on ne peut pas rater et qui sont toujours délicieux. Comme elle est végétarienne, ses plats peuvent être servis en accompagnement ou en plat principal. Je trouve que ça va très bien avec la volonté des gens de ne pas prioriser les protéines animales dans leur assiette. Le végétarisme a beaucoup changé depuis mon époque du Commensal, où j’ai l’impression qu’il n’y avait qu’un goût végétarien! (rires) Bref, je pense qu’on arrive avec une bonne offre, sans que ce soit notre unique spécialité, comme Ricardo par exemple, qui fait un travail formidable. Mais bon, manger, ça fait partie de la vie. Alors en toute humilité, on propose un apport de plus à la belle offre qu’il y a déjà au Québec. »

Pour garnir la boîte à idées culinaires de ses lecteurs, Mitsou a revampé et bonifié l’onglet cuisine de son magazine web.

La niche alimentaire n’est tout de même pas nouvelle pour l’animatrice. On se rappelle qu’elle a tenu la barre de l’émission Kampaï! avec Richard Béliveau et Stéfano Faita, il y a une dizaine d’années. Le rendez-vous a duré trois saisons et a permis de mettre le curcuma, le thé vert et le gingembre sur la mappe de la table québécoise.

« C’est vrai que c’était un peu précurseur, quand on y repense. On m’a souvent reparlé de cette émission, et longtemps après la fin de sa diffusion. »

Parler de cuisine, justement, c’est faire remonter des souvenirs. Revenir aux bases. Parfois évoquer les premières fournées de biscuits qu’on a réussies… ou les cœurs qu’on a conquis grâce à des assiettes de gnocchis.

« Mon chum, je l’ai cruisé comme ça. (rires) Parce que, bon, il était un peu réfractaire à l’idée de sortir avec une chanteuse. Je lui ai montré que j’avais des bases solides, notamment en cuisine. Quand on se faisait la cour, je l’invitais à venir luncher à la maison puisque son bureau était tout près de mon condo. C’est comme ça qu’on a appris à se connaître et que j’ai gagné son cœur. Je faisais beaucoup de pâtes et de poissons dans ce temps-là, maintenant, je dirais que je m’amuse avec les soupes et les salades, je fais un bon osso buco et d’excellents hamburgers », dit celle qui a appris tôt à se débrouiller devant les fourneaux.

« Cuisiner, pour moi, ça entre dans la sphère de la créativité. Je cuisine depuis que j’ai 11 ou 12 ans. Au départ, c’était plutôt par nécessité. On vivait un peu loin de tout, quand j’étais jeune. Mon père était un loup solitaire, il avait acheté 250 acres de bois. Et notre maison était dans le milieu de ce bois-là. Il n’y avait pas de voisin, pas de dépanneur, pas d’épicerie. Mes douceurs à moi, il fallait que je les confectionne. »

Le livre Qu’est-ce qui mijote? a été sa référence, le recueil qui a guidé ses premiers essais culinaires.

« Je l’ai encore d’ailleurs. Il a beaucoup de vécu, disons. Mais mes premiers biscuits sablés, mes premiers gâteaux, ils viennent de ce livre-là. La pâtisserie, c’est un art, mais pour les enfants, c’est aussi une façon ludique et agréable d’apprivoiser la cuisine », dit l’animatrice.

Avec sa fille Mila, Mitsou a orchestré quelques Facebook live gourmands depuis le début du confinement.

Elle a de la relève. L’une de ses filles affiche une fougue culinaire semblable à celle de sa mère au même âge.

« La seule différence, c’est que Mila ne consulte aucun livre de recettes. Elle a 13 ans et elle cuisine de façon intuitive. Je ne comprends pas comment elle fait! Au début du confinement, elle nous confectionnait un gâteau par jour. Elle s’est littéralement transformée en boulangère, il y en avait pour 15, et on était seulement quatre à la maison. Je pense qu’elle a hérité ce don inné de la famille de mon chum. Son grand-père à lui était avocat… et cordon bleu. Il a voyagé partout, il a appris à faire la cuisine à Rome. Sa fille, ma belle-mère, a repris le flambeau. Elle était assistante et remplaçante du professeur Henri Bernard, qui enseignait la fine cuisine », raconte Mitsou.

La transmission culinaire est un leg précieux. Mitsou prend aussi plaisir à mettre la main à la pâte avec ses filles. Avec Mila, elle a d’ailleurs fait quelques Facebook live gourmands depuis le début du confinement.

« C’est drôle, quand même, parce que moi qui me suis réinventée avec chaque vidéoclip que j’ai tourné, je découvre avec le web une facilité et une simplicité qui permet une réelle connexion aux autres. Et puis j’adore la technologie. J’ai réalisé que ces moments-là avec les internautes, en plein confinement, me donnaient de l’énergie. Même si je faisais juste leur donner rendez-vous pour faire des confitures, par exemple, dans ce partage-là, je retrouve de l’adrénaline, de l’énergie, ça m’aide à avancer, à me dépasser », dit celle pour qui la cadence professionnelle n’a pas diminué d’un iota depuis le mois de mars.

En plus des nombreux projets d’affaires qu’elle a toujours en cours, il y a le micro qu’elle ouvre chaque soir pour accompagner les auditeurs de Rythme FM sur l’heure du souper.

« À la radio, en ce moment, c’est hyper intéressant comme contexte de travail. On est naturellement tous au même diapason, alors le choix de nos interventions va pratiquement de soi. »

Pandémie oblige, Mitsou s’est installé un studio dans le sous-sol. Travailler à la maison a ses avantages.

« J’ai toujours animé une émission pendant l’heure d’un repas. Avant d’occuper la case horaire de fin de journée, j’étais en ondes le matin ou sur l’heure du lunch. Là, à 18 h, j’éteins mon micro, je monte les escaliers et on soupe en famille. »

La table est un lieu de rencontre où le quotidien se raconte et où les belles occasions sont d’ordinaire soulignées en grand avec la famille élargie. La fête des Mères, par exemple, est d’année en année célébrée avec fleurs et éclat.

« C’est très familial, chez nous, alors habituellement, on fait quelque chose tous ensemble pour l’occasion, avec les deux côtés de la famille. Cette année, bien sûr, on ne pourra pas. »

Pas mal tout le monde devra réinventer la fête, trouver d’autres façons de marquer la date cette année.

Sur son site web, l’animatrice propose donc un dossier brunch à la maison.

« Parce que, sérieux, qu’est-ce qui peut charmer une maman? C’est que ses enfants lui fassent quelque chose… et se ramassent après, s’ils habitent dans la même maison (rires). Un brunch, c’est une idée toute simple, mais l’attention qu’on y met signifie beaucoup. »

Envie d’avoir un aperçu de ce que le dossier propose? Voici une recette de tofu brouillé (qui pourrait tout aussi bien être confectionnée avec des œufs, si on préfère, souligne Mitsou) signée Geneviève Plante.

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Photo: Geneviève Plante

Tofu brouillé aux épinards et à l’aneth 
(recette de Geneviève Plante, tirée du site mitsoumagazine.com)

INGRÉDIENTS

1 gros filet d’huile d’olive extra-vierge

3 oignons verts, émincés

1 ½ tasse d’épinards frais, ciselés

1 ¼ c. à thé d’herbes salées

350 g de tofu ferme

½ tasse de boisson 

de soya non sucrée

1 c. à thé de sirop d’érable

1 c. à soupe de levure 

alimentaire (pas de la levure active ou chimique)

¼ c. à thé de curcuma moulu

Une grosse poignée 

d’aneth frais, ciselée

Poivre du moulin, au goût

PRÉPARATION

Dans un moyen bol, émietter le tofu manuellement.

Dans une poêle antiadhésive, chauffer le filet d’huile à feu moyen. Ajouter les oignons verts, les épinards, les herbes salées et remuer quelques secondes. Ajouter le tofu, la boisson de soja, le sirop d’érable, la levure alimentaire, le curcuma, le poivre et cuire environ 4 minutes tout en mélangeant. Ajouter l’aneth, mélanger et servir.