En cuisine

Faire son marché végé...bien accompagné

CHRONIQUE / Mardi soir. 17 h. Au supermarché du coin, les gens se pressent, panier à la main, liste dans l’autre. La nutritionniste Cora Loomis m’attend à l’entrée pour me faire découvrir l’original service sur mesure qu’elle a développé pour aider ceux qui désirent manger plus végé.

« Depuis que je m’affiche comme nutritionniste végé, je constate l’intérêt de la clientèle. De plus en plus de gens veulent végétaliser leur assiette, mais ils ne savent pas toujours par où commencer ni comment s’y prendre », explique-t-elle.

EN CUISINE

Dolce cucina

CHRONIQUE / On entre chez Lucie Lahaie et tout de suite, on se sent comme chez soi. Il y a cet accueil chaleureux combiné au charme de l’endroit. Et il y a ce parfum de bonne cuisine qui vient nous chatouiller les narines sitôt la porte poussée.

Ce jour-là, c’est un jeudi presque comme un autre. Dans trois heures, quelques convives s’installeront autour du grand îlot où la Sherbrookoise donne des cours de cuisine italienne depuis maintenant dix ans. De l’entrée au dessert, tout sera cuisiné devant eux, tout le monde mangera ensemble.

C’est un jeudi presque comme un autre dans la cuisine des proprios de l’épicerie fine Le Coin d’Italie, donc. Sauf que ce jour-là, Lucie cuisine avec Nicola Dolfi.

Chef au Da Lino ristorante, à Florence, il en est à son deuxième séjour sherbrookois. Pendant deux semaines, au cœur de notre blanc et frisquet février, il a fait découvrir les parfums ensoleillés de sa savoureuse cuisine lors de divers ateliers où il a généreusement partagé recettes et savoir-faire avec ceux qui ont mis un de ses cours de cuisine à leur agenda.

J’arrive alors que les deux amis sont en train de faire la mise en place pour le cours du soir.

Les courgettes coupées en tout petits dés cuisent à feu doux pendant que la conversation s’amorce. Ici, la cuisine est un partage.

« La particularité des cours que j’offre ici, c’est la convivialité, je pense. À la fin de chacun, immanquablement, des amitiés se sont nouées », résume Lucie.

Elle a connu Nicola lors des voyages gourmands qu’elle organise en Toscane depuis maintenant dix ans, en collaboration avec l’agence Voyage Horizon.

« J’avais fait un stage au restaurant où il travaille. Par la suite, j’y suis retournée souvent avec les groupes que j’accompagne. »

Autour de l’îlot, je m’attends à causer des bases de la cuisine italienne. Et je n’y suis pas. Enfin, pas tout à fait.

« C’est qu’il n’y a pas UNE cuisine italienne. Il y en a plusieurs », m’explique Nicola.

On s’entend généralement pour dire que la cuisine italienne se distingue par sa savoureuse simplicité : une poignée d’ingrédients de grande qualité bien amalgamés, un tour de main, et l’affaire est pasta! L’essentiel est là. Mais reste que chaque région a ses particularités, ses préférences, ses incontournables.

« La pasta, la pizza napolitaine et le tiramisu, ça, on en retrouve dans tout le pays, précise Nicola. Mais sinon, ça varie beaucoup. Si vous allez en Sicile ou si vous allez en Toscane, vous ne mangerez pas du tout la même chose. »

Soit. Puisque Nicola est Florentin, parlons de Toscane, alors. Et des parfums qui personnalisent ses plats.

« Le chou noir est très caractéristique de la région. On cuisine beaucoup la viande de bœuf et de porc et on utilise les haricots cannellini. Le pain, c’est l’un des aliments de base qui change d’une région italienne à une autre. Dans mon coin, il n’est pas salé alors que dans les Pouilles, c’est tout le contraire, il l’est beaucoup », raconte le chef cuisinier.

La ribollita, consistante soupe dans laquelle baignent pain et légumes, est l’un des mets emblématiques de Florence, ajoute encore Nicola, qui a une anecdote pour chaque plat. Ou presque.

« La cuisine italienne, c’est quasiment comme une philosophie. Beaucoup de recettes ont été créées il y a des centaines d’années. Forcément, chacune s’inscrit dans la tradition et porte une histoire. »

La sauce feinte, par exemple. Une savoureuse variation végétarienne développée au cœur des années où la pauvreté imposait ses limites jusque dans les chaudrons. La sauce ne contient aucune viande, mais les Florentins ont eu l’idée de couper les légumes en tous petits cubes, de telle façon que la texture du plat rappelle une version carnée.

« Florence est une ville artistique, ce côté-là se décline en cuisine et se ressent aussi dans les assiettes », résume celui qui, à 14 ans déjà, savait qu’il ferait son chemin professionnel dans les cuisines.

« Le cuisinier, c’est un artiste qui joue la partition d’un autre en y mettant sa touche. C’est-à-dire que chacun interprète sa propre version d’une recette en y ajoutant sa couleur. Demandez à trois chefs différents de vous cuisiner une sauce tomate, aucun n’emploiera les mêmes ingrédients. »

Nicola, lui, n’a jamais regretté la carrière qu’il a choisie alors qu’il était jeune adolescent.  

« Ce n’est pas un métier facile, mais j’aime toujours autant ce que je fais. J’ai gardé le même enthousiasme qu’à mes débuts. »

C’est cet enthousiasme contagieux qu’il amène avec lui lorsqu’il met le cap sur le Québec. Un endroit qu’il affectionne pour ses grands espaces où il fait bon faire de la motoneige pour la première fois. Un endroit qu’il adore surtout pour ses gens « chaleureux et authentiques ». L’idée de faire voyager le savoir-faire culinaire de son pays plaît aussi beaucoup au chef.

« J’aimerais revenir chaque année. Pour le partage, mais aussi parce que j’ai l’impression de me rapprocher du vrai, de travailler à échelle humaine. Le rythme de vie est différent, ça fait du bien. En Italie, on file à 200 miles à l’heure. Comme sur une autoroute. Une course folle. Ici, j’ai l’impression qu’on avance en prenant le temps de regarder le paysage. J’aime ça. »

Autant dire que la dolce vita, c’est peut-être, aussi, un peu au Québec.

Ça vous intéresse? Vous pouvez visiter perilgusto.com/.

En cuisine

Des plateaux qui volent haut

CHRONIQUE / Il n’y a pas si longtemps, le cabaret servi en avion était vu comme un mal alimentaire nécessaire. Ou presque. On partait avec cette idée que ce serait sans doute fade, un peu beige, sans goût et sans panache. On avalait le contenu du plateau pour satisfaire sa faim, mais pas nécessairement ses papilles.

Je généralise et je caricature, évidemment. Mais il faut quand même reconnaître que les temps changent. Les menus aussi. Ici et là, les transporteurs aériens revoient leurs standards. À la hausse. C’est le cas chez Air Transat.

« Je souhaitais amener un changement. J’avais cette certitude qu’on pouvait mieux manger en vol et j’avais envie d’offrir à nos passagers une expérience culinaire rehaussée », exprime le vice-président service en vol et commissariat, Dave Bourdages.

En cuisine

Pâtisseries sans soucis

CHRONIQUE / En plus de célébrer les quatre ans d’existence de sa Pâtisserie Petit Lapin, qui offre des douceurs végétaliennes sans gluten et sans allergènes, Viviane Nguyen lance ce mois-ci un livre de cuisine dans lequel elle révèle les secrets de ses macarons colorés, de ses choux aériens et de ses gâteaux décadents. Tous faits sans blé, sans œufs, sans produits laitiers, sans noix, sans soya, sans arachides, sans colorants artificiels.

L’avenue sucrée de la pâtisserie est pourtant la dernière qu’elle pensait un jour emprunter.  

C’est que la jeune femme n’est pas de celles qui ont grandi les mains dans la farine. La pâtisserie, elle n’y connaissait pas grand-chose. En fait, elle n’avait même jamais confectionné un gâteau avant le premier anniversaire de son garçon.
La cuisine et elle, c’était vraiment deux.

Jusqu’à ce jour où, alors que son bébé avait 10 mois, elle a organisé une séance photo « smash the cake ». Les clichés devaient orner les cartons d’invitation pour la fête de son petit Ethan.

Celui-ci a tout juste touché le glaçage du gâteau acheté à la pâtisserie du coin qu’il a immédiatement réagi. Vomissements répétés, plaques rouges sur tout le corps, pleurs intenses. À l’hôpital, le diagnostic a saisi les nouveaux parents. Le blé, le lait, les œufs, le soya, les noix et quantité d’autres aliments figuraient désormais sur la liste des interdits. Ethan avait une trentaine d’allergies alimentaires.  

L’annonce a été suivie d’un « trou noir ». Une grosse semaine de brouillard. « Je ne savais pas comment réagir, je ne connaissais rien aux allergies alimentaires, il me fallait réorganiser la cuisine quotidienne. Les premiers mois avec mon bébé avaient été difficiles. Ethan pleurait beaucoup, il dormait peu. Et voilà que s’ajoutaient de nombreuses contraintes aux repas. J’étais dépassée », se souvient Viviane.

Et puis il y a eu le déclic. Allergies ou pas, dans deux mois, Ethan aurait un an. Il fallait un gâteau.  

« Sur le marché, il n’y avait rien qui pouvait convenir à mon garçon. Rien du tout. J’ai décidé que je confectionnerais moi-même un gâteau. Et j’étais bien décidée à ce qu’il aussi bon ou même meilleur qu’un gâteau traditionnel. »

La notaire montréalaise ne connaissait peut-être rien à la pâtisserie, mais elle savait qu’elle était capable de carburer aux défis, elle qui avait complété son baccalauréat en droit à l’Université de Sherbrooke en deux ans seulement.

« Je ne savais pas par où commencer ni comment m’y prendre, mais je savais à quel résultat je souhaitais arriver. J’avais beaucoup voyagé et comme j’ai la dent sucrée, j’avais mangé des desserts fabuleux à Paris, à Londres, en Australie. Je voulais que ça soit délicieux et attirant au premier regard, que ce soit très moelleux, aussi. J’avais huit semaines devant moi pour arriver à ça sans utiliser les aliments auxquels mon garçon était allergique. »

Autrement dit : sans utiliser tout ce qui fait la base de la pâtisserie traditionnelle. Laquelle, disons-le, est un art et une science qui a ses caprices.  

Viviane a plongé le nez dans les livres de cuisine et passé des heures sur les sites internet et les forums pour trouver astuces et tours de main.

« C’était un immense défi, mais je n’avais pas le choix. Je voulais que mon fils ait son gâteau, je souhaitais que tout le monde puisse se régaler avec lui. Je suis une autodidacte, j’ai assimilé les infos, j’ai décortiqué les recettes pour connaître la base, pour comprendre quel rôle remplissait chaque ingrédient. Après, je me suis lancée dans une série d’essais et d’erreurs. »

Un bol de cuisine dans une main, un cahier dans l’autre, elle a expérimenté. Et tout noté. Sans compter les heures, sans ménager les efforts, en rognant sur les heures de sommeil, elle a transformé sa cuisine en petite fabrique à gâteaux. Plusieurs de ses confections ont terminé leur course dans la poubelle. Jusqu’à ce qu’elle parvienne au résultat souhaité. Le jour de sa fête, Ethan a soufflé sa première bougie sur un cupcake géant. Il a goûté et adoré le délice chocolaté fait maison.

« Cette fête... c’était un moment de pur bonheur. »

En cuisine

Un peu d’Irlande dans l’assiette

CHRONIQUE / Dix-sept mars aujourd’hui, la journée sera joyeusement teintée de vert. On enfilera des chapeaux style Leprechaun, on se peindra des trèfles chanceux sur la joue, on trinquera à la bière verte ou à la pinte de Guinness, bref, on saluera les racines irlandaises qu’on a peut-être. Et pas qu’à Dublin. La Saint-Patrick, jour de Fête nationale en Irlande, a ses festivités et ses défilés un peu partout dans le monde. À Richmond, comme ailleurs. Peut-être même un petit peu plus qu’ailleurs.

« Notre défilé existe sous sa forme actuelle depuis 40 ans, c’est probablement le deuxième plus gros au Québec, après celui de Montréal. Cette année, si la météo le permet, on aura même des joueurs de cornemuse », m’explique Julie O’Donnell, vice-présidente de la Société St-Patrick de Richmond, un organisme qui célèbre cette année ses 141 ans d’existence.

Chaque édition de l’annuelle parade attire de 8000 à 10 000 curieux.

« La ville compte environ 3250 habitants. Ça vous donne une idée de la popularité de l’événement! Ici, en mars, tout le monde devient un peu Irlandais », résume Julie.

La popularité de la fête s’explique peut-être un peu, beaucoup, par son côté convivial.

« La Saint-Patrick est à l’image du tempérament ouvert et accueillant des Irlandais, insiste Julie O’Donnell. C’est une fête très rassembleuse, qui se déploie chez nous pendant tout le mois. »

On pourrait dire que la cuisine irlandaise s’inscrit aussi dans cette vision. Helen Bégin exploite un service de traiteur à Richmond (Traiteur Helen’s Catering). La semaine dernière, elle a cuisiné le repas médiéval orchestré par la Société Saint-Patrick. Au défi de respecter la tradition s’est ajoutée une contrainte de taille. Il lui fallait remonter le temps et concocter un menu quatre services avec ce qui se retrouvait sur les tables irlandaises il y a quelques centaines d’années.

« Lorsqu’on pense plats irlandais, on pense pommes de terre, note la cuisinière. Mais avant 1700, il n’y en avait pas là-bas. J’ai dû faire beaucoup de recherches pour composer un menu typique de l’époque. »

Une époque où pois, navet, chou, carotte et betterave avaient la cote.

« Les gens mangeaient du fromage de chèvre, des poissons, aussi. Le bœuf était réservé aux villageois plus aisés. »

Soupe au bœuf, assiette de fromages et de fruits secs, plats de viandes variées (bœuf, porc, caille, poulet, canard, alouette!) et légumes racines ont été servis aux convives lors du souper médiéval. Au dessert, pancakes, pouding et beignets maison ont ravi les dents sucrées. Avant comme maintenant, le trait commun de la cuisine irlandaise de toutes les époques, c’est encore et toujours la convivialité.

« La cuisine irlandaise, c’est une cuisine simple, accessible à tous, très réconfortante, aussi. Plusieurs recettes de mijotés utilisent la Guinness comme ingrédient, comme le ragoût dont je vous partage la recette (voir encadré). Il y a aussi l’emblématique corned-beef, un plat populaire qui se cuisine avec de la viande qu’on attendrit dans de l’eau salée. On la cuit pendant trois ou quatre heures, avec des épices, du chou et des carottes en abondance. »

À défaut de pouvoir aller festoyer sur l’île d’émeraude, voici un plat typique pour amener un peu d’Irlande dans votre assiette :  

Ragoût irlandais au bœuf et à la Guinness, à la mijoteuse (recette partagée par Helen Bégin, de Traiteur Helen’s catering)

INGRÉDIENTS
2 c. à table d’huile d’olive
2 livres 1/2 de bœuf à ragoût
en cubes
sel et poivre,
1/2 c. à thé de chaque
2 c. à table de farine tout usage
2 t. de bière Guinness
1 boîte (6 onces)
de pâte de tomate
3 oignons coupés en tronçons
4 gousses d’ail
8 branches de thym frais, ficelées ensemble
1 petit rutabaga coupé en morceaux
d’environ un pouce
4 carottes coupées en morceaux
d’environ deux pouces
2 panais coupés en morceaux d’environ un pouce
1/2 t. de persil italien frais, haché

PRÉPARATION
À feu moyen-vif, chauffer l’huile d’olive
dans une large casserole. Assaisonner le bœuf de sel et de poivre.
Cuire le bœuf quelques cubes à la fois, en les retournant à quelques reprises, de façon à ce qu’ils soient légèrement dorés. Une fois cuits, transférer les cubes de bœuf dans une assiette et les saupoudrer de farine.
Dans le plat d’une mijoteuse de grand
format, fouetter ensemble la bière,
la pâte de tomate, 1/4 de c. à thé de sel et 1/4 de c. à thé de poivre.
Ajouter les oignons, l’ail, le thym, les cubes de bœuf et bien mélanger le tout.
Déposer le rutabaga, les carottes et le panais sur le dessus du mélange. Couvrir et cuire jusqu’à ce que le bœuf et les légumes soient tendres. Cela prendra de 7 à 8 heures si vous réglez votre mijoteuse à basse température ou bien 5 à 6 heures si vous la réglez à température élevée.
La sauce épaissira légèrement en cours de cuisson.
Servir avec des pommes de terre en purée, bien sûr. Et, pourquoi pas, avec un classique « irish soda bread » fait maison.

EN CUISINE

Relâche culinaire

CHRONIQUE / Vous y voici. Premier matin de farniente d’une série de sept. Devant vous s’étalent tous les possibles qu’amène l’attendue semaine de relâche. Un peu de ciné, un peu de musée, de la glissade, de la randonnée, des heures et des heures de lecture en pyjama, d’univers patentés en Lego, de parties de jeux de société qui s’étirent autour de la table. Et à travers tout ça, peut-être (j’espère), quelques savoureux moments passés en cuisine, avec votre marmaille.

Parce qu’il n’y a rien comme les temps d’arrêt sans horaire pour se lancer dans d’heureux projets alimentaires qui feront votre délice. Ou pas. Et ce n’est pas grave : « Lorsqu’on cuisine avec les enfants, on sort de cette idée de performance de la recette, on est bien davantage dans la relation, dans le temps passé ensemble et dans la richesse des liens », remarque Mélanie Mercier, coordonnatrice aux communications et développement des affaires chez Croquarium.

L’organisme voit fleurir les projets inspirants depuis sa création, en 2005.

Basé à Sherbrooke, il œuvre à la grandeur de la province. La belle idée aux racines de celui-ci : « enchanter l’alimentation, créer des expériences sensorielles afin d’éveiller la curiosité et développer des habiletés pour découvrir les plaisirs de manger. »

« La semaine de relâche, c’est un bon moment pour sortir la bouffe de la case des obligations et en faire un moment agréable avec les enfants », note Mme Mercier.

Sans stress, sans pression, avec du temps devant et l’envie de sortir les chaudrons sans se prendre la tête avec la cuisine qui a soudain des allures de labo de chimie. La fumée en moins (quoique...), le fun en plus. On s’arme d’une généreuse pincée de patience et d’un plein bol de lâcher-prise. Ça aide toujours. Et on se rappelle le maître mot qui devrait guider notre élan : le plaisir. Cuisiner, goûter, tester ensemble, dans le bonheur, c’est un peu beaucoup le cœur de toute la patente. C’est ce qui met la table pour d’heureux moments partagés.

« Nos activités peuvent avoir l’air relativement simples, mais toutes sont soigneusement pensées, on travaille de concert avec un comité de veille scientifique. Notre travail sur le terrain ne nous amène pas dans l’univers du rationnel, on ne prêche pas les infos nutritionnelles. 

On va plutôt dans le sensoriel, dans l’expérientiel. Pour que les enfants expérimentent et développent leurs goûts, leurs préférences et leur curiosité. Après tout, ils mangeront un plat qui contient du chou non pas parce qu’il est plein de vitamine K, mais parce qu’il est savoureux », remarque Mélanie Mercier.

En cuisine

Du thé, en tout temps

« J’aime le thé, mais je ne m’y connais pas tant que ça », m’avise Michèle Plomer d’entrée de jeu. La conversation s’enclenche et je pourrais l’écouter parler pendant des heures de la Chine qu’elle aime et qu’elle sait si bien raconter, dans ses écrits comme en entrevue.

C’est qu’elle connaît le pays de l’intérieur. L’écrivaine magogoise y a vécu, y a enseigné et y a encore des amis, dont l’inspirante Song, héroïne qu’on découvre dans le magnifique roman Étincelle (publié chez Marchand de feuilles).

Le doux fumet du thé lui rappelle un peu, beaucoup les parfums de ce pays aimé.

« Moi qui arrivais d’une longue tradition de thé Salada, j’ai été émerveillée de goûter tous ces thés, en Asie », image-t-elle avec le sourire.

EN CUISINE

Par ici le kimchi

CHRONIQUE / Alors que tous les yeux sont rivés sur PyeongChang et les athlètes qui y multiplient les tours de force, regard sur ZE condiment coréen, le grand champion qui figure à presque tous les menus. J’ai nommé le kimchi.

« En fait, plus qu’un condiment, c’est même un ingrédient à part entière qui entre dans la composition de plusieurs plats », m’explique Sandra Bélanger.

La Corée du Sud, elle connaît. Séduite par l’endroit après un premier séjour là-bas en 2013, elle a fait du « pays du matin calme » le sujet de sa maîtrise en anthropologie, qu’elle poursuit à l’Université de Montréal.

« J’y suis retournée en 2016, pour une complète session d’études. »

La Sherbrookoise (maintenant établie à Montréal) était alors au baccalauréat en Études asiatiques. Pendant plusieurs mois, elle a vécu à la coréenne. Au Québec, le prix du loyer comprend parfois l’eau chaude ou le chauffage. Là-bas, le sien incluait le riz, les ramen et le kimchi. Au quotidien. C’est tout dire.

« Pour eux, c’est vraiment la base de l’assiette. Du kimchi, ils en mettent dans à peu près tout. »

En cuisine

Faim de vivre, soif de partager

CHRONIQUE / L’avenir était un horizon rempli de promesses. Jérôme Ferrer partageait sa vie avec celle qui était sa meilleure amie depuis l’enfance. Sa Virginie. Le bonheur avait la couleur des projets qu’ils nourrissaient ensemble. Plus que tout, ils rêvaient de fonder une famille.

Une première grossesse s’est terminée en fausse couche. Quelques mois plus tard, même joie suivie du même malheur, le douloureux scénario se répétait.

C’est là, entre quatre murs d’hôpital, le cœur déchiré par la perte d’un autre bébé, qu’ils ont reçu la nouvelle. Un séisme. Une chape de plomb sur demain. L’inimaginable diagnostic : Virginie était atteinte d’un cancer du poumon de stade 4.

Elle qui ne fumait pas. Elle qui prenait grand soin de sa santé. Elle qui n’avait que 36 ans.
La vie, soudain, imposait un virage. Le couple l’a emprunté sans savoir ce qu’il y aurait au bout du chemin. 

Mais il a avancé main dans la main, toujours.

C’est cette traversée douloureuse que le chef du réputé restaurant montréalais Europea raconte dans Faim de vivre, livre-témoignage à des lieux des nombreux recueils de recettes qu’il a déjà publiés. Moments tendres et épisodes éprouvants sont abordés avec sincérité et grande délicatesse.  

« C’était vraiment la première fois de ma vie où je me prêtais au jeu de l’écriture. Ça m’a pris un an pour construire ce bouquin. Et ça m’a demandé beaucoup de courage. »

Parce que le livre commandait de revisiter une zone sensible, marquée par la perte de celle qui était son amoureuse et que la maladie a fini par emporter.

« J’ai quand même voulu écrire ce récit parce que, peut-être, il pourra aider d’autres familles qui vivent quelque chose de semblable, des gens qui accompagnent des proches dans la maladie. Lorsque ma conjointe a reçu le diagnostic, j’ai été pris de court, j’étais terrassé, foudroyé par le chagrin. Je me suis senti désemparé et dépourvu, je ne savais pas quoi faire pour l’aider si ce n’était de lui dire : compte sur moi, je suis là pour toi. Après ça, concrètement, la seule chose que je savais faire, c’était la cuisine. Et je ne savais même pas par quoi commencer au niveau de l’alimentation. Il y a bien des magnifiques ouvrages qui parlent d’aliments anti-cancer, mais lorsque la maladie est installée, lorsque le cancer est là et incrusté, qu’est-ce qu’on fait? »

Ces questions, il les a posées aux oncologues, aux médecins traitants. Ils n’avaient pas de réponse. Ils ne savaient pas.

« J’ai envisagé la cuisine comme une médecine parallèle, une forme de médecine douce qui ne peut pas faire de mal, qui fait du bien au corps, au cœur, à l’esprit. Les seules armes qui étaient à ma dispo, c’était les aliments et mon savoir-faire. Au début, je ne savais pas comment m’y prendre. J’ai fait des essais-erreurs, tout au long du parcours. J’ai pu relever un certain nombre de choses. »

Par exemple que les plats très relevés ne passaient pas. Ceux très parfumés non plus.

« Si on cuisine du chou, ou bien une bisque, ça embaume partout dans la maison et cette odeur de soufre ou de fruits de mer exacerbe la nausée qui vient avec la chimio. Les gens qui suivent ces traitements ont souvent une altération du goût. Leur palais devient plus sensible à tout ce qui est âcre, tout goûte le fer. »

En cuisine

Mieux consommer, moins gaspiller

CHRONIQUE / Les chiffres sont effarants. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que le tiers des aliments produits mondialement pour la consommation humaine est gaspillé. Chaque année. Au Canada, c’est pas moins de 40 pour cent de la nourriture produite qui se retrouve à la poubelle.

Je vous laisse imaginer combien de paniers d’épicerie ça représente par famille annuellement.  

On pense à tous ceux qui, à l’autre bout du spectre, peinent à mettre du riz ou du pain sur leur table et on se dit que chacun à notre échelle, on est capable de mieux.

C’est ce possible mieux qui a motivé Jean-François Gagné Bérubé à développer la plateforme Glouton. En ligne depuis le premier novembre dernier, celle-ci se veut un outil pratique et gratuit pour contrer le gaspillage alimentaire.  

« Je travaille dans un domaine très technique et mathématique. J’avais envie de mener un projet nourrissant à l’extérieur de ma sphère professionnelle. À la maison, on composte, on fait attention à notre consommation. L’empreinte écologique que génère le gaspillage alimentaire est insensée. J’ai pensé ma plateforme pour aider les internautes à apprêter ce qu’ils ont sous la main », explique le développeur web féru de cuisine.