Rose Simard et Max Coubès

De bonnes bouteilles 100 % Québec

Rose Simard et Max Coubès ont lancé l’entreprise 1 ou 2 cocktails avec cette idée de rendre l’apéro accessible à tous et de rejoindre les néophytes comme les connaisseurs. Pour s’adresser au plus grand nombre, ils ont fait disparaître le terme mixologue de l’équation, qu’ils estimaient un peu trop niché. Le livre qu’ils proposent est à l’image de cette vision décomplexée et rassembleuse. Au surplus, L’apéro au Québec met en vitrine différents alcools québécois ainsi que des ingrédients bien d’ici. Pour vous permettre de trinquer joliment à la nouvelle année, ou pour vous faire découvrir quelques bons jus alcoolisés de notre terroir, Rose Simard partage quelques-uns de ses coups de cœur locaux.

Belles bulles

Au jour de l’An, c’est un classique, on pense pétillant. 

« Le mousseux rose et le vin blanc mousseux du Domaine Bergeville sont deux bouteilles qui se boivent super bien au décompte de minuit. Et comme ce sont des mousseux assez secs, pas trop sucrés, ils vont bien se mélanger dans un cocktail. Ils seront aussi formidables en Aperol Spritz. Si on veut en concocter un 100 % local, on remplace l’apérol italien par un apéritivo tout québécois, par exemple la liqueur Amermelade que font les Spiritueux Iberville. C’est un cocktail tout simple à faire et il se sert bien lorsqu’on reçoit plusieurs personnes parce qu’on n’a pas besoin de shaker. Tout se mélange dans une coupe à vin. » Les cidres pétillants du Domaine Lafrance, le rosé de Michel Jodoin ou les jolis nectars à base de poires du producteur Entre Pierre et Terre sont d’autres belles trouvailles. 

Liqueurs pleines de saveurs

« Les liqueurs de la maison Sivo se trouvent de plus en plus en SAQ et elles sont savoureuses. Leur liqueur de rhubarbe, c’est mon coup de cœur de l’année. C’est un produit sucré, mais on goûte bien l’amertume de la rhubarbe. Ils font aussi de délicieuses versions aux framboises et aux bleuets. Le goût est franc, les fruits prédominent, on sent bien toute la saveur de ceux-ci dans chaque bouteille. »

Tchin-tchin gin

L’amour que portent les Québécois au gin est passionnel en ce moment. On ne peut pas dire moins. 

« Depuis environ cinq ans, les spiritueux d’ici sont sur une formidable lancée. On trouve beaucoup de gin et de vodka sur les tablettes parce que, contrairement au whisky, qui doit être vieilli en baril pendant trois ans, ce sont des alcools qu’on peut fabriquer rapidement. Le classique gin tonique est une valeur sûre à servir. Il y a plusieurs très belles bouteilles sur le marché actuellement, mais le KM 12 de la Distillerie du Fjord représente particulièrement bien le Québec. C’est un gin qui rappelle la forêt boréale avec sa touche d’épinette et de sapin et qui plaît vraiment beaucoup au grand public. Il est très frais et facile à servir, avec des tranches de concombre, par exemple. Nous, on a une recette où on le marie avec du céleri, du kombucha, du jus de citron et du jus de lime. Sinon, le gin Thuya est un autre beau produit à découvrir. Il est particulier, très agréable et frais au goût. On sent beaucoup la coriandre. »  

Shooter mentholé

Quand on tourne la dernière page du calendrier, au brunch du Premier de l’an ou bien le soir du 31 décembre, on a le droit de penser shooter. « La crème de menthe reste très associée à la période des Fêtes, et avec la bouteille que propose la microdistillerie Les subversifs, on est loin de la version verte fluo qui avait la cote auprès des adultes de la parenté lorsqu’on était enfant. La crème de menthe de Isabelle est faite avec de la menthe biologique. On peut la prendre sur glace ou bien en Stinger, avec un brandy de pommes tout québécois, par exemple. » 

Go pour l'amaretto

Boisson italienne réputée et digestif par excellence lorsqu’on le sert sur glace, l’amaretto se conjugue avec des notes boréales depuis que la Distillerie Mariana a lancé Avril, le premier amaretto québécois.  

« Ils sont allés chercher des notes épicées, un peu forestières et mentholées, qui nous permettent de redécouvrir un produit qu’on pensait connaître. On peut l’utiliser en petites quantités dans différents cocktails. Il va apporter une profondeur au contenu du verre grâce à son côté sucré et épicé. Un autre bon amaretto québécois, c’est le Miele, fabriqué par les Spiritueux Iberville. »

Versatile vermouth

« C’est une bonne base à avoir dans son bar parce qu’il permet de faire plusieurs cocktails et il vient souvent balancer le verre. En Europe, le vermouth est un vin fortifié fait à base de raisin, mais au Québec, le vermouth de cidre, élaboré à partir de pommes, est un beau produit à découvrir. Je pense au Rouge gorge, un vermouth blanc produit par le Domaine Lafrance, qui est excellent servi avec du soda et un trait de jus d’agrumes. » 

Hydromel mielleux

« Lorsqu’on pense hydromel, on a cette idée que ce sera super sucré en bouche. Mais celui que propose la Ferme apicole Desrochers est au contraire hyper sec. Les artisans font vraiment ressortir le goût du miel dans leurs produits. Tellement qu’on détecte quel type de miel a été utilisé dans chacune de leur bouteille. Ils produisent aussi un hydromel biologique pétillant à base de pommes qu’on trouve en épicerie, le Beez Free. Celui-ci a une teneur en alcool de seulement cinq pour cent, il est donc plus léger à boire qu’un vin et il peut très bien être servi à la place d’un cidre ou d’une bière de microbrasserie. C’est vraiment un nectar à découvrir. »

+ La fraîcheur avant tout

Elle est facile à faire, elle ne coûte rien, on la retrouve dans à peu près tous les cocktails : la glace est une essentielle dont on ne mesure pas toujours toute l’importance. 

« Si j’ai un conseil, c’est celui-ci : lorsque vous recevez, faites-vous de grosses réserves de glace ou bien achetez un sac parce que ça en prend vraiment beaucoup pour faire un cockail. Plus on glisse de glace dans le verre, plus il va rester froid et moins la glace va fondre rapidement. C’est exactement ce qu’on veut. Si on met seulement deux glaçons, ils vont vite se dissoudre et diluer le précieux contenu de notre verre. Quand on a payé une bouteille 40 $, on veut savourer son contenu, on ne tient pas à l’allonger avec de l’eau », image Rose Simard.   

Dans cette même logique de ne pas gâcher le contenu du verre, on s’assure aussi que notre glace est fraîche et qu’elle ne dégage pas une odeur de congélateur. « Si ça fait six mois qu’elle patiente au froid, elle aura sans doute un arrière-goût désagréable. » 

Autre point primordial : la qualité des ingrédients qu’on amalgame. 

« Comme en cuisine, on gagne à choisir des produits frais. Le goût du jus d’agrumes qu’on vient de presser n’a rien à voir avec celui qu’on trouve dans les petites bouteilles en plastique. Quand on fait un cocktail, on n’a pas besoin d’aller vers des mélanges très compliqués, mais on s’assure d’utiliser de bons ingrédients, des fruits frais, des aromates parfumés. C’est la base. »

Punch de Naël (donne 8 verres)  

Recette de Rose Simard et Max Coubès, tirée du livre L’apéro au Québec


1t.3/4 de gin Thuya

1 t. 3/4 de jus de citron fraîchement pressé

1 t. 3/4 de sirop simple (voir recette ci-bas)

10 branches de thym

1 poire, tranchée finement

1 bouteille de vin blanc mousseux Domaine de Lavoie


Verser tous les ingrédients dans un bol à punch, à l’exception du vin mousseux.

Laisser reposer au réfrigérateur au moins une heure.

Au moment du service, ajouter le vin mousseux et mélanger à l’aide d’une cuillère. 

Servir dans des verres remplis de glaçons. 


Sirop simple : Dans une casserole à feu vif, portez à ébullition une tasse d’eau puis réduisez à feu doux. Ajoutez une tasse de sucre et remuez à l’aide d’une cuillère jusqu’à ce que le sucre soit dissout. Laissez tiédir et réfrigérez. Le sirop se conserve environ un mois au réfrigérateur.