La taille demande d’évaluer, de diagnostiquer, puis de sculpter avec une attention chirurgicale chaque cep qui nous passe sous le nez.

Comment se déclare un porto vintage?

CHRONIQUE / Il n’y a pas mieux qu’une dégustation de jeunes portos vintage pour vous maquiller les dents! C’est là un exercice qui exige une bonne dose d’endurance, car les juvéniles sont non seulement sombres, profonds et tanniques, mais aussi bien concentrés en sucre et en fruit. Un tout garni qui ne fait certes pas dans la dentelle aujourd’hui, mais qui sera capable de traverser les décennies et, à terme, de récompenser généreusement qui saura l’attendre.

Les producteurs de portos réservent le meilleur de leur récolte pour réaliser leur vintage. S’ils croient au potentiel du millésime, ils envoient alors un échantillon à l’Institut des Vins de Porto qui déterminera ensuite si le vin possède des caractéristiques organoleptiques exceptionnelles, correspondant, entre autres, à une robe foncée et une structure tannique lui permettant de vieillir pendant des dizaines d’années, voire plus d’un siècle. Ce n’est donc pas l’Institut des Vins de Porto qui déclare un vintage, mais bien les vignerons eux-mêmes.

Plus un vintage est déclaré, meilleur il est. Si plus de 50 % des producteurs déclarent « vintage », la Confrérie des Vins de Porto tiendra alors une cérémonie majestueuse au cours de laquelle chaque maison versera une pleine bouteille de son vintage dans une coupe de verre gigantesque. L’assemblage sera ensuite dégusté et célébré par les vignerons et convives.

Après l’exceptionnel 2011, plusieurs millésimes difficiles se sont succédés. Puis il y a eu 2015 et 2016, millésimes partagés, où les uns ont déclaré et où les autres se sont abstenus. Et, est arrivé, enfin, l’unanime 2017 — millésime précoce, très chaud et extrêmement sec — exceptionnel à tous les égards, où tous ont déclaré.

Déclaration du vintage 2016 par la Confrérie des Vins de Porto.

Il est vrai que cette décennie a vu naître plus de vintage qu’à l’habitude. Et il semble que cela se reproduira de plus en plus. Pas parce que l’Institut devient plus laxiste, mais bien à cause des connaissances en viticulture et en œnologie qui s’affinent — l’étude de l’ampélographie ayant permis aux vignerons de planter les meilleurs cépages aux bons endroits, et la technologie de vinifier avec des normes d’hygiène qui n’existaient pas il y a tout juste 50 ans.

Plus de vintage, qui s’en plaindrait?

Vigneronne en herbe : Semaine 2

Tout l’été, vivez avec moi mes aventures d’apprentie vigneronne au Domaine Bergeville dans les Cantons-de-l’Est!

La taille suit son cours! Beau temps, mauvais temps, on continue de passer les vignes sous le bistouri. Un travail méticuleux qui nous demande d’évaluer, de diagnostiquer, puis de sculpter avec une attention chirurgicale chaque cep qui nous passe sous le nez. Chaque coup de sécateur est calculé, puisqu’il sera déterminant de la récolte de cette année et de celles à venir.

Tailler, c’est aussi offrir des soins de première ligne, voire l’aide à mourir lorsqu’une vigne a soufflé son dernier millésime. « Quand il y a beaucoup de gourmands (NDLR : nouvelles tiges partant de la base du plant), habituellement, c’est que la vigne essaie de te dire quelque chose », me fait remarquer le vigneron, Marc Théberge. Il fait ici référence à la tumeur du collet — une maladie causée par une bactérie vivant naturellement dans les sols québécois — qui s’en prend notamment aux framboisiers et aux vignes. Nul besoin de faire une prise de sève ou de passer un rayon X pour savoir si un plant est souffrant. Certains symptômes ne mentent pas. L’épiderme de la tige pèle, et, en-dessous, l’écorce noircit et présente un relief bosselé ressemblant à des galles. À terme, la maladie empêche la sève de monter dans le tronc et entraîne une suffocation totale de la plante. En la dépistant, on essaie autant que possible de prolonger la vie des vignes malades en amputant les parties affectées. Mais soyez sans crainte, nul besoin de sonner l’état d’urgence, la santé générale du vignoble est excellente!

Chianti riserva 2015, Castelgufo
13862419 • 16,30 $
• 13 % • 2,2 g/l •

Vous ne trouverez pas de chianti bio moins cher que celui-ci en SAQ. Comble de chance, il est assez bien foutu. David Volterrani livre une interprétation délicate du chianti sur son vignoble bio à San Miniato, en plein cœur de la Toscane. Les notes subtiles de pot pourri, de tabac et de balsamique s’amènent discrètement. Un 80 % de sangiovese, 10 % malvasia nera, 5 % colorino et 5 % cabernet qui donne dans la souplesse et la persistance aromatique de longue haleine.