La microbrasserie 11 comtés et le Cuisinier déchaîné de Cookshire-Eaton, c’est bien plus que de la bière et de la bouffe, c’est un retour aux rencontres heureuses.

Ces lieux qu'on aime: de la bière, de la bouffe, mais surtout des gens

CHRONIQUE / Un commerce, un coin de rue ou un parc méconnus, un endroit pour rencontrer ou relaxer : les villes regorgent de lieux qu’on aime, souvent loin des circuits plus traditionnels. Cet été, les chroniqueurs des six journaux de Groupe Capitales Médias vous amènent à la découverte de ces petits trésors, de Québec jusqu’en Outaouais, de la Mauricie à l’Estrie ou au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Rendez-vous chaque jeudi de l’été.

C’est quoi ton lieu préféré?

Aaaaah. Des lieux que j’aime, sérieusement, il y en a tellement, genre 15 à la douzaine, c’est juste malade.

C’est la faute à ma mère. Parce que c’est toujours la faute de nos parents, c’est bien connu, mais surtout parce que quand j’étais floune, elle nous embarquait dans sa vielle Datsun et nous trimballait dans tous les petits rangs de la région. On se retrouvait souvent dans le fond de culs-de-sac, on ramassait des mûres, on volait des pommes, des fois on se perdait, mais j’imagine qu’on s’est toujours retrouvé.

C’était magique.

Depuis, nécessairement, je continue à chercher de la magie, pis la plupart du temps, au gré des rangs.

Le Haut-Saint-François, c’est un lieu pour se perdre. Un lieu de perdition peut-être même un peu, ce qui n’est pas à dédaigner.

Loin des flaflas, on se perd dans les rangs du Haut, sans hâte, et souvent sans but, à l’écart des routes principales dans la mesure du possible, dans la douceur, la simplicité des paysages et des villages, dans la chaleur et l’énergie des gens.

Les gens.

En cette époque de tiraillements et de divisions multiples, alors que nos rapports à l’autre et à la bienveillance s’effritent un peu dans le grichage des réseaux, j’ai besoin, – et je ne suis sûrement pas la seule – viscéralement besoin que ce que l’humain a de plus beau reprenne sa place dans le paysage.

Dans tous les paysages.

J’ai besoin de gens lumineux, généreux, accueillants et créatifs qui incarnent les lieux, les aiment, les partagent.

Les lieux, ces temps-ci, ce sont avant tout les gens. (Parfois aussi l’absence de ceux-ci, mais ça, ma foi, on y reviendra.)

Là, je suis attablée chez le Cuisinier déchaîné, à la microbrasserie 11 comtés, deux bâtiments de bois séparés, mais unis par une terrasse en gros bois, en conversations bruyantes, en rires qui s’étirent, en accueil et en service sympathiques.

C’est un lieu rural, beau, agréable, terriblement bon. C’est avant tout le rêve de jeunes gens audacieux de rester dans leur coin de pays, mais de le partager aussi, de le mettre en valeur.

C’est le lieu d’Émilie, Julie, Mathieu, Sébastien, Martin, Yannick, le lieu de leurs familles et de leurs amis, des amis des amis, votre lieu quand vous le voulez aussi.

Ici, il n’y a pas de point de vue sur le fleuve, les montagnes ou une vallée d’oliviers, mais il y a des tables qui se modulent pour veiller tard et un carré de sable, ça dit tout.

Ça dit que tu peux y débarquer en famille, avec les enfants, les amis, les collègues, l’amoureux.se, pis qu’on va te recevoir avec le sourire pis l’envie que tu passes un beau, bon et long moment.

Ça dit que c’est une place où tu peux boire une rousse de campagne sur le bord du feu pendant que les enfants jouent dans le carré de sable, relaxes, sans qu’on vous pousse vers la porte. Ça dit que que tu peux te mettre «cute» pour venir fêter quelque chose, mais que tu peux débarquer avec ta «chienne carreautée» après ta journée d’ouvrage ou quand la soirée s’annonce un peu fraîche.

Ça parle de rassemblement.

On rassemble depuis l’ouverture, il y a un an, lorsque la gang de la micro a distribué des plants de houblon aux gens du Haut, parce qu’un jour on brassera une bière complètement locale, en mettant le grain, la flore, les petits fruits et le territoire en valeur.

Dans sa cabane juste à côté, d’où il a vue sur les cuves de brassage, le Cuisinier déchaîné et son équipe font aussi appel au territoire.

Tout aussi déchaîné dans ses bottes de maraîcher que devant ses fourneaux de cuisinier, Yannick Côté s’amuse avec ses légumes de saison, mais aussi avec les produits du monde autour, charcuteries de Scotstown, cerf rouge du Sabot d’Or, poulet de la ferme Ducharme, bœuf de la ferme d’Orée, fromage de chèvre de chez Caitya, truite des Bobines, tout est bon, frais, sans pétage de broue.

On sert plutôt la broue au verre, à la pinte ou sur un plateau de dégustation où se côtoient lager, stout, ale sure de blé, rouge des comtés, blanche multigrains, rousse et pale ale de campagne, des bières à déguster sur place ou à ramener à la maison en cannettes ou en cruchon.

Ça permet de rapporter un bout du Haut chez soi quand on n’y habite pas.

Parce que, bien évidemment, cette énergie des 11 comtés a dévalé les rangs jusque dans les MRC autour et bien au-delà des Cantons-de-l’Est, ramenant chaque fin de semaine son lot de curieux, de bons vivants et de goûteux de la vie. Parfois, personne ne se connaît, mais on dirait que tout le monde se connaît.

Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est heureux, très heureux.

Et assez magique.

La microbrasserie 11 comtés et le Cuisinier déchaîné de Cookshire-Eaton, c’est bien plus que de la bière et de la bouffe, c’est un retour aux rencontres heureuses.

Et tant qu'à...

Si vous poussez votre voiture, votre moto, votre vélo ou votre cheval jusqu’à Cookshire-Eaton pour la poutine sauce à la bière ou le duo poke bowl et blanche de campagne, je vous invite à poursuivre votre excursion un moment encore.

Partez vers Sawyerville, Saint-Isidore-de-Clifton, Bury, Dudswell, Newport, Scotstown ou La Patrie par les petits chemins de terre. Évitez l’asphale, même si ça demande un peu de créativité, un gps ou du flair. (Si vous voulez, je peux même vous prêter ma mère…)

Essayez de zigzaguer ainsi au moins jusqu’au Canton de Lingwick, union heureuse de Sainte-Marguerite et de Gould, village de joyeux lurons qui sont recevants sans bon sens.

On y va pour le Marché de la p’tite école avec bière, bouffe et ateliers divers le vendredi soir, pour l’ambiance, le menu écossais et la gentillesse de Daniel à La Ruée vers Gould, pour le pont couvert magnifique en tout temps, et tout particulièrement pour la Nuit du pont couvert qui te brasse la vie, en août, cette année les 24-25.

C’est là que ça se passe si t’as envie de planter ta tente, te baigner dans la rivière, te gaver de musique, de bière et de poésie, voir des shows dans le pont couvert, regarder les étoiles étendu dans l’herbe et rencontrer du monde heureux.

Parce qu’un lieu, je le répète, c’est souvent les gens.

Ces lieux qu'on aime

Ces lieux qu'on aime: le pont de la tour Eiffel

C’est un merveilleux coin du centre-ville de Gatineau qu’on appelle « le pôle culturel de la municipalité ».

Un commerce, un coin de rue ou un parc méconnus, un endroit pour rencontrer ou relaxer : les villes regorgent de lieux qu’on aime, souvent loin des circuits plus traditionnels. Cet été, les chroniqueurs des six journaux de Groupe Capitales Médias vous amènent à la découverte de ces petits trésors, de Québec jusqu’en Outaouais, de la Mauricie à l’Estrie ou au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Rendez-vous chaque jeudi de l’été.

Ces lieux qu'on aime

Ces lieux qu'on aime: incursion au temps de la guerre froide

Au début des années 1960, la question n’était pas de savoir « si » un holocauste nucléaire allait décimer l’humanité. Mais « quand ».

Un commerce, un coin de rue ou un parc méconnus, un endroit pour rencontrer ou relaxer : les villes regorgent de lieux qu’on aime, souvent loin des circuits plus traditionnels. Cet été, les chroniqueurs des six journaux de Groupe Capitales Médias vous amènent à la découverte de ces petits trésors, de Québec jusqu’en Outaouais, de la Mauricie à l’Estrie ou au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Rendez-vous chaque jeudi de l’été.

Ces lieux qu'on aime

Ces lieux qu'on aime: à vélo entre fleuve et champs sur la Côte-du-Sud

Pour certains, l’été et les vacances sont synonymes de festival d’été, de plages, de glissades d’eau ou de clubs de golf. Pour moi, un plaisir estival est de parcourir à vélo Saint-Michel de Bellechasse, Saint-Vallier, Berthier-sur-Mer et Saint-François-de-la Rivière-du-Sud.

Une sortie d’une soixantaine de kilomètres sur la rive sud du Saint-Laurent impossible à faire en gardant les yeux rivés sur sa roue ou sur celle de la personne qui nous précède.

Aucune ambition d’améliorer quelque peu son chrono lors de cette randonnée sur la route 132, les rues principales de villages parmi les plus beaux du Québec, le chemin Lemieux, la route de Saint-François, la route 228 et la Montée de la Station. Ce sont les yeux qui sont surtout sollicités pour ne rien échapper. 

Vous ne faites pas de vélo ou vous préférez les pistes cyclables où vous n’avez pas à vous préoccuper des automobiles? Pas de problème. Prenez la voiture et arrêtez-vous en chemin. 

À vélo ou en auto, on éprouve une succession de petits bonheurs à réaliser ce parcours qui conjugue fleuve, terre et patrimoine.

Le fleuve Saint-Laurent et ses îles. Le décor qui change au gré des marées. Les marinas. Les fermes prospères. Les champs qui se déclinent en différents tons de vert avant de passer au doré. Des villages fiers de leur passé et leurs maisons ancestrales joliment fleuries. Quelques commerces qui proposent des produits du terroir.

Des occasions de se remplir les yeux, les narines et le ventre.

Je ne suis pas seule à faire ce type de pèlerinage estival dans ce coin du Québec. À la crèmerie Glaces et Délices, à Saint-Michel de Bellechasse, j’ai croisé en juillet une femme venue de Montréal sur sa moto pour admirer une fois de plus le village où elle a été pensionnaire pendant trois ans au couvent des sœurs de Jésus-Marie, aujourd’hui le collège Dina-Bélanger.

Peggy Hayes, la jeune soixantaine, se rappelle le bonheur d’avoir profité enfant de la proximité du fleuve et d’une vue sur l’île d’Orléans au quotidien. La sévérité de certaines religieuses n’est qu’un lointain souvenir, mais non la beauté et la douceur du village de Saint-Michel. 

Ces lieux qu'on aime

Ces lieux qu'on aime: des chutes, des plages et des bleuets

En été, le Lac-Saint-Jean, c’est un grand territoire d’eau, de plages et de bleuets qui poussent au coeur de la grande forêt boréale. Avec son relief plat, il faut toutefois parcourir avec minutie cet immense territoire pour repérer tous les petits bijoux qui s’y trouvent. Et le secteur de la 9e Chute, à Albanel, fait partie de ces joyaux à découvrir.

Ces lieux qu'on aime

Ces lieux qu'on aime : des meules, des gens et des chemins de terre (toujours!)

Y a des matins, c’est un cheddar. Le lendemain c’est un crottin, de la feta ou du fromage frais dans l’huile avec de l’ail grillé, du poivre, du basilic et de la tomate séchée. Chaque fois ou presque, j’ajoute une ricotta fabriquée avec le petit lait, histoire de maximiser le plaisir et la récolte laitière matinale.

Le lait, c’est le cadeau des biquettes. Et les biquettes, c’est le cadeau que ma douce et moi on s’est offert il y a quelques années déjà, histoire d’ajouter à nos ambitions d’autonomie alimentaire et de satisfaire la maniaque de fromage que je suis.

Mea culpa, mais zéro mea culpa.

Le fromage, c’est une des plus belles choses qui soient.

Les artisans fromagers sont des magiciens que je vénère.

Et leurs fromageries sont de véritables paradis, entre autres sur mes terres de retranchement, à califourchon entre le Centre-du-Québec et les Cantons-de-l’Est.

Je vous tape le chemin en vous incitant à choisir le gravier, toujours, parce que c’est plus beau, plus lent et plus souriant. 

Vous pourriez faire le tour en une journée. Mais non, faites pas ça. Savourez, slackez-vous les épaules, donnez du lousse au temps, souriez bêtement. Amenez-vous une glacière aussi.

L’idéal, c’est de partir le vendredi matin, peu importe d’où.

Du Presbytère...

On se rejoint à Sainte-Élizabeth-de-Warwick, bastion de la famille Morin, à quelques kilomètres en retrait de la 116, au Centre-du-Québec.

Deux options. 

D’abord celle où tu cherches un peu de tranquillité, tu commences alors par aller à la fromagerie du Presbytère, idéalement avant 14 h, c’est pas de trouble à trouver en plein cœur du petit village, inquiète-toi pas. 

Au comptoir, les tentations sont nombreuses, tu peux te lâcher lousse, mais le Louis d’Or et le bleu sont des incontournables.

Perso, je te conseille de repartir aussi avec quelques livres de beurre salé maison (malade!), un bout de Taliah, fromage de brebis vieilli qui peut ressusciter toutes les papilles mortes de la terre, et un (ou deux) petit(s) Chèvre à ma manière fabriqué pas très loin, à Warwick, à la fromagerie de l’Atelier, mais dispo assez régulièrement au Presbytère.

Une fois la récolte complétée, le pain et le boire ramassés, tu prends tes clics et tes claques, pis tu files pique-niquer sur ta nappe à carreaux au parc Marie-Victorin de Kingsey Falls ou à l’étang Burbank de Danville, au gré de quelques routes de campagne, bien entendu.

L’option 2, celle où t’as envie d’un bain de foule un peu fou, ferait en sorte que tu vivrais ton vendredi soir drette au Presbytère en amenant ton kit de pique-nique, tes rafraîchissements et tes gens préférés pour te gaver de fromage dans le petit lait, de grains et de toutes les beautés du comptoir avec quelques centaines, voire quelques milliers de personnes. Ben du monde à messe et au Presbytère! Nos hommages à Jean Morin qui déambule habituellement dans la foule, une meule à la main, pour partager sa bonne humeur et son fromage.

À la Nouvelle-France...

La panse bien pleine et le stress courant plus détendu, vous pourriez bien avoir dormi à Danville, village agréable s’il en est, et pris le petit-déj à la Binnerie du carré ou à la Mante du carré (vous aurez deviné qu’il y a un carré) avant de reprendre la route.

Idéalement toujours, prenez les petites routes de terre de Cleveland vers Richmond, traversez la rivière Saint-François par le pont de fer, (y a Les gars d’la saucisse juste après à droite si jamais) puis faites un arrêt au Marché champêtre de Melbourne pour mettre la main sur un fromage de la Ferme écologique coop d’Ulverton, des pâtes fermes de chèvre rares et surprenantes. Saluez Olivier de ma part.

Laissez le GPS ou votre carte routière vous proposer d’autres chemins de terre vers Racine, terre de révolutionnaires écologiques, du Marché Locavore et de la Fromagerie Nouvelle-France, là où le lait de brebis est transformé en plaisir assuré par Marie-Chantal Houde.

Les révolutionnaires et leur joyeuse bande tiennent à Racine un très sympathique marché, le samedi, jusqu’à 13 h, juste à côté de la boutique de fromages. 

Vous y retrouverez quelques fromages de leurs complices du Presbytère, mais aussi leurs produits phares, c’est-à-dire l’excellent Zacharie Cloutier, le yogourt au lait de brebis et le Pionnier concocté conjointement par les vaches de Sainte-Élizabeth-de-Warwick et les brebis de Racine, des petites bêtes qui vont si bien ensemble.

Tellement qu’on les a aussi mises à contribution pour créer un déjà râpé de fondue au fromage, mixte parfait de Zacharie Cloutier et du Louis d’Or de Sainte-Élizabeth. Tu ne le sais pas encore, mais tu veux manger cette fondue-là avec du pain aux noix, des pommes pis des poires, et tu veux aussi t’en servir sur ta pizza maison. La pizz de la mort? Pâte maison, le mixte de fromage, quelques tranches de pommes, des asperges et un pesto de pistaches maison.

Après, tu meurs.

Ou tu reprends la route... 

Jusqu’à l’incontournable Station

Entre les hauteurs de Racine et celles de Compton, tu pourrais décider d’aller passer ton samedi soir à Magog ou du côté de Coaticook pour voir sa Foresta Lumina

Mais tu peux aussi y aller pour Sherbrooke, la Reine des Cantons-de-l’Est, surnommée plus familièrement Sherby par la communauté étudiante.

Si jamais c’est le cas, on vous suggère de zyeuter la programmation des Concerts de la cité, du Granada, du Boq ou de la Petite boîte noire, de choisir parmi les excellents restos qui ont poussé au fil de la dernière décennie et de profiter de la terrasse de La Buvette, bistro zéro déchet sympathique dont le menu bouffe est court, mais délicieux et abordable, et le menu boire très élaboré et varié.

On boira cependant modérément. Parce que dimanche matin, on va faire le train.

Bon, peut-être pas le train, mais une visite à la ferme biologique de la Station, sur réservation notons-le, avant de se grappiller du service, des sourires et des conseils hyper sympathiques, un grilled cheese de feu et de refaire le plein de produits et de fromages pour emporter.

La famille Bolduc — aucun lien de parenté, mais avec un nom pareil, ce sont de bien bonnes gens, on le devine — travaille de concert sur les terres, dans les prés, dans les bâtiments et dans la fromagerie qui s’agrandit, ça se goûte dans le palais en mordant dans un morceau d’Alfred le fermier vieilli à divers degrés (mon dieu que c’est bon!), le Comtomme, le Hatley, la raclette ou peut-être même la rare pâte molle si avez de la chance.

Et un dernier tour dans les Broussailles

L’environnement de la Station et la campagne magnifique autour vous donneront envie de vous y établir, ou à tout le moins de prolonger le plaisir.

Alors faites-le. Restez parmi nous. 

Allez aux petits fruits ou aux pommes dans un des nombreux vergers du coin, perdez-vous encore sur les chemins de terre en partant dans la campagne de Hatley, Kingscroft, Ways Mills, ou encore du côté de Moe’s River et Martinville où, sur le chemin Bulwer, la Ferme les Broussailles ouvre ses portes tous les après-midis afin de vous faire découvrir le paradis des biquettes.

C’est l’endroit idéal pour découvrir la chèvre laitière et des fromages fermiers au lait cru tout simplement savoureux, qui suivent le gré des saisons et de l’alimentation aux champs.

C’est petit, bucolique, discret et sympathique. Julie et Jean-François sont des gens accueillants, et, on va se le dire, les chèvres sont des bêtes tout à fait curieuses et divertissantes. 

Vous pourriez même vous laisser tenter, en adopter quelques-unes et vous lancer dans le caillé à votre tour. Ça nous fera un autre point en commun.

Chronique

Ces lieux qu'on aime: porté par le vent de la plage Jacques-Cartier

CHRONIQUE / Un commerce, un coin de rue ou un parc méconnus, un endroit pour rencontrer ou relaxer : les villes regorgent de lieux qu’on aime, souvent loin des circuits plus traditionnels. Cet été, les chroniqueurs des six journaux de Groupe Capitales Médias vous amènent à la découverte de ces petits trésors, de Québec jusqu’en Outaouais, de la Mauricie à l’Estrie ou au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Rendez-vous chaque jeudi de l’été.

C’était l’heure bleue, celle d’avant la nuit. Une lune pleine a surgi sur les hauteurs de Lévis, irradiant les cimes et jetant sur le fleuve un pont d’or. Un troisième lien singulier, en oblique des deux autres. 

Je me suis arrêté. La lumière s’est arrêtée aussi. Quand je suis reparti, elle s’est mise à me suivre. 

Nous avons joué ainsi un moment, jusqu’à ce que la lune, en s’élevant, perde ses couleurs et emporte avec elle son pont d’or. 

Le bord de fleuve, de Cap-Rouge à Sillery, offre ainsi mille moments à saisir, chaque fois différents selon le temps qu’il fait, les saisons ou les heures. 

La portion de la plage Jacques-Cartier, à l’ouest des ponts, est à mon avis un des plaisirs les plus méconnus de cette ville. 

C’est un des plus beaux parcs de Québec, mais aussi un symbole de courage. C’est là qu’a commencé le retour au fleuve dans les années 1980. L’ex-mairesse Andrée Boucher l’avait «arrachée», littéralement, à des propriétaires de chalets privés.

Ceux-ci ont fait place depuis à 2,6 kilomètres de bonheur public.

Un sentier de terre battue courant entre le fleuve et la falaise verte, bordé de grandes aires gazonnées ombrées, d’une plage de terre rougeâtre, de rochers et d’herbes hautes. 

Un mobilier minimal : tables à pique-nique, bancs, lampadaires et pavillon de services tapi dans la falaise (toilettes, abreuvoir, machines distributrices). 

J’y ai déjà vu un food truck un jour d’été, mais mieux vaut ne pas y compter. On apporte son lunch (et sa bouteille de vin). Ce n’est pas permis, mais toléré si vous savez vous tenir. 

On vient à la plage en auto. Accès près du boulevard Pie-XII/chemin Saint-Louis. Il y a du stationnement. Accès aussi par la marina de Cap-Rouge, au pied de la côte du même nom. On suit le chemin asphalté sur 400 mètres bordés par des résidences privées. Le sentier de la plage commence ensuite.

On peut y venir aussi à vélo, mais soyez prévenus. Il faudra l’abandonner à l’entrée, la plage étant «velo non grata».

L’interdit tient au manque d’espace, dit la Ville, mais je n’y crois pas. L’espace est là. Sans doute craint-on pour la quiétude de la plage.

La baignade est interdite aussi. La qualité de l’eau le permettrait plusieurs jours par été, comme à la batture de Beauport, mais la Ville trouve plus simple de l’interdire, ce qui évite de payer pour le contrôle de qualité et la surveillance. Dommage. 

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Ces lieux qu'on aime: une heure de vacances en prison

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L’été annonce les vacances qui symbolisent la liberté. Le dernier endroit qui nous vient en tête pour en profiter, c’est «en dedans», derrière les barreaux.

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Ces lieux qu'on aime: le paradis troué

CHRONIQUE / Un commerce, un coin de rue ou un parc méconnus, un endroit pour rencontrer ou relaxer : les villes regorgent de lieux qu’on aime, souvent loin des circuits plus traditionnels. Cet été, les chroniqueurs des six journaux de Groupe Capitales Médias vous amènent à la découverte de ces petits trésors, de Québec jusqu’en Outaouais, de la Mauricie à l’Estrie ou au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Rendez-vous chaque jeudi de l’été.

La première fois, je n’étais ni habillée ni chaussée pour l’occasion. Normal, je m’en allais bruncher. C’est ma sœur et son amoureux, en sortant du resto, qui ont proposé de nous initier. Finalement, malgré ma robe soleil, je me suis débrouillée de brillante façon.

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Ces lieux qu'on aime: sortie éco-romantico-touristique au Parc Aventures Cap Jaseux

CHRONIQUE / Un commerce, un coin de rue ou un parc méconnus, un endroit pour rencontrer ou relaxer : les villes regorgent de lieux qu’on aime, souvent loin des circuits plus traditionnels. Cet été, les chroniqueurs des six journaux de Groupe Capitales Médias vous amènent à la découverte de ces petits trésors, de Québec jusqu’en Outaouais, de la Mauricie à l’Estrie ou au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Rendez-vous chaque jeudi de l’été.

Le Parc Aventures Cap Jaseux, à Saint-Fulgence, campé sur les rives du fjord du Saguenay, propose le plus romantique des types d’hébergement en plein air. Il me semble que si j’avais à choisir une place pour vivre une tendre nuit avec la femme de ma vie couchée sous les étoiles (1), j’opterais pour un dôme vitré ou une sphère suspendue de ce parc saguenéen.

Chronique

Ces lieux qu'on aime: la cour arrière la plus cool à Québec

CHRONIQUE / Un commerce, un coin de rue ou un parc méconnus, un endroit pour rencontrer ou relaxer : les villes regorgent de lieux qu’on aime, souvent loin des circuits plus traditionnels. Cet été, les chroniqueurs des six journaux de Groupe Capitales Médias vous amènent à la découverte de ces petits trésors, de Québec jusqu’en Outaouais, de la Maurice à l’Estrie ou au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Rendez-vous chaque jeudi de l’été.

J’ai découvert l’endroit par hasard il y a quelques années, une journée de canicule, les enfants ont détalé dès qu’ils ont aperçu de l’eau. Et j’ai eu le réflexe que nous avons trop souvent.

«Sortez, ce ne doit pas être permis de se baigner là.»

C’était permis.

Nous nous promenions au Vieux-Port sur le bord du fleuve, je n’avais pas remarqué en contrebas de la terrasse du Café du monde cette espèce d’îlot de fraîcheur, que j’avais pris pour un simple aménagement urbain, ce genre d’aménagements qui ne sont là que pour faire joli.

Comme les fontaines.

J’ai cherché en vain les règlements, il devait bien y en avoir, il y a des règlements partout, jusqu’au mode d’emploi pour se laver les mains. Pas de règlements. Incroyable, mais vrai, il semble qu’on se fie au bon jugement des parents. Et ça fonctionne. Les marmots se rafraîchissent dans l’eau et les parents s’assurent qu’ils le fassent en sécurité, sans arroser le gentil monsieur assis pas loin.

Et la beauté du concept, c’est que les parents aussi peuvent se rafraîchir.

Il y a un bar.

Tenez-vous bien, il y a même une pataugeoire. Mais une pataugeoire pour adultes, les chaises et les tables y étant installées, de sorte que vous pouvez siroter les pieds dans l’eau une limonade ou un gin-tonic, que vous ayez le goût d’alcool ou non. Il y a l’embarras du choix pour boire, de la sangria à la barbotine, en passant par le scotch.

Et 70 sortes de bières.

L’endroit est tenu par le Festibière, qui l’a simplement baptisé La cour arrière du Festibière et qui s’occupe aussi de l’ambiance, souvent reggae et latino, des rythmes festifs et tropicaux. Il y a même quelques trucs à grignoter, la pizza saura assurément plaire à toute la famille.

Le gros danger est de ne plus vouloir partir.

Vos enfants non plus.

Les miens passent le plus clair de leur temps à monter et descendre ce que j’ai baptisé l’escalier-cascade, où l’eau qui déboule sur les blocs de bétons étagés procure une grisante illusion d’optique, comme si on faisait du surplace. Essayez-le, c’est un peu comme emprunter un escalier roulant à contresens.

Ça bat bien des jeux d’eau.

Même chose pour le mur d’eau que la marmaille peut s’amuser à traverser comme un rideau de théâtre. Un antidote aux coups de chaleur et… de magnifiques photos assurées, le bonheur des enfants étant à son comble. 

Et tout ça, c’est complètement gratuit.

Face au fleuve.

Dans les commentaires que j’ai lus, l’expression «on se croirait dans le Sud» revient souvent, tout comme «c’est une belle découverte», comme quoi, ironiquement, l’endroit qui est dans un des secteurs les plus fréquentés de la capitale demeure un secret relativement bien gardé. 

Maintenant que vous le savez, n’oubliez pas le maillot de vos enfants si vous passez par là. Vous ne le regretterez pas.

Un bémol revient aussi dans les commentaires, les verres en plastique jetables. Des internautes suggèrent une alternative en plastique réutilisable, le verre — cassable — n’étant pas vraiment une option.

Il y a toujours place à amélioration.

Mais côté formule, difficile de faire mieux, difficile de trouver un concept aussi «gagnant-gagnant» pour profiter des belles journées d’été, un compromis parfait entre les piscines municipales où on «relaxe» sur un plancher de béton et les terrasses classiques où les enfants s’ennuient, quand ils y sont admis.

C’est tellement différent de tout ce qu’on retrouve en ville qu’on a l’impression d’être ailleurs tout en étant en plein cœur de la carte postale.

Sentiment étrange.

J’aime ce sentiment, celui de me sentir touriste dans ma propre ville, où je suis née et où j’ai grandi. Cette ville que je pense connaître comme le fond de ma poche continue de me surprendre, j’y découvre régulièrement des coins dont j’ignorais l’existence, comme cet îlot tropical au bord du Saint-Laurent.

Comme le parc Cavalier-du-Moulin, que j’ai découvert il y a quelques années en empruntant les rues derrière le Château Frontenac. J’aboutis dans ces endroits en marchant sans but, en m’étonnant de trouver de nouveaux chemins, de nouveaux espaces. En flânant avec mes garçons.

Comme l’écrivait Pierre Sansot en 2008 dans Du bon usage de la lenteur, «flâner, ce n’est pas suspendre le temps, mais s’en accommoder sans qu’il nous bouscule.»

J’aime.